Nous avons détaillé dans le chapitre précédent ce qui démontre que Luc Tangorre n’a jamais violé les deux plaignantes Américaines, que celles-ci ont agi sous les commandements de services de renseignements français, en accord avec une délégation américaine en France, l’État français ayant pour visée, par des moyens de basse police, de barrer la route à la requête en révision qu’il venait de déposer et démanteler le Comité de soutien qui la soutenait avec trop d’insistance.

Il est apparu que les deux filles n’avaient jamais fait de stop, mais qu’elles avaient été transportées par la marine américaine jusqu’à Marseille, prises en charge par la marine française jusqu’à Saint-Mandrier, puis confiées aux renseignements généraux ou bien à la gendarmerie ou tout autre service français qui les avait conduites depuis Marseille par l’autoroute jusqu’aux faubourgs de Nîmes, le « petit bois« , le lieu-dit le Mas Boulbon sur la Vistre, où le viol était censé s’être déroulé. Enfin conduites en voiture depuis cet endroit jusqu’à l’entrée de service de la languedocienne à Rodilhan afin de gagner le poste de secours du kilomètre 49 d’où elles avaient appelé deux fois la brigade de Grand Gallargue qui les avaient enfin recueillies.

Deux récits qui ne concordent pas et relèvent dès lors du fantasme pur…

La fragilité de ce système, c’est qu’elles sont entendues par les gendarmes séparément et que leur récit ne concorde pas sur de nombreux points, dont ce point fondamental : pour l’une – celle qui est vierge et le reste après cette prétendue agression – il reste habillé, pour l’autre, il se met nu. C’est donc que l’une d’entre elle ne dit pas la vérité, ou bien c’est qu’il n’est question que d’un fantasme qui ne revêt aucune réalité.

Parfois, la trame de leur récit semble se décalquer sur les dépositions de filles agressées lors de l’affaire précédente : le violeur des quartiers sud s’attaquait aux femmes seules – jamais à deux femmes en même temps, et pour cause…

Il est arrivé cependant à deux ou trois reprises que l’homme les coince dans un hall d’immeuble par exemple, en se collant à elles, signalant qu’il est armé d’un couteau qu’il ne sort pas, tout en ordonnant aux victimes de caresser son sexe. La séquence est si brève, il est si proche d’elles physiquement, que la menace et le corps à corps qu’il leurs impose suffisent à ce qu’elles consentent à ses ordres.

Cependant qu’il n’en va pas de même dans l’espace confiné d’une 4L, dès lors qu’elles sont deux. La menace ne pourrait y pourvoir, à l’image d’autres configurations où l’homme sortait réellement une arme dès lors que la femme devait conduire une voiture et se rendre dans un endroit isolé de Marseille.

La menace d’une arme, une recopie de la précédente affaire qui confine à l’ineptie…

Il est donc absurde d’inventer que Luc Tangorre leur parle d’une arme qu’il ne sortirait jamais et que cette seule menace virtuelle suffirait à ce qu’elles se déshabillent et se soumettent aux derniers outrages. Ceux qui ont concocté le scénario de cette séance de viol imaginaire manquent du sens des réalités.

D’imaginer qu’il les menace, ajoutant tandis qu’il se trouve à l’avant que l’arme est dans la sacoche à l’arrière, relève d’un comique de situation inattendu. Une telle incongruité recèle toutefois un intérêt : cette arme qui n’apparaît jamais, nul besoin de la décrire.

La cabine encombrée d’une Nuit à l’opéra

On tente d’imaginer la scène, digne de l’encombrement scénographique dans cette mémorable cabine de bateau des Marx Brothers, où passer de l’avant vers l’arrière en enjambant les sièges (on ne peut pas sortir, contre toute vraisemblance vu la largeur du pot de yaourt que sont les 4L, il paraîtrait que les portes sont bloquées par les branches des arbres… En réalité les reconstitutions ne parviendront jamais à dénicher un endroit dans la Pommeraie qui, de par son étroitesse, interdirait de sortir du véhicule), relève du contorsionniste, mieux encore pour se dévêtir (à moins de ne pas croire la première et croire la seconde), pour rejoindre la seconde à l’arrière sans lui écraser la poitrine.

Les Marx Brothers dans la cabine de bateau…

Voici la scène telle qu’elles la décrivent – en notant que le témoin s’offre auparavant une heure et demi de répit en demandant l’intervention d’une interprète, sans doute pour peaufiner le scénario qui risque de ne pas tenir… Et force est de constater qu’il ne va pas en acquérir par la traduction plus de vraisemblance : l’une serait sur le siège avant droite et l’autre sur la banquette arrière côté droit.

Il s’en serait pris d’abord à celle de l’arrière – il a gardé ses lunettes de soleil en pleine nuit – sans doute pour ne pas être reconnu, mais les avait enlevées auparavant puisqu’elles sont capables de décrire ses yeux (sic) … – en enjambant le siège pour s’asseoir à l’arrière gauche, il l’aurait faite se retourner à genoux sur le siège, il la tripoterait avec de l’huile de moteur pendant qu’il se masturberait et, sans que la copine ne se retourne et ne puisse en témoigner, on pense qu’il serait allé plus loin…

Ensuite, il aurait fait passer celle de l’arrière à l’avant sur le siège passager et donc celle de l’avant à l’arrière côté gauche. Celle de l’avant aurait été forcée de pratiquer une fellation… et pendant ce temps là il aurait passé son bras par dessus le dossier pour caresser la victime située à l’arrière gauche.

Ensuite il viendrait sur la banquette arrière gauche (elle se trompe cette fois et se souvient d’un siège) en se croisant avec la fille restée à l’arrière qui passerait cette fois à l’avant pour qu’elle s’assoie sur lui.

Mais il y aurait eu encore trois changements, celle de l’avant serait repassée à l’arrière et celle de l’arrière serait repassée à l’avant trois fois encore. Un véritable manège par dessus les dossiers.

On ne peut pas ouvrir les portes à ce qu’elles prétendent, mais voilà qu’il sortirait ensuite de la voiture pour se rhabiller… Comment est-ce possible si les issues sont bloquées par des branches ? On s’égare dans les contradictions successives qui égrènent le récit. Et la scène finale relève tout bonnement du Hollywood de la grande époque : l’une d’elles se retrouve seule avec lui à l’extérieur.

Comment est-elle sortie de la voiture puisque, paraît-il, elles ne pouvaient pas le faire lors de l’agression : et il l’aurait embrassée sur la bouche de force en lui disant : « j’espère que tu ne m’oublieras jamais. »

C’est beau comme la scène du III dans Autant en emporte le vent, mais ce n’est pas du tout crédible.

Un récit crédible supposerait qu’il en enferme une dans la voiture pour s’attaquer à la seconde à l’extérieur, c’est ce qu’aurait fait un violeur… Toute autre construction relève de l’invraisemblance…

Ceux qui ont monté ce traquenard ne sont pas de bons scénaristes, et nous avons déjà pu le constater dans l’affaire Christian Ranucci. Le récit aurait gagné beaucoup en crédibilité si leur témoignage expliquait que cet agresseur supposé se serait arrangé pour enfermer l’une dans la voiture et violer l’autre dehors sous la menace d’une arme, tandis que la première ne pouvait pas sortir, cependant que la 4L agonisante possède un bouton de porte enfoncé qui ne permet peut-être pas de verrouiller efficacement les 4 portes.

Voilà ce qu’aurait fait un véritable violeur. Et là le récit prenait une certaine crédibilité. Mais pas les deux victimes entassées ensemble dans la voiture !

Cette hypothèse surréaliste des portières de voiture bloquées des deux côtés par la végétation, dont les reconstitutions démontrent l’impossibilité, engendre au-delà des conclusions inaperçues : cela signifie en effet un minutieux repérage préalable des lieux, les jours précédents. Cependant qu’on ne peut concevoir alors l’agresseur privilégiant un lieu si éloigné, qu’il a connu quand il avait 12 ans : parcourir 120 km afin de dénicher un chemin suffisamment étroit pour bloquer les portières relève d’une conduite maniaco-délirante qui contredit celle de cueillir à l’occasion des auto-stoppeurs…

Sur ces bases incongrues, les jurés de Nîmes ont infligé 18 ans de prison, et encore avec circonstances atténuantes. Sans cette libéralité, c’était sans doute perpétuité…

Cette atténuation est en réalité celle que l’institution judiciaire s’attribue à elle-même en rachat d’un traquenard d’une rare bassesse, manifestant ainsi une qualité remarquable, un sens de l’humour noir sans égal.

Il manque le numéro d’immatriculation !

La précision des détails que les deux étudiantes égrènent devant les enquêteurs sidère. Cependant, au-delà de mémoriser la couleur de la banquette en skaï, la position inhabituelle du bouton poussoir de la porte gauche, ou les vignettes d’assurance des trois dernières années rangées verticalement sur le pare-brise, le plus important demeure le numéro d’immatriculation du véhicule afin de confondre leur prétendu agresseur le plus rapidement possible.

Hélas, l’une d’elle a noté le numéro du taxi toulonnais 424 – ce qui ne sert pas à grand chose, mais du numéro d’immatriculation de la voiture du supposé agresseur, rien. Or elles ont vu la voiture partir, de l’extérieur… En ce cas l’on prend à la volée une partie du numéro, sinon le département d’origine par les deux derniers chiffres…

Cependant, mieux encore, cette question pourtant primordiale à l’avancée de l’enquête, les enquêteurs semblent l’ignorer. Ils pourraient tenter de leur demander si elles ne se souviendraient pas du département : le 13, les Bouches du Rhône puisqu’il les a prises à Marseille ? Le 69, puisqu’il leurs a indiqué qu’il pouvait les remonter jusqu’à Lyon ? le 30, puisqu’il s’est rendu dans le Gard et leur a confié qu’il connaissait parfaitement les lieux ?

On aurait pu chercher une 4L verte dont l’immatriculation, au vu de l’état du véhicule et du nombre de vignettes affichées sur le pare-brise remontait à trois ans au moins… La couleur est suffisamment rare pour que la liste en soit restreinte. Cependant qu’ils n’ont jamais l’idée de consulter le fichier des cartes grises et font en réalité semblant de chercher, interpellant trois conducteurs, visiblement au hasard, de 4L vert pomme, cependant immatriculées dans des départements sans rapport : 42, 95, 07…

Il faut donc en déduire que les enquêteurs freinent l’enquête des quatre fers et n’ont aucune envie de connaître l’origine de la voiture par le moyen de l’immatriculation, qu’ils ont décidé de se fonder uniquement sur un livre qu’elles auraient aperçu dans le coffre sous un plaid, et dont le titre comporterait le mot « coulpabilité », or plutôt : « culpabilité »…

Le dessin de la couverture du livre : un simple décalque qui démontre que les enquêteurs l’ont déjà entre leurs mains et qu’ils font semblant de le rechercher…

Lorsque la jeune fille revient à la Ciotat – elle loge cette fois chez des amis quelle connaît bien -, les enquêteurs lui font dessiner la couverture du bouquin afin de la diffuser, notamment auprès des libraires.

Le dessin réalisé par Mme Ackerman lors de sa deuxième déposition

Il est flagrant qu’en réalité, il s’agit d’un décalque du contour des bords latéraux et supérieur du livre et du bord supérieur et bords latéraux du cadre de la photographie en tête de couverture, les trois traits coïncidant avec le haut ou le bas des lettres du titre,

d’où il s’ensuit que les enquêteurs sont depuis le début en possession du livre « coupable à tout prix« . Et que cet ouvrage est présent dans les locaux de la gendarmerie lors de sa déposition. On fait semblant de le chercher.

La couverture du livre de Gisèle Tichané

Transmettre le mot « culpabilité » en lieu et place du mot « coupable » n’a qu’un seul objet, retarder le moment où le nom de Luc Tangorre apparaîtra.

Pourquoi cette manœuvre qui consiste à attendre qu’un libraire se manifeste au mois d’août pour leur apporter le livre de Gisèle Tichané ? Tout simplement parce qu’il ne faut pas que Luc Tangorre puisse fonder un alibi avec des témoignages solides car proches dans le temps des faits. Qu’il ne puisse trouver personne qui vienne attester que la 4L verte n’a pas quitté Marseille.

Pourtant, un ancien légionnaire, sans aucun lien avec la famille Tangorre, viendra attester avoir vu la voiture de Luc Tangorre le soir des faits dans une rue adjacente au domicile de ses parents à l’instant précis où elle était censée se trouver sur la route de Nîmes. L’enquête tentera par tous les moyens de discréditer ce qui apparaît à l’institution judiciaire comme une simple faute de goût.

Dès lors, on comprend la haine, la hargne, la volonté totalitaire que manifeste la presse bien pensante à l’égard de M. Tangorre, elle poursuit un but de dissimulation.

Perfection absolue de l’institution judiciaire…

Ainsi que le rappelle Philipe Bilger dans un reportage consacré à cette affaire notamment : l’institution judiciaire ne se trompe jamais, elle est perpétuellement parfaite et, dès lors, nul citoyen de ce pays ne devrait s’y intéresser, excepté pour applaudir et, de toute façon, ils n’y connaissent rien, ils sont stupides.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.