62 – Christian Ranucci : du doute à la vérité… policière

Pourquoi vouloir jeter tant de cendres sur ce qui reste du corps supplicié de Christian Ranucci ?

Il paraît à quelques années d’intervalles de beaux livres rédigés par d’anciens enquêteurs de police dont l’objet est semblable de l’un à l’autre ; rechercher à raccorder par quelques chevilles les différentes pièces du dossier afin qu’elles semblent former une cohérence habillée d’une parure de vraisemblance et que la responsabilité du guillotiné soit l’objet d’une évidence : Suivez les pointillés, il est coupable vous voyez bien !

L’on ne sait si nombre de gens pourraient se laisser prendre à de telles injonctions, lesquelles ont toujours pour objet de réduire le raisonnement au fil le plus fin, d’écarter ce qui pourrait nuire à la pureté d’une logique éclairée d’une seule conviction. Le livre précédent composé par M. Bouladou fondait le raisonnement sur la prétendue mauvaise foi des contradicteurs, qui se permettent impunément de mettre en cause l’honorabilité des institutions et de ceux qui les servent.

Le dernier ouvrage propose de s’en tenir au dossier, de ne soulever nulle tempête, de défaire la procédure de prétendus mythes qui se seraient agrégés comme autant de pustules sur l’ouvrage de la police et de l’administration judiciaire, pour en troubler la compréhension. L’innocence de Christian Ranucci ne se déduirait pas de l’inanité du dossier d’accusation, de ses contradictions internes, cependant de manipulations obscènes et sinistres.

L’on feint de croire que le livre de Gilles Perrault n’avait d’autre vue que celui de s’ériger en opposition à la peine de mort, tandis qu’il démontrait que la punition ultime s’abattait avec la même ardeur dans le cas d’un dossier que l’institution judiciaire s’arrogeait le droit de maltraiter, ou bien d’instruire avec la plus haute négligence.

On lit dans cet ouvrage, établi avec minutie par Jean-Louis Vincent, ces lignes de conclusions :

« Il faut dire que les policiers sont des hommes. Avec leurs convictions, leurs valeurs. Arrêter l’auteur d’un crime, accumuler contre lui des preuves irréfutables, le présenter au juge avec un dossier indiscutable, voilà ce que recherche un enquêteur. Si des félicitations viennent saluer le travail réalisé, c’est encore mieux, et personne ne va s’en plaindre. Charger un particulier, que l’on sait innocent, d’un crime qu’il n’a pas commis ? Nul ne peut accepter une telle ignominie, étrangère à l’esprit de la « Grande Maison ». Imaginons, un instant, un dépravé   qui s’emploierait à trafiquer un dossier pour aller dans ce sens  : il ne serait pas suivi par ses collègues qui le dénonceraient  ; l’affaire tournerait court  et les conséquences ne tarderaient pas.« 

Ce n’est pourtant pas ce qui s’est produit lors de l’affaire d’Outreau, l’esprit de la « Grande Maison » n’inspirait qu’avec parcimonie les enquêteurs venus arrêter un huissier et sa femme devant leurs enfants, un chauffeur de taxi, un prêtre, une vendeuse de bonbons, un ouvrier tourneur, sur la foi d’une enquête qui tentait peut-être d’accumuler des preuves irréfutables, mais à défaut s’en est tenu aux inventions délirantes d’un témoin accusateur. Jusqu’au procès, cela n’a gêné personne et personne au Parquet, ni parmi les enquêteurs ne s’est avisé de dénoncer qui que ce soit et de bloquer la machine infernale transcendée par un dossier pour le moins trafiqué, par le fait qu’une pièce de procédure n’avait plus d’autre objet que de recouvrir les irrégularités et les paradoxes de la précédente.

Or c’est bien le sens caché de leurs entreprises : nier à toute force que le dossier Ranucci ait pu être arrangé – d’ailleurs parfois maladroitement – afin de faire coller l’accusation sur le coupable pré-désigné.

L’étude prétend à l’objectivité en se rivant à l’examen des pièces du dossier, comme si chacune d’elles détenait une valeur identique, qu’elle offrait une parfaite transparence et se détachait du contexte dans laquelle elle avait surgi. Les contradictions qui surviennent ne seraient que simples figures de style, signes de l’habileté des investigations, dont parfois le sommet vise pourtant la négligence.

Est-ce crédible ?

Examinons quelques exemples de ces déductions impassibles qui invoquent une démonstration parfaite en gommant la vérité qui les enrobe.

Sur quels éléments s’appuie l’accusation pour démontrer la présence de Christian Ranucci sur les lieux de l’enlèvement à la cité Sainte Agnès le 3 juin 1974 ? Sur une preuve négative tout d’abord. Un maudit garagiste carrossier est venu expliquer le 5 juin aux policiers qu’il avait aperçu la fillette à l’instant de son enlèvement, depuis le perron de son garage à 50 mètres de distance et souligner que la voiture du ravisseur était une Simca 1100. Venu d’un garagiste, il y a peu de chance pour qu’il y ait erreur sur le modèle comme il le confirme lui-même :

« À onze heures moins dix, je suis sorti sur le trottoir. Je me souviens bien de l’heure car je me rendais chez ma mère. J’ai aperçu au bas de la traverse Albe une voiture de marque Simca 1100 de couleur gris clair. Une fillette prenait place côté passager avant, tandis qu’un homme âgé d’une trentaine d’années prenait place au volant du véhicule. »

« Je tiens à préciser que je suis mécanicien de métier et que je connais donc parfaitement tous les types de voitures. Le jour de la Pentecôte, je n’ai vu que l’arrière du véhicule, très précisément j’ai vu cette voiture par trois-quart arrière.« 

Quelles que soient les remarques de l’auteur du livre, cet homme affirme connaître les types de voiture, d’où il se déduit qu’il ne peut pas se tromper et si le moindre doute l’avait effleuré, aurait-il alors expliqué que, de ce point de vue et à cette distance, il ne pouvait discriminer les Peugeot coupé 304 deux portes et les Simca 1100 quatre portes.

Il est rappelé dans cet ouvrage qu’il revient aux enquêteurs de réunir des preuves irréfutables et non pas des preuves négatives ou des supputations : une Simca 1100 vue de l’arrière pourrait peut-être ressembler à une Peugeot, mais strictement aucun témoin ne parle à aucun moment d’une Peugeot, ni Jean Rambla qui ne reconnaît pas la voiture du ravisseur qu’il a côtoyé de près trois jours auparavant, ni M. Spinelli, mécanicien de son état. Couper la tête d’un homme sur une telle construction semble bien hasardeux, c’est pourtant ce que tente de justifier l’ouvrage avec une redoutable candeur, tout en s’inclinant avec la même candeur sur le fait que, décidément, la peine de mort est une bien mauvaise chose. Après coup, l’art est plus facile, en le traitant de monstre au cœur du procès, le commissaire Alessandra ne pouvait s’imaginer autre chose que de se rendre compte qu’il envoyait l’accusé directement sous le couperet de la Veuve.

Le petit Jean est venu dire à quelques journalistes (témoignage repris dans divers journaux dont l’Aurore, la Marseillaise ou d’autres) qu’il avait lui-même reconnu une Simca 1100. C’est une chance, c’est de cela même dont parlait M. Spinelli, les témoins convergent sur la couleur et le modèle. Cependant l’on fait comme si les enquêteurs divulguaient à tout un chacun les dépositions de M. Spinelli et que c’est au su de cela qu’une rumeur se serait répandue, troublant l’esprit du jeune garçon. C’est ignorer le fait même que celui-ci est tout en concentration – malgré son jeune âge – et que ce qu’il indique aux journalistes se rapporte à sa propre expérience et non pas à quelque « on-dit ».

Imaginons un seul instant que Christian Ranucci ait détenu une Simca 1100 et non pas une Peugeot 304, l’on aurait argué de la profession de M. Spinelli qui, naturellement, ne pouvait en aucun cas se tromper, sur la valeur accablante des déclarations faites à la presse par ce jeune garçon « qui s’intéresse aux voitures » pour s’apercevoir en sens inverse que l’on rejette ces témoignages non pas parce qu’ils ne détiennent aucune valeur – ils sont concordants entre eux -, mais parce qu’ils ne cadrent pas avec l’accusation.

Ainsi donc l’on montre une photographie du petit Jean, stationné en compagnie de deux policiers dans la cour de l’Évêché devant le coupé 304 accidenté, et l’on aperçoit plus haut dans l’image une Simca 1100. Jean Rambla n’a pas reconnu la voiture du ravisseur dans la Peugeot 304, mais songe-t-on à lui montrer cette autre voiture ? Sans doute pas.

 

 

S’il venait à la désigner comme étant de marque identique, l’enquête visant Christian Ranucci s’effondrerait, or donc lui a-t-on montré une Ford ou tel autre type de véhicule, ce qui vient ajouter de la confusion. En tous les cas, les procès-verbaux n’indiquent jamais qu’on lui aurait montré la Simca 1100 blanche située de l’autre côté et qu’il aurait dit que cette marque n’était pas non plus la bonne. Or, vu les déclarations d’Eugène Spinelli, un enquêteur minutieux lui aurait justement présenté ce modèle – afin même de l’écarter définitivement -, ce qu’ils se sont bien gardés de faire visiblement.

Que pense donc en son fort intérieur M. Vincent, de ce procédé qui consiste à écarter telle ou telle déclaration, non pas parce qu’elle divergerait, mais parce qu’elle ne cadre pas. S’en tenir au dossier permet d’ailleurs de ne pas aborder la question des lunettes, dont Christian Ranucci ne pouvait se passer, et dont le ravisseur de Marie-Dolorès était dépourvu.

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En éliminant tout ce qui ne se superpose pas avec le schéma proposé par l’accusation, l’on peut dès lors en conclure que l’on est animé de cette conviction intime que Christian Ranucci est coupable, surtout si le contraire cause du tort à ses anciens collègues.

 

L’autre exemple qui paraît de la même éloquence est celui du témoignage de Paul Martel. L’on se souvient qu’un pull rouge vif, orné de boutons dorés sur l’épaule, a été découvert derrière une planche, à quelques mètres de l’endroit où la voiture de Christian Ranucci avait stationné, dans l’un des boyaux de la champignonnière, le jour de l’enlèvement.

Paul Martel témoigne, lui, avoir vu un homme vêtu d’un pull rouge agresser deux fillettes dans la Cité des Cerisiers, à Marseille deux jours auparavant. Cette déposition est présentée comme une pièce du dossier égale aux autres, or malheureusement, en violation des règles procédurales les plus élémentaires, le Procès-verbal n’a jamais été joint au dossier. Les policiers ont caché son existence jusqu’à la fin des plaidoiries des avocats de la défense.

C’est le commissaire Alessandra qui a pris parti de la produire en la confiant, non pas au président des assises comme il eût convenu, mais à l’avocat des parties civiles Maître Gilbert Collard, qui n’a pas plus jugé utile de le confier au Président mais l’a remis à l’avocat général – autrement dit à l’accusation.

Il conviendrait donc de s’interroger sur le fait même qu’elle ait pu être soustraite aux débats, ce que le livre dissimule au lecteur qui peut s’imaginer que les conseils de Christian Ranucci ont eu accès à cet élément décisif. Or celui-ci leur était interdit, ils ne connaissaient pas son existence.

Pour quelle cause ? Sans doute que la défense aurait alors demandé séance tenante que le pull fut présenté à M. Martel et qu’on lui demandât s’il le reconnaissait. Un film datant de 1978, accessible sur le site de l’INA, montre M. Martel à qui le journaliste Pierre Lenoir demande son avis à propos du pull rouge. M. Martel répond avec assurance que celui qu’on lui a présenté – les policiers lui ont donc bien montré le pull lorsqu’il a été convoqué le 6 juin 1974 – est exactement semblable à celui dont était revêtu l’agresseur des petites filles.

En se cantonnant à l’examen des descriptions parfois approximatives que les procès verbaux retranscrivent, l’on peut faire croire que le pull de M. Martel n’est pas le même et que celui trouvé dans la champignonnière n’a rien à voir avec le crime, mais c’est utiliser un biais de raisonnement, qui ne tient pas compte des différents éléments que l’on a pu recueillir, y compris hors procédure, celle-ci étant partielle comme l’auteur veut bien lui-même le reconnaître.

 

Nous avons examiné les aveux de Christian Ranucci et mis en lumière s’il en était besoin l’incohérence permanente qui guide leur rédaction : rien ne concorde avec les déclarations de Jean Rambla, rien ne concorde avec les constatations diverses effectuées sur le terrain – le plus éminent étant la découverte du couteau que le jeune homme ne situe ni au bon endroit, ni dans la bonne position. Peu importe, il a avoué. Si ce procédé demeure le bréviaire des enquêteurs d’aujourd’hui, nous n’avons pas fini de découvrir des erreurs judiciaires.

Alors revenons simplement sur ce qui constitue la matière de l’accusation portée contre Christian Ranucci :

– le récit proposé par les enquêteurs, que ne remet pas en cause le livre « du doute à la vérité » est donc celui-ci :

À 11 heures, Christian Ranucci, qui vient de Salernes, s’est changé et a rangé un pantalon gris qu’il a troqué pour un pantalon bleu, a décidé de remonter par la RN8bis après avoir enlevé une petite fille à Marseille. Il ne connaît pas ces lieux et c’est la première fois qu’il se rend dans cette contrée mais il a décidé de l’emmener en promenade, donc sans objectif précis (sic) – tout en ayant manifesté une détermination contraire par la construction d’un subterfuge assez élaboré si l’on en croit le témoignage de Jean Rambla.

Il s’arrête au bord de la route pour discuter avec l’enfant qui n’aurait pas peur et qui ne demanderait pas à revenir chez elle, ni qui se recroquevillerait sur elle-même en ayant compris qu’elle avait fait pour le moins une très grosse bêtise en acceptant de suivre un inconnu. Cet arrêt dure au moins trois quart d’heures – une heure, car le coupé Peugeot parvient au carrefour de la Pomme (une demi heure de trajet en voiture depuis Marseille) à 13 h.

Il provoque un accident et la voiture vrille sur elle même, Christian Ranucci s’enfuit donc en repartant sur la RN8bis en sens inverse.

Au lieu de prendre un chemin de traverse pour que la petite fille échappe au regard des automobilistes, il se gare tout à trac sur le bord de la Nationale RN8bis car la roue avant frotte. Il prend l’enfant avec lui en lui demandant de sortir d’abord par le côté passager car la porte côté conducteur est bloquée du fait de l’accident – mais enfin peut-être pas si bloquée que cela si l’on en croit M. Aubert, témoin de l’accident, qui surgit peu après du tournant, dépose devant les policiers qu’il aurait vu  Christian Ranucci faire sortir la fillette – c’est donc qu’il est passé en premier par la porte conducteur bloquée (aucun procès-verbal ne mentionne que les enquêteurs seraient parvenus à l’ouvrir après l’accident – celui des aveux mentionne même que Christian Ranucci lors de l’enlèvement serait monté côté passager car la portière était bloquée – avant de se raviser pour indiquer qu’avant l’accident, la porte, justement, ne l’était pas).

Un accident s’est produit, elle est loin de chez elle, elle a commis une énorme bêtise en suivant un étranger – mais elle n’est pas effrayée, d’après ce que raconte M. et Mme Aubert, et suit Ranucci de son plein gré sur le talus. Pour aller où ? On ne sait pas.

M. Aubert va faire demi-tour plus bas et remonte, mais il n’entend rien des cris de l’enfant que l’on assassine vingt mètres plus haut. Car soudain, sans raison autre que le fait que l’enfant ne voulait plus le suivre, Christian Ranucci  prend une pierre et sort un couteau et assène 14 coups dont un mortel.

En moins de dix minutes (car M. Martinez, la victime de l’accrochage provoqué par Christian Ranucci, repassera dix minutes plus tard à cet endroit et ne verra plus la Peugeot 304), Christian Ranucci – dont les vêtements sont nécessairement couverts de sang – arrache des branchages pour cacher le corps et remonte dans sa voiture en rangeant le couteau couvert d’hémoglobine dans sa poche et par miracle ne laisse absolument aucune trace dans la Peugeot.

Il descend la nationale RN8bis, néglige le premier embranchement qui conduit à une champignonnière, mais s’engouffre dans le deuxième (pourquoi n’a-t-il pas fait cela lorsqu’il était avec l’enfant pour se cacher ? – on ne sait pas), soulève la barrière, monte un premier chemin caillouteux, à l’idée de tourner à gauche en haut de ce chemin, puis de tourner à droite vers un terre-plein et découvre – comment ? On ne sait pas – un tunnel. Il est clairvoyant et se dit qu’il ne pourra pas faire demi-tour à l’intérieur et se met donc en marche arrière pour venir s’y cacher.

Il reste là trois heures, se change et remet le pantalon gris qu’il portait au départ, se lave à ce point parfaitement qu’il ne subsiste plus sur lui ou ses chaussures la moindre goutte de sang, et se décide à remonter en voiture, mais n’y parvient pas car il est embourbé dans le sol humide. Il gravit le chemin à pieds certes, pour jeter le couteau sur le bas côté et se rendre jusqu’à la barrière qu’il trouve fermée, même si le couteau est découvert de l’autre côté du terre-plein, en bordure des taillis, à un endroit où finalement, si l’on en croit ses aveux, il ne s’est jamais rendu.

N’importe qui, après un  crime de cette nature, se serait enfui le plus loin possible ou bien aurait attendu la nuit et ne serait pas allé chercher du secours. Pas lui, qui va à la rencontre de M. Rahou puis de M. Guazzone à 17 h et leur demande de bien vouloir l’aider à sortir la voiture du tunnel. Non seulement cela, mais prend-il le thé avec Mme Rahou, avec laquelle il discute de choses et d’autres avant de repartir sans avoir pu revoir M. Guazzone pour le remercier…

Il faut bien constater que le scénario proposé par l’accusation n’est pas cohérent, ni tenable, sauf à se focaliser sur telle ou telle pièce du dossier et s’abstraire d’une vue d’ensemble de la scène.

Il faut bien une Simca 1100 pour que l’enlèvement prenne sens, car le ravisseur ne procédera jamais comme l’indique le dossier d’accusation, il conduira la petite fille jusqu’à un chemin de traverse isolé, perdu, et de ce fait cette voiture Simca 1100 ne sera jamais aperçue. Mais ce n’est pas parce que M. Vincent ne sait pas la placer sur la scène du crime qu’elle ne s’y trouve pas.

Le seul endroit possible, c’est le chemin de la Doria, que ne ferme nulle barrière et qui se situe à droite de la nationale en remontant depuis Marseille.

Cependant, en gommant le fait que Christian Ranucci ne pouvait absolument pas trouver seul l’entrée de la champignonnière, que sa voiture s’y trouvait parce qu’un autre que lui l’avait conduite et s’était engagé en marche arrière pour bien la connaître justement, dans l’optique de cacher au plus profond ses vêtements « inondés de sang », l’on peut tenter de faire tenir une accusation qui montre depuis trente cinq ans un seul visage : plus le temps avance, plus elle s’effondre.

 

« Contentons-nous maintenant de noter que le juge d’instruction fit comme si ma voiture coupé Peugeot 304 s’était arrêtée à cet endroit, comme si, habillé d’une chemise blanche et non d’un polo blanc à manche courte, j’en étais descendu par ma portière conducteur (il n’y a que deux portes, une à droite, une à gauche, c’est un coupé) qui avait été bloquée par l’accident, que j’en eus fait le tour par l’avant, ouvert la « portière avant droit » et tiré a l’extérieur un enfant pour ensuite me diriger dans les fourrés. Notons également que ces impossibilités matérielles flagrantes n’ont nullement gêné le juge d’instruction Di Marino qui poursuivit flegmatiquement « sa » reconstitution. »

Christian Ranucci, Écrits d’un condamné

 

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1 Commentaire

  1. Bonjour,
    Et Merci pour ce récit. Un accident de la route n’est jamais sans conséquences pour ses passagers, impliqués dans un choc aussi violent ! C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais cru à la version officielle !

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