64 – Insider podcast / 1000 degrés entoure Daniel Massé d’un voile de confusion pour mieux estomper l’action de son Comité de soutien et l’affrontement avec l’Institution judiciaire

En juin 2019, est paru une émission de radio enregistrée, ce que l’on dénomme aujourd’hui potdecaste, en dix épisodes tel un « serial » des années trente où l’on tente de mettre en scène le mystère d’une affaire qui ne serait pas vraiment résolue…

Elle s’intitule « 1000 degrés » comme la température estimée par l’expert Van Schendel du colis piégé au moment de l’incendie des bouteilles remplies d’essence qu’il contenait.

Les deux journalistes-enquêtrices ont lu le dossier d’instruction, finalement grâce à l’action du Comité de soutien à Daniel Massé qui l’a numérisé et classé, et l’une des deux requêtes en révision que Daniel Massé a déposées pour obtenir la révision de sa condamnation à 25 ans de réclusion criminelles…

 

 

L’existence même d’un Comité de soutien désigne le fait que cette condamnation ne repose sur aucune base solide…

Cependant, le premier étonnement devrait résider dans l’existence même d’un comité de soutien. Il est très inhabituel dans une affaire criminelle que des inconnus proposent à un condamné de lire le dossier d’instruction, l’arrêt de renvoi devant la cour d’assises, puis, au vu de ces différentes pièces, proposent à son fils de l’aider à instituer un comité de soutien, analyser le dossier et à rédiger un mémoire de 250 pages afin que son père puisse saisir la Commission de révision (nous devrions dire à l’instar de Yannick Massé : Commission d’empêchement des révisions) et obtenir sa réhabilitation…

Or il semble que cela serait quelque chose de naturel, qui n’aurait aucune conséquence sur l’appréhension que l’on peut avoir sur une affaire de cette nature.

Et puis, la requête en révision semble à leur yeux transparente, sans conséquence, qui serait une « vue de la défense ». Quelle défense d’ailleurs, car il se trouve qu’à cette époque elle ne faisait plus partie du jeu, pas plus qu’elle ne souhaite intervenir aujourd’hui.

Supplément à Insider Podcast

Un procédé de montage déloyal et inacceptable

Dans le dernier épisode de la série (l’extrait s’écoute à la 45ème minute du supplément ci-dessus), les journalistes accolent deux enregistrements captés à des moments différents, ce montage dénaturant totalement les propos de leur auteur.

Yannick Massé énonce : « Il a une drôle de tête le deal proposé par M. Hernandez, si à ce moment là il n’a que 30 %, il lui en propose 30 %* on s’aperçoit là qu’il a pu faire preuve de mauvaise foi lui aussi. C’est-à-dire de vendre ce qui ne lui appartenait pas. »

Emilie Denêtre le reprend : « De promettre ! De promettre des choses qui ne lui appartenaient pas ! »

Yannick Massé : « Tout le monde a payé son tribu là-dedans, mais cela ne se fait pas. Ce n’est pas sincère. »

Par montage, le potdecaste accole une phrase prononcée dans un autre contexte : « là ça ne peut qu’exploser, ça ne peut que mal se terminer » .

Ce procédé pour le moins déloyal est d’autant plus inacceptable que Yannick Massé n’a jamais pensé une seule seconde que le fait que son père ne se soit pas entendu sur une cession de parts pouvait « mal se terminer » ou « ne pouvait qu’exploser », ce qui est encore pire vu le contexte, sachant très bien que le contrat conclu avec Médilens pouvait trouver sa résolution dans la vente des machines ou leur restitution, ce qui n’engageait alors aucune cession de parts, ni aucune promesse quelle qu’elle soit.

* En réalité, les propositions orales de M. Hernandez n’ont jamais dépassé 20 % et se sont réduites à 12 % sur 3 ans en mars 1994 – proposition que M. Massé n’agrée pas en lui laissant le choix suivant : 12 % tout de suite ou alors acheter les machines suivant le prix fixé par le contrat de prêt à usage…


Tenter de refonder un mobile qui ne tient pas dans sa cause même : le contrat qu’ils avaient signé était parfaitement valable et donnait obligation à Médilens de l’appliquer de bonne foi, s’étant entendus sur la chose et le prix

Cependant qu’au fur et à mesure, l’on saisit l’objectif sous-jacent que vise cette intervention radiophonique, celle de faire croire que le travail du Comité de soutien n’aurait eu aucun impact, qui pourrait expliquer la décision de la Cour de cassation de rejeter toutes les requêtes sans aucun motif – sinon de confondre le support de l’élément nouveau avec celui-ci – en transgression des lois de la République.

Ainsi faut-il laisser supposer que les charges détiendraient quelque valeur : il est affirmé sans démonstration que Daniel Massé n’aurait jamais cessé de s’intéresser à l’entreprise Médilens, ayant tenté avec une terrible résolution d’entrer dans le capital de l’entreprise.

Pourquoi alors laisser dans le contrat de prêt à usage la possibilité à l’entreprise Médilens d’acquérir les machines, ce qui la décharge de tout autre obligation et ne plus s’occuper de rien depuis son dépôt de plainte en mars 1994 jusqu’à novembre de la même année ?

Les journalistes ajoutent d’ailleurs que M. Massé était au chômage à cette époque. Mais elles oublient d’ajouter qu’il était indemnisé par l’Unedic à hauteur de son ancien salaire pour 6 mois au titre de la reconversion et qu’il n’avait aucun problème d’argent. Ce qui change tout.

Or pour quelle raison alors a-t-il déjà monté un nouveau projet, celui des péniches de plaisance sur le Canal du Midi – dont les auteurs assurent qu’il s’agit d’une bonne idée -, ayant mis un terme aux contacts réguliers avec les époux Hernandez ?

Ce sont eux qui le rappellent en mars 1994 afin de lui proposer le marché suivant : Daniel Massé, après leur avoir prêté gracieusement des machines durant deux ans, travaillerait gratuitement pour eux (sic), simplement contre la promesse de 3 % des parts par année de travail à concurrence de 12 %.

Travailler de plus, non pas dans le volet commercial comme le préconise M. Massé avec l’objectif de ne ne pas dépendre d’un unique donneur d’ordre et diversifier les clients en vue d’assurer ainsi un carnet de commande suffisamment stable, mais se retrouver à la fabrication.

M. Massé exprime son désintérêt et rappelle les termes du contrat de prêt à usage qu’ils ont conclu, en laissant le choix à Médilens de céder des parts ou bien d’acheter les machines.

Comme il s’agit de rafistoler le mobile qui ne tient pas, l’on va interroger un avocat d’affaire sur le contrat.

Il est question alors de tenter de démontrer que M. Massé n’avait que peu de chance devant un tribunal d’instance de faire reconnaître la mauvaise foi des Hernandez quant au prix fixé pour l’achat des machines.

Seulement il semble bien que ce conseil ne connaît pas le contrat de commodat ou de prêt à usage, qu’il ne nomme jamais, un engagement contractuel gracieux institué par le code civil en 1804, qui concerne rarement les affaires où la gratuité n’aurait aucun sens, mais s’adresse par exemple aux agriculteurs qui souhaitent prêter une parcelle qu’ils ne cultivent pas eux-mêmes, au père qui prête un appartement à son fils pour ses études ou tout autre situation de cet ordre…

Elle s’étonne que M. Massé ait prêté les machines sans contrepartie locative, cependant qu’à l’époque, l’entreprise à sa naissance ne disposait pas de la trésorerie pour ce faire, qu’il était nécessaire qu’il en fût ainsi si l’on souhaitait permettre le démarrage de l’activité. Le contrat dit « de commodat » s’imposait dans ce cas et cela dépasse la compréhension de l’avocate…

Elle vient prétendre donc que M. Massé n’aurait pas obtenu gain de cause car le juge aurait refusé de lier la partie annexe où figure le prix de chacune des machines cédées et la résolution du prêt, telle que prévue par le contrat, au motif d’une absence de date… 

Cependant, ce n’est pas la date qui compte mais le fait de l’existence d’une annexe signée par les parties, fixant la chose et le prix.

Si M. Massé n’a pas aussitôt saisi le juge d’instance, comme le gendarme de Portet l’invitait à le faire, c’est qu’il ne faisait pas véritablement grief au couple Hernandez de ne lui avoir payé qu’une partie du prix des machines

Comment peut-elle s’avancer ainsi ? Elle n’en sait rien parce que justement, M. Massé n’a pas saisi le juge d’instance, comme il gardait tout loisir de le faire – au contraire de ce qu’affirme l’arrêt de renvoi sans aucune démonstration -, dont il se déduit qu’il n’en faisait pas une affaire justement.

De même, on laisse croire qu’il resterait à explorer « plusieurs pistes » alors que la teneur même du dossier les réduit à l’entourage direct des époux Hernandez et de M. Massé, encore qu’il n’est nullement démontré que ce dernier était informé du changement d’adresse de l’entreprise intervenu récemment, dès lors qu’à la suite de l’altercation de mars 1994, il n’était plus entré en contact avec eux.

La requête en révision pose que l’écriture qui figure sur le colis piégé est en réalité celle de Mme Hernandez.

Ce à quoi la Commission de révision refusera d’enquêter ou de répondre comme la loi sur les révisions lui en fait pourtant obligation.

Puisque ces journalistes s’arrogent le titre d’enquêtrices, il aurait été intéressant de présenter cette écriture – qui figure dans le dossier d’instruction – aux différents experts en écriture à qui on a demandé – comme par hasard – d’effectuer limitativement la comparaison avec les écrits de M. Massé, et pas avec celle des Hernandez ou des Terrier. Elles s’en sont bien gardées,

au lieu de quoi elles regrettent simplement dans les compléments qui accompagnent le fil radiophonique que l’on n’ait pas comparé l’écriture du colis avec de M. Massé faite lors d’un premier essai à la gendarmerie au feutre, comme il en est sur l’étiquette apposée sur le colis.

Mais il est loisible de s’apercevoir que les « m » et les « n » majuscules du colis piégé sont tracés comme des minuscules agrandies, ce qui se retrouve dans l’écriture de Mme Hernandez et non pas dans celle de M. Massé.

D’une certaine façon, le potdecaste pose la culpabilité de M. Massé comme un fait établi, en laissant entendre que le Comité de soutien se trompe puis en explorant des « pistes » qui n’en sont pas ou ne mènent à rien.

Cependant, il ne semble pas véritablement loyal de dissimuler ce que ledit Comité avance en posant des arguments, excepté ce qu’on fait dire à l’un de ses membres comme une affirmation surgie de nulle part, alors que l’élément inconnu de la juridiction que M. Massé avait présenté reposait sur une analyse de l’écriture de Mme Hernandez dont les ressemblances sont nombreuses et bien mieux évidentes que ce qu’affirment les premiers experts au regard de l’écriture de Daniel Massé – ces experts qui, finalement se perdent dans leurs propres contradictions : puisque l’écriture est maquillée, les dissemblances sont le résultat d’une volonté et les ressemblances d’un laissé aller, ce qu’ils sont incapables en fin de compte de discriminer.

Le mythe entretenu de deux clans qui s’affrontent, tandis que l’institution judiciaire conserverait une neutralité bienveillante…

Au prétexte que les avis sont opposés respectivement du côté de la partie civile qui accuse M. Massé avec assurance d’être l’auteur du colis piégé et du côté de Daniel Massé,  de son fils et du Comité de soutien qui proclament qu’il n’est pas coupable (l’avis de Christelle Massé est mitigé, l’ayant accusé lors de l’instruction, elle nous informe encore aujourd’hui qu’il pourrait être coupable mais aurait dans ce cas un complice – dont on se demande qui il pourrait être…), l’on vient nous dire qu’il existerait deux clans voués à s’affronter…

Mais ce n’est pas véritablement ce que le Comité de soutien a éprouvé durant toute son action, l’avis de la partie civile n’avait pas plus d’incidence car l’institution judiciaire ne l’a en réalité jamais sollicité.

S’il s’est constitué deux clans, c’est que s’affrontent d’un côté le Comité de soutien qui demande le respect des lois de la République et de l’autre l’Institution judiciaire, l’État et le Conseil de l’Europe qui ont décidé que les lois ne s’appliquaient plus, en tous cas celles qui auraient dû bénéficier au condamné et qu’il appartient désormais à la raison d’état de surseoir à toute réouverture du dossier, quelles ques soient les souffrances que M. Massé et sa famille doivent endurer.

Car l’institution judiciaire a pris parti, depuis le commencement de l’enquête et s’en est prévalu tout au long des 20 années que la procédure a perduré, elle s’est focalisée sur un seul objectif : obtenir la condamnation de M. Massé et se convaincre qu’elle ne peut jamais se tromper. 

C’est une philosophie qui se rattache au féodalisme et n’emprunte qu’à la coutume. C’est son choix.

De là découle le fait qu’aucune perquisition n’a jamais été effectuée du côté des Hernandez et des Terrier, tandis qu’il est désormais bien mieux probable que le drame résulte d’un conflit intra-familial, comme le laissent percevoir les protagonistes interrogés par les journalistes enquêtrices…

La disposition qui permet au procureur de faire appel des acquittements est bel et bien rétroactive

L’on renverra utilement à la série d’article qui figure ici, en rappelant qu’il ne suffit pas de demander à de pauvres étudiantes s’il s’agit de lois de procédures qui s’appliquent dès leur publication ou une loi de fond, mais de souligner que cette disposition d’aggravation aurait dû comporter une restriction de cette nature : « sauf pour les faits antérieurs à la promulgation de ladite disposition » , qu’en s’abstenant de le préciser, les députés et les sénateurs ont violé la constitution et la déclaration des droits de l’homme : « pas de peine sans loi » , que c’est justement pour cette cause que le Conseil constitutionnel a censuré la loi sur la rétention de sûreté qui ne pouvait s’appliquer qu’aux faits postérieurs à son entrée en vigueur pour cette même cause.

Pourtant, l’on ne saurait négliger l’apport de cette émission potdecaste qui a permis d’affiner la vérité sur plusieurs points parfois décisifs

En écoutant certains des jurés l’on ne peut manquer de s’étonner qu’ils ont perçu la peine infligée par le jury comme totalement inadaptée, au point qu’ils en sortent emplis de remords et craignent une censure morale qui viendrait leur reprocher pareille décision.

Or le Président Richiardi précisait autrefois au journaliste du Figaro Stéphane Durand-Soufflant – qui le rapporte dans le livre consacré à l’affaire Jacques Viguier – que cette peine résultait de la décision des jurés et non de sa volonté, qu’il l’avait regretté au jour du jugement au point de ne plus pouvoir en dormir la nuit.

Un Président-procureur ?

Il semble bien pourtant que le vote sur le quantum de la peine se soit trouvé en partie escamoté puisqu’en l’espèce, c’est celui demandé par l’avocat général Gaubert qui a été retenu, soit 25 ans de réclusion criminelle.

Il apparaît également que le Président de la cour d’assises d’appel se serait permis, profitant du secret du délibéré, d’alléguer que le précédent jury aurait subi des pressions !

C’est attribuer à M. Massé un pouvoir de coercition qui dépasse tout entendement et qui ne correspond nullement à l’attitude de neutralité que doit conserver un Président de cour d’assises. Elle vient contredire ce qu’il énonce auprès de Stéphane Durand-Soufflant, assurant qu’il ne donne jamais aux jurés le sens de son vote. Encore heureux, il doit rester secret.

Les jurés interrogés précisent lors du potdecaste que l’on a insisté auprès d’eux pour qu’ils aillent dans le sens voulu, qui n’était donc pas celui de l’acquittement. Et si tel était la teneur de l’intervention des deux assesseurs, l’on ne peut que regretter que le Président Richiardi n’ait pas eu la présence d’esprit de leur rappeler le devoir de neutralité et de distance qui leur échoit.

Ce qui est triste pour l’Institution judiciaire française et ne redore certes pas son blason, c’est de constater la honte que ces gens expriment face à un verdict dont ils ne comprennent ni le sens, ni l’objet, et dont ils semblent dire que l’on a arraché leur consentement à une peine écrasante plutôt que de recueillir leur « intime conviction » .

Il paraît désormais acquis que l’on a comparé les batteries issues de la Soterem que détenaient Daniel Massé non pas avec la batterie du colis piégé, mais avec une autre batterie issue de la Soterem et qui de fait leur ressemblait comme une sœur.

En publiant la photographie en bonne définition de la batterie qui figurait à l’intérieur du colis piégé – il s’agit en réalité d’un cocktail Molotov composé de 5 bouteilles de 1 litre remplies d’essence dont l’incendie est amorcée par de la poudre à pétard explosant sous l’effet d’un fil résistif de cuivre alimenté par une batterie – il est apparu que l’enquête avait été quelque peu « arrangée ».

En effet, il est bien probable que l’on n’a pas confié à l’expert chargé de faire la comparaison, la batterie du colis piégé, mais l’une des batteries saisies à la Soterem, qui bien évidemment ressemble comme deux gouttes d’eau aux batteries qui se trouvaient dans les lampes de plongée, issues comme les premières de la Soterem, toutes deux des batteries « Fulmen » pourvues d’un numéro de série gravé sur l’enveloppe plastique.

On renverra utilement le lecteur aux détails qui figurent dans ce document.

Lorsque la batterie du colis piégé est présentée à la vendeuse de « Boutique Accus » , celle-ci constate que la batterie du colis piégé est une « Hitachi » .

Comment fait-il qu’elle devient une batterie « Fulmen » lorsqu’elle est placée dans les mains de l’expert ?

L’on comprend mieux les assertions de l’avocat des parties civiles Maître Cohen, au terme d’une suite logique hallucinante, selon lesquelles il est significatif que le numéro de série ait été effacé,

cette opération de dissimulation ne sachant désigner qu’une seule personne, M. Massé, dont il assure qu’il s’était persuadé pouvoir sans crainte montrer aux policiers les batteries qu’il possédait puisque ces derniers ne seraient pas en capacité de déchiffrer le numéro gravé sur le capot.

Or il apparaît que le numéro n’a été qu’à moitié effacé et qu’il demeurait de ce fait déchiffrable, ce qui ramène en réalité au trucage : puisque l’on a pris une batterie semblable, il serait absurde que M. Massé ait laissé le numéro bien en évidence, lui que l’on qualifie de méthodique. Mais l’effacer complètement ne permettrait plus de relier les batteries entre elles pas l’identité du numéro de série. Aussi l’on a choisi de l’effacer à moitié, ce qui entre toutefois encore en contradiction avec la minutie qu’on lui attribue…

L’émission potdecaste passe outre le problème des bouteilles et des culots dissimulés…

L’expertise a par ailleurs été tronquée par les experts en explosifs qui ne s’étonnent jamais que n’aient pas été saisis les culots de bouteille qu’ils décrivent pourtant lors de leur première visite sur le site. M. Van Schendel dans l’une des émissions affirme avoir tout collationné, parle des goulots – dont la forme permet d’attester que les bouteilles avaient un litre de contenance – cependant qu’il omet les culots sur lesquels est gravée la contenance en toutes lettres.

Dissimuler les culots de bouteille, permettait de conclure de façon erronée que les bouteilles avaient la même contenance de 75 cl que celle trouvée au domicile de M. Massé, ce qu’énonce M. Deharo au détour d’une phrase, comme si la chose allait d’elle -même tandis que l’expertise ne le démontre nullement, et que la forme même des goulots vient le contredire.

Cette dissimulation, ainsi que la requête en révision le rappelle constitue une « preuve secrète » à l’instar de ce qui s’est produit dans l’affaire Dreyfus avec le « petit bleu » qui s’est avéré être par la suite un faux.

Pour ce qui concerne Daniel Massé, cela ne risque pas de se reproduire, tous les scellés ont été détruits. Ce qui révèle d’une décision scandaleuse quand on mesure la sévérité de la condamnation et les ombres qui l’entourent.

Quant au mobile, qui désigne en réalité M. Terrier comme le concepteur du colis piégé, l’émission tente de faire croire « qu’il ne tiendrait pas la route » au moyen d’une pièce nouvelle. Hélas, malheureusement, non seulement il tient la route, mais tout ce que la requête avançait se trouve confirmé par ce nouveau document même et de surcroît par les déclarations des uns et des autres…

Les auteurs du reportage potdecaste « 1000 degrés » nous ont présenté une pièce qui ne figurait pas autrefois parmi celles que le greffe du Tribunal de commerce de Toulouse avait publiées.

Cette pièce vient de l’être fin 2018, alors que l’entreprise est liquidée depuis 10 ans.

Il s’agit en réalité d’un acte de cession qui date de la fin de l’année 1990 et qui précise que M. Hernandez – propriétaire de 90 parts de la société Medilens, tandis que sa femme n’en possède que 10 -, vend à son beau-père et sa belle-mère, M. et Mme Terrier 60 parts pour un montant de 30 000 francs qui lui sont versés au cabinet de Maître Marthe Biay-Manent – laquelle est avocate et non pas notaire.

M. Terrier en outre prenait à sa charge les honoraires pour la rédaction de l’acte.

Seulement, ce document précise de façon assez curieuse, il s’agit d’une mention ajoutée à la main qui vient contredire ce que leur proposait l’avocate, que la nouvelle répartition dix et 3 fois trente sur cent, ne sera pas retranscrite dans les statuts.

Il faut donc en conclure que les statuts maintiennent la répartition initiale de 90 parts pour M. Hernandez et 10 parts pour sa femme.

M. Hernandez fait comme s’il ne connaissait pas ce document et prétend qu’ils étaient dès le départ minoritaires et qu’il ne possédait lui, que 10 parts et sa femme 20 ou 30… (sic), qu’ils avaient fait cet arrangement pour pouvoir toucher le chômage et cotiser à la sécurité sociale (resic)…

Pour ce qui concerne le chômage, le simple fait de créer une société par suite d’un licenciement leur permettait de maintenir un temps le versement de leurs allocations. Par ailleurs, c’est le fait ou non d’être mandataire – que l’on soit ou non actionnaire majoritaire – qui détermine si l’on peut ou non maintenir ses droits au versement d’allocations chômage. Mme Hernandez, même avec 10 parts seulement, ne pouvait y prétendre, de par sa qualité de gérante.

En vérité la cause est celle de l’argent car il fallait acquérir un tiers des machines, M. Massé ne possédant que les deux tiers de ce qui était nécessaire au montage d’une chaîne de production de lentilles de contact.

M. Hernandez précise bien lors de ses interviews qu’il s’agissait de « parts blanches » . Autrement dit le beau-père avait acquis pour la somme de 30 000 francs des parts qui ne valaient rien, tant que la nouvelle répartition n’était pas incluse dans les statuts publiés.

Il avance que le beau-père s’ennuyait et qu’il ne cherchait rien d’autre qu’une occupation bénévole. Cependant, ce n’est pas ce que son fils suggère, en appliquant à M. Massé des causes qui ne lui reviennent en aucune manière : « Il (s’agit-il du grand-père ou bien de M. Massé ?) s’est fait arnaquer et on ne fait pas de telles choses. » Précisant que « cela ne pouvait que mal finir » , que « les disputes à la maison étaient continuelles et nécessitait parfois que l’on ait recours aux pompiers pour les séparer » , que « Mme Hernandez – sa mère -, jetait de l’huile sur le feu » .

Sans doute M. Terrier n’avait pas compris sur le champ ce qu’on lui faisait signer, il croyait acquérir un pouvoir dans l’entreprise et la part de bénéfice qui devait en advenir… Or il s’agissait de parts blanches… Elles ne donnaient droit à rien.

Comment peut-on présenter les statuts qui ont été déposés trois semaines seulement après l’attentat, comme ceux d’origine ? Il s’agit de photocopies, et l’on voit apparaître le fait que des carrés de papier ont été collés sur les textes originaux, notamment le tableau qui fixe la répartition des parts en 10 / 30 / 30 / 30 est très nettement surajouté, et l’on devine qu’au dessous, figure la répartition de départ : 90 / 10.

Qui donc, trois semaines après l’attentat, tandis que sa fille et son gendre sont hospitalisés, pouvait être en mesure de déposer au greffe du Tribunal de commerce de nouveaux statuts et de les faire publier ? La réponse se trouve dans la question même.

Oui M. Hernandez a été spolié des deux tiers des dividendes qui devaient lui revenir, simplement M. Terrier s’est senti spolié et trahi à son tour de s’apercevoir qu’il n’avait acheté que du vent.

Suite à l’attentat et à la publication des statuts trois semaines après, les parts de M. Terrier ont cessé d’être des parts blanches. Il se trouvait en mesure, avec sa fille qui gardait ses attributs de gérance, de prendre le contrôle de l’entreprise. Gageons qu’il ne supportait pas non plus que sa fille soit évincée de la sorte alors qu’elle œuvrait les jours durant sur la gestion de Medilens

De cela, nous pouvons maintenir que ce cocktail Molotov n’était pas fait pour tuer, mais pour immobiliser et intimider et permettre en fin de compte cet escamotage.

Ainsi nous pouvons comprendre le sens des lettres anonymes, dont l’auteur se désigne par l’homonymie de son nom « Jo » avec le pronom « Je » en corse, dont celle écrite à Mme Massé : « ce que tu crois te cause du tort, le coupable est Maure (un Marocain qui a envahi l’Espagne – sachant que M. Terrier avait accompli une grande partie de sa carrière d’ingénieur au Maroc, dans les mines de phosphates) et Jo bénit et pardonne. Autrement dit Jo Hernandez annonce qu’il ne dira rien et qu’il accepte en fin de compte d’être privé de 60 % des dividendes de la société a contraire de ce qui était écrit dans le contrat de cession.

Jo prétend que s’il avait été tué par l’engin explosif, il n’y aurait plus personne pour fabriquer les lentilles, et que le beau-père de ce fait ne s’y serait risqué. Pourtant M. et Mme Hernandez ont été immobilisés de longs mois et cela n’a nullement empêché Medilens, avec des renforts et des soutiens désinteréssés, de poursuivre son activité.

Effectivement, Jo ne pouvait faire autrement que de pardonner et de laisser filer l’entreprise dans les mains de son beau-père, au vu de sa propre responsabilité d’avoir vendu des parts en blanc sans avertir le père de sa femme qu’il serait exclu de tout bénéfice, malgré son investissement dans l’achat des machines.

Il reste que l’affaire Massé est une épouvantable erreur judiciaire, un désastre judiciaire.

Il sera loisible à ceux qui nous suivrons, et qui en auront la capacité juridique, de déposer des requêtes en révision sur la base notamment de ce que le potdecaste « 1000 degrés » a révélé à son corps défendant,

lorsque les parlementaires cesseront de voter des lois scélérates sur l’empêchement des révisions des condamnations pénales, des lois contraires à la constitution et contraires à la Convention européenne des droits de l’homme que la France a ratifié, paraît-il…

lorsque les magistrats de la Cour de cassation auront des comptes à rendre sur les décisions qu’ils prennent envers une autre institution…

Mais ce n’est pas demain la veille.


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