22 Aline et Alain Aubert pris au piège dans l’engrenage de l’ambiguïté et de la mort

 

Le 6 juin 1974 en début d’après-midi, après 19 heures de garde-à-vue sans dormir, Christian Ranucci accepte de passer des aveux et de se laisser conduire à la mort.
Il vient d’être confronté à ces deux êtres, Aline et Alain Aubert – qui se sont lancés à sa poursuite à la demande de Vincent Martinez, le conducteur du véhicule que le jeune homme avait malencontreusement embouti pour ne pas avoir respecté l’arrêt et la priorité au croisement.

 

Lorsqu’elles sont confrontées à ce presque enfant terrassé de fatigue, elles affirment de façon péremptoire le reconnaître et l’avoir vu tirer de sa voiture une enfant et l’emporter dans les fourrés.

Il est midi et demi le 3 juin lorsque Christian Ranucci s’avance sans marquer le signal stop tandis que survient sur sa gauche la voiture de Vincent Martinez. L’accrochage est d’une telle violence que le véhicule s’immobilise sur la chaussée.  Alain Aubert s’arrête quelques instant plus tard pour porter assistance au malheureux accidenté, le coupé Peugeot a disparu et M. Aubert s’empresse de s’engager à la poursuite du fuyard. Il reviendra quelques instants plus tard communiquer le numéro minéralogique du conducteur indélicat.

L’aile est enfoncée au point que M. Martinez se voit contraint de sonner au pavillon voisin pour emprunter des outils et l’arracher. Il repartira dix minutes plus tard pour  se rendre peu après à la gendarmerie de Gréasque afin de porter plainte.

À 13h15, le gendarme en service prend sa déposition :

« Ce jour à 12h30, venant d’Aix en Provence et me dirigeant vers Toulon, je me trouvais au carrefour de « la Pomme » lorsque j’ai été heurté à l’avant gauche par un véhicule qui venait de ma droite et de Marseille, et qui n’avait pas marqué le temps d’arrêt au panneau stop.

Carrefour de la Pomme Peypin

 

Ce panneau stop est placé sur la route de Marseille ( RN8 bis) et assure la priorité à la RN96.

Sous le choc, mon véhicule a eu l’aile gauche enfoncée et j’ai été immobilisé, tandis que le véhicule en cause, une peugeot 204, coupé gris métallisé, faisait un tête à queue et repartait rapidement en direction de Marseille.
Il me semble que son véhicule a du avoir les portières avant et arrière gauche enfoncées.
Le conducteur paraissait seul à bord.
Je ne puis vous donner son signalement . Il me semble qu’il était jeune mais je n’ai aucune idée du reste.
Quelques minutes après, est arrivé un automobiliste venant d’Aix en Provence 13, qui s’est arrêté et auquel j’ai indiqué ce qui s’était passé.
Il a immédiatement pris la direction de Marseille… »

L’accident a été si brusque que M. Martinez n’a pu deviner qu’une ombre dans le véhicule tout en notant que le conducteur lui paraissait seul à bord. Il n’a donc aperçu nulle enfant, ni même n’a-t-il pu se rendre compte que la voiture n’avait que trois portes. Cependant un automobiliste s’est arrêté quelques minutes après, ce qui laissait beaucoup de temps au conducteur en fuite pour disparaître dans le virage deux cents mètres plus loin. Ainsi, lorsque Christian Ranucci déclare qu’il ne s’est jamais rendu compte qu’il était poursuivi, sans doute traduit-il l’exacte vérité. Le temps que M. Martinez relate les circonstances de l’accident, aussi brièvement qu’il est possible, il s’est encore déroulé deux minutes ; or donc lorsque M. et Mme Aubert prennent la direction de Marseille, le coupé Peugeot s’est évanoui depuis un certain temps…

« ...et il est revenu cinq minutes après environ en me donnant le numéro du véhicule 204 peugeot n° 1369 SG 06, qu’il avait vu arrêté à un kilomètre environ du carrefour.
Il m’a donné son nom et son adresse. Il s’agit de Monsieur AUBERT Alain demeurant 1… rue de G… Toulon (83).« 

M. et Mme Aubert ont donc pris la route et l’ont parcourue sans jamais rattraper la voiture de Christian Ranucci, cependant  qu’elle leur est apparue brusquement immobile, au sortir d’un virage. Et si l’on en croit M. Martinez, ils n’ont rien remarqué de particulier puisqu’ils se contentent de lui remettre le numéro du véhicule. Ce dont nous sommes sûrs désormais, c’est qu’ils ont bien reconnu la voiture de Christian Ranucci, la Peugeot 304 et sa plaque minéralogique. Cependant, si l’on raccorde avec ce que déclare le jeune homme, celui-ci s’était déjà effondré, étourdi de fatigue. Il s’était endormi.

Se sont-ils approchés du véhicule ? Il ne le précisent pas à s’en remettre aux déclarations de M. Martinez, ce qui voudrait signifier qu’ayant découvert la voiture qu’ils croyaient abandonnée, ayant reconnu le coupé gris métallisé, ils ont noté le numéro et ont fait demi-tour depuis le terre-plein, sans même passer devant elle…

Quelques jours plus tard, le 10 juin, la juge Ilda di Marino, interrogeant M. Martinez, dictera une nouvelle relation des faits à Mme Tcholakian sa greffière :

« Après avoir redémarré et être reparti dans le sens d’où il venait, le conducteur de la 304 est passé entre ma voiture et le camion qui me suivait.
Il a roulé sur une 50 aine de mètres en ralentissant et en se retournant pour voir ce qui s’était passé derrière lui et quand il a vu que je sortais de ma voiture pour alerter un autre automobiliste qui pilotait une R 15 bleue (Monsieur Aubert), il est reparti à très vive allure.« 

 

 

Cette fois, M. Martinez semble indiquer que Christian Ranucci avait le désir impérieux de fuir et se serait retourné, mais cela résulte peut-être des partis pris du magistrat instructeur, qui voudrait s’assurer que le témoin a gardé la présence d’esprit d’apercevoir l’inquiétude qui correspondrait au point de vue de l’accusation et aux procès verbaux de garde-à-vue. Cependant, le témoin doit-il reconnaître qu’il n’a rien remarqué par ailleurs dans la voiture :

« Je ne peux pas dire s’il y avait un enfant dans le véhicule. Je n’y ai pas prêté attention. Il m’a semblé voir une forme sur la banquette c’est tout.« 

Cependant, lors de ses aveux, Christian Ranucci indiquera que la petite fille se trouvait à cet instant à l’avant et nullement sur la banquette, et si la fillette se trouvait à l’avant, il ne pouvait manquer de l’apercevoir…

Vincent Martinez laisse entendre au travers des retranscriptions de ses dépositions que M. et Mme Aubert  seraient arrivés non plus quelques minutes, mais quelques secondes après. Cependant cela ne bouleverse en rien l’ordre des événements ; il s’est nécessairement déroulé quelques minutes entre le moment où M. Aubert a rangé sa voiture, en est sorti, a reçu les quelques explications brèves concernant le signalement du fuyard et celui où il s’est mis en chasse… Or il suffisait de trente secondes pour que la voiture de Christian Ranucci disparaisse à leur vue dans le virage, ainsi, même selon ces circonstances où M. Martinez rapprochait l’instant d’arrivée de M. Aubert, le jeune homme pouvait encore avoir l’impression de ne pas avoir été poursuivi.

 

 

M. Aubert n’a rien dit à M. Martinez à son retour, il n’a évoqué nulle enfant, nulle personne qu’il aurait croisé contrairement à ce que M. Martinez prétend aujourd’hui. Preuve en est qu’au cas où M. Aubert aurait simplement évoqué la présence d’un passager, aussitôt M. Martinez et M. Aubert auraient fait le rapprochement avec l’enlèvement et les gendarmes, convaincus par la force d’un tel témoignage, auraient organisé la battue non pas le 5 juin dans l’après-midi, mais dès le 4 juin au soir. Tandis qu’ils n’ont envoyé en mission qu’une simple estafette reconnaître l’endroit et une patrouille visiter le tunnel de la champignonnière.

La scène dont M. Aubert a été le témoin a dû cependant susciter une certaine interrogation… Lorsqu’il apprend l’enlèvement de la fillette le 4 juin 1974, il téléphone en effet à la gendarmerie de Roquevaire, il évoque alors un homme qui s’enfuyait dans les fourrés transportant un paquet assez volumineux… :

« Le 4 juin 1974 à 15 heures 10, ce témoin, M. Aubert Alain, demeurant à Toulon avait contacté téléphoniquement la gendarmerie de Roquevaire en indiquant que la veille vers 12 heures 30, il avait poursuivi l’auteur en fuite d’un accident de la circulation et que ce dernier abandonnant son véhicule « Peugeot » gris métallisé, immatriculé 1369 SG 06, en bordure de la RN8bis, s’était enfui dans les bois en transportant un paquet assez volumineux.
Monsieur Aubert ayant eu connaissance ce jour du rapt d’enfant à Marseille, pensait que les faits dont il avait été témoin, pouvaient avoir un rapport avec l’enlèvement.
La brigade de Roquevaire répercutait ces faits à celle de Gréasque territorialement compétente, déjà en possession de la plainte pour délit de fuite consécutif à l’accident.
Une patrouille était immédiatement dirigée sur les lieux signalés approximativement, mais ne découvrait aucun indice positif. »

Le lendemain, Vincent Martinez fait également le rapprochement avec l’enlèvement de la fillette à Marseille et transmet dans la matinée les coordonnées de M. Aubert aux gendarmes :

« À 10 heures 30, afin d’avoir des précisions sur le lieu où le témoin avait aperçu le véhicule « Peugeot » arrêté en bordure de la RN8bis, la brigade de Gréasque alertait celle de Toulon, d’avoir à contacter Mr Aubert, afin qu’il se mette dès que possible en relation téléphonique avec Gréasque.
Madame Aubert pouvait entrer en relation avec son mari qui, à 12 heures 30, donnait au commandant de brigade de Gréasque les précisions suivantes:

Le 3 juin 1974, circulant sur la route nationale 96 en direction de Toulon, il était parvenu à 12 heures 30 au carrefour de « la Pomme » peu après qu’un accident matériel se soit produit.
M. Martinez, conducteur du véhicule accidenté, immobilisé sur place, lui avait rapidement indiqué qu’il avait été heurté par un véhicule Peugeot 304 gris métallisé venant de la direction de Marseille par la RN8 bis, qui n’avait pas marqué l’arrêt au panneau « stop ».
Après un « tête à queue » consécutif au choc, ce véhicule était immédiatement reparti en direction de Marseille.
Mr Aubert s’est lancé à la poursuite de fuyard… »

Ce que M. Aubert énonce pour les gendarmes s’assemble avec la première déposition de M. Martinez, M. Aubert est arrivé deux ou trois minutes après l’accident, a reçu en quelques mots de M. Martinez la description de l’accrochage, le signalement de la voiture et s’est-il jeté à sa poursuite alors que Christian Ranucci avait disparu depuis quelques minutes…

« À environ un kilomètre du carrefour, à partir de la partie d’un virage, il apercevait à environ 100 mètres le véhicule gris arrêté en bordure de la route, tandis qu’un homme jeune gravissait le remblai et s’enfonçait dans les fourrés en tirant un paquet assez volumineux. L’homme était vêtu d’un pantalon foncé et d’une chemise ou d’un vêtement de couleur claire. »


Au sortir du virage, un terre-plein suffisamment large permet de se garer facilement, ce que M. Aubert a sans doute accompli. Cent mètres plus bas se trouvait la voiture de Christian Ranucci. À l’instant où il la découvrait, comme abandonnée, il apercevait un homme remonter dans les fourrés. Autrement dit, une personne s’était approchée de la Peugeot et s’enfuyait brusquement aussitôt après avoir entendu survenir la voiture de M. Aubert. Rien dans ce témoignage ne laissait entendre en réalité que cette personne sortait du véhicule, sinon par déduction.

 

 

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 Quelques images du trajet suivi par les Aubert – prises par un journaliste en 1974 – qui montrent qu’au détour du virage, on peut apercevoir un véhicule arrêté en bordure de la route, se garer en se rangeant sur le remblai à droite après le muret d’un petit pont, et en repartir après un demi-tour sans s’être approché du coupé Peugeot…

« M. Aubert avait arrêté son véhicule à proximité de la Peugeot 304 grise, immatriculée 1369 SG 06 et interpellé sans le voir, le conducteur dissimulé dans les fourrés, lui indiquant que l’accident n’avait pas de conséquences graves, qu’il s’agissait d’une affaire banale, et lui demandait de revenir sur la chaussée.
N’ayant obtenu aucune réponse, entendu aucun bruit et constaté que personne ne se trouvait dans le véhicule Peugeot, il repartait en direction du carrefour et indiquait au conducteur accidenté le numéro d’immatriculation du véhicule Peugeot. »

 

Or donc la scène est singulièrement inquiétante : un homme est dissimulé dans les fourrés, M. Aubert s’est aventuré hors de sa voiture, s’avance sur la route déserte et n’aperçoit personne. Il tente de découvrir celui qui se cache dans le maquis au-dessus de lui et en déduit naturellement qu’il doit s’agir du conducteur.

Ce personnage invisible ne répond pas à son interpellation et tout demeure étrangement silencieux, en une atmosphère âpre et mortelle. Il semble établi maintenant que M. Aubert a parcouru quelques mètres à pied en cherchant à percer du regard la végétation, sans succès… Alors il est revenu vers sa voiture, a fait demi-tour en braquant depuis le terre-plein. Il est reparti vers le croisement de la Pomme…

 

Un homme a disparu en quelques secondes qui traînait un paquet. De ce qu’il a deviné, il ne sait ce qu’il faudrait en rapporter à M. Martinez, sinon lui donner le numéro minéralogique du véhicule peugeot 304. La relation des gendarmes est absolument précise… Elle explique les raisons pour lesquelles M. Martinez et M. Aubert n’ont pas pu signifier autrement que ce qu’ils avaient constaté pouvait peut-être avoir rapport avec l’enlèvement.

Dès lors, se devine le déroulement de l’enquête durant la soirée du 5 juin 1974 et la matinée du lendemain, les policiers étaient enclin pour boucler l’enquête de convaincre M. et Mme Aubert qu’il ne pouvait exister le moindre doute concernant l’identité de la personne qui s’était enfuie dans les fourrés à leur arrivée, qu’il s’agissait sans aucun doute du conducteur du véhicule Peugeot qu’ils avaient découvert immobilisé au bord de la route, lequel conducteur se dénommait Christian Ranucci, résidant aux Floralies à Nice.

On constate cette évolution à lire ce qu’en rapporte le Méridional du 6 juin 1974, l’homme ne se contente plus de gravir le talus, il sort maintenant de la 304, il ne tire plus le paquet, il le tient dans ses bras… :

« J’ai vu, devait-il dire plus tard aux gendarmes d’Aubagne, l’homme sortir de sa 304 grise. Il tenait dans ses bras une forme blanche. J’ai cru qu’il s’agissait d’un paquet dont il voulait se débarrasser en cachette « … « Mais jamais je ne me serais douté qu’il s’agissait d’un enfant ! D’ailleurs j’interpellais l’homme plusieurs fois… » (Marc Ciomei, le Méridional, 6 juin 1974)

De même aura-t-on cherché à les convaincre qu’ils ne pouvaient avoir manqué l’enfant, qu’un enfant ne saurait se confondre avec un paquet dès lors que M. Ranucci était tout proche d’avouer qu’il transportait une petite fille dans sa voiture, et qu’on le persuaderait en peu de temps de le reconnaître, qu’il ne faisait aucun doute que M. et Mme Aubert avaient été aveuglés par le soleil, que cela avait pu troubler leurs sens, mais qu’au demeurant, ce jeune homme qu’on allait leur présenter se confondait bel et bien avec l’homme qu’ils avaient aperçu l’espace d’une seconde s’enfuir dans les fourrés. Ceci apparaît dans un télégramme échangé entre policiers dès le 5 au soir, avant même que d’interroger M. Aubert, il a été convenu qu’il devait avoir vu un enfant :

« Suite enlèvement de la jeune Marie Dolores Rambla rue d’Albe a Marseille la brigade de gendarmerie de Gréasque vient de découvrir a quatorze heure le corps d’une enfant de sexe féminin correspondant par l’age le signalement et les vêtement a la jeune disparue Stop

Le service de la sureté urbaine saisi par commission rogatoire de MLLe Di Marino Juge d’Instruction à Marseille a pu apprendre que dans les heures qui ont suivi l’enlèvement le lundi 3 juin un accident de la circulation a été commis pour non observation feu dans l’agglomération de Gréasque par le conducteur d’une Peugeot 204 gris métallisé qui n’a pas arrêté son véhicule STOP

Pris en chasse par un témoin le conducteur de la Peugeot a abandonné celle ci dans un sentier de montagne et s’est enfui en entraînant une fillette par la mains STOP
Les recherches de la gendarmerie ont permis de découvrir le corps dont l’identification est en cours STOP « 

 

 

Ainsi, c’est par le glissement subtil du témoignage de M. Aubert que l’accusation va prospérer, comme si le fuyard devait être Christian Ranucci, comme si le fuyard devait entraîner avec lui, une enfant.

Pourtant, lorsqu’ils sont confrontés une première fois à Christian Ranucci, suivant le rituel de ce qu’on nomme un tapissage, le jeune homme posant parmi quelques inspecteurs alignés contre un mur, M. et Mme Aubert ne reconnaissent pas en lui le fuyard qu’ils ont entr’aperçu. Un signe cependant pouvait les y aider, il était le seul à ne pas porter de ceinture. Le quotidien France soir rapporte la nouvelle dans son édition datée du 8 juin :

« L’automobiliste avait relevé le numéro minéralogique de la 304. C’est cette même voiture appartenant à Christian Ranucci qui a été conduite dans la cour de l’hôtel de police de Marseille. Elle porte sur son coté gauche complètement cabossé les traces de l’accident. Les policiers, qui ont trouvé à l’intérieur un peignoir de bain blanc à rayures bleues et une carabine de petit calibre, tentent d’obtenir du suspect des précisions sur la présence de ce objets dans son auto. Il semble cependant que M. et Mme Aubert n’ont pu reconnaître formellement Christian Ranucci. – Le conducteur était bien loin de nous, ont-ils répété, pour que nous puissions être certain de la ressemblance.« 

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Tout comme le journal Nice-Matin du 7  juin :

« Peu après, lors d’une première confrontation, M. et Mme Aubert, commerçants toulonnais, n’avaient pas, eux non plus identifié Christian Ranucci. Et leur témoignage était capital. À 13 h 30, mercredi, M. Aubert téléphonait au commissaire Alessandra, chargé de l’enquête, en lui disant notamment ceci : « Lundi de Pentecôte, vers 10 h 30, j’étais en voiture avec mon épouse dans la région aixoise au lieu dit « la Pomme », près de Gréasque. J’ai assisté à une collision de véhicules. L’auteur de l’accident, qui avait brûlé un « stop » et qui pilotait un « coupé Peugeot », prit la fuite. Je me lançai à sa poursuite. Au bout de quelques kilomètres le coupé stoppa, je vis le conducteur descendre et gravir la colline toute proche, il emmenait avec lui une petite fille. Mon épouse ne voulut pas que je suive à pied le chauffard, elle redoutait une bagarre. »

 

Le paquet s’est transformé en fillette depuis que Christian Ranucci s’est vu formellement mis en cause.

Alors les enquêteurs prennent la décision d’inverser les préséances et leur présenter Christian Ranucci face à face, tandis qu’on a supprimé la comédie du tapissage et que le jeune homme se trouve dans un bureau, seul.

La teneur de leur déposition  à compter de cet instant  se colore de multiples contradictions et d’impossibilités mystérieuses :

Alain Aubert :

« La personne que vous me présentez et que vous me dites se nommer Ranucci Christian est bien celle qui était à bord du coupé Peugeot 304, de couleur gris métallisé, au moment où l’accident s’est produit à proximité de Peypin le 3 juin 1974 vers 12h15. Il n’y a aucun doute à ce sujet… »

Or, attendu que M. Aubert n’est arrivé sur les lieux de l’accident qu’une fois la voiture retournée, comment cet homme peut-il être assuré que Christian Ranucci était à bord du coupé Peugeot autrement que parce qu’on lui a précisé que la voiture lui appartenait ? Certes, il n’y a aucun doute sur le fait que Christian Ranucci en était bien le conducteur, cependant une incertitude manifeste demeure quant au fait que M. Aubert aurait pu l’apercevoir et le reconnaître  à cet instant précis.

« J’ai constaté qu’aussitôt après l’accident, la Peugeot 304 prenait la fuite au lieu de s’arrêter. Ma femme et moi avons été outrés de ce comportement et avons aussitôt décidé de prendre en chasse le véhicule qui s’enfuyait. La poursuite a été assez mouvementée car le conducteur s’est certainement aperçu qu’il était poursuivi; il roulait donc très vite dans cette route tortueuse. »

Les enquêteurs sont parvenus à suggérer cette inflexion majeure, arracher à la volonté de M. et Mme Aubert de faire comme si le témoin n’était pas sorti de son véhicule au carrefour après s’être garé, comme s’il n’avait pas pris le temps d’écouter les quelques descriptions que Vincent Martinez prodiguait, comme s’il s’était lancé à la poursuite de Christian Ranucci en le tenant perpétuellement dans la ligne de sa trajectoire, sans jamais le perdre de vue. Or la route est tortueuse, elle suit les flancs de la colline, et M. Aubert en réalité ne pouvait garder à portée de regard le coupé peugeot qu’il s’était décidé à retrouver. Sa déposition à cet instant confine donc au faux témoignage.

« Après avoir parcouru une distance de 1 à 2 km, la 304 peugeot s’est immobilisée au bord de la route. À ce moment, je me trouvais à environ 2 ou 300 m de lui. « 

 

 

Il suffit de 300 mètres à cet endroit pour perdre de vue la voiture qui roule devant soi, ainsi la version qu’il donne aux gendarmes semble plus proche de la réalité des lieux : au détour du virage, le véhicule Peugeot apparaît. Il s’est immobilisé depuis un certain temps, peut-être depuis cinq minutes.

« Je l’ai rejoint quelques secondes plus tard. Au moment où je suis arrivé à la hauteur de la voiture, j’ai assisté à la scène suivante. J’ai vu cet individu tirer par le bras un enfant qui se trouvait à l’intérieur du véhicule. Je me souviens notamment que cet enfant portait un short ou une culotte de couleur blanche. En revanche, je dois vous dire que les faits se sont déroulés si rapidement que je n’ai pas réalisé dans ce mouvement s’il s’agissait d’un garçon ou d’une fille. L’individu a tiré l’enfant par le bras, l’a tiré dans les broussailles qui bordaient la route. À partir de ce moment, je n’ai plus vu l’individu ni l’enfant qui avaient disparu dans les broussailles. »

Un seul détail a rendu l’enchaînement qu’il décrit définitivement impossible, la portière du côté du conducteur est enfoncée et ne peut plus s’ouvrir, ainsi, fallait-il que l’enfant descende du côté passager pour permettre au conducteur d’en faire de même, ce qui laissait à Marie-Dolorès tout loisir de se précipiter vers M. et Mme Aubert pour quérir du secours. Il s’avère donc que le témoignage de M. Aubert est un faux témoignage…

Et de même un aspect de la déposition de M. Aubert  s’est modifié profondément, car maintenant il affirme s’être approché de la voiture, être passé tout près d’elle. Or la description qu’il donne de l’enfant n’est autre chose que celle que les enquêteurs connaissent, alors on ne peut supposer de cette clarté soudaine qu’un aspect d’irréel et d’incommensurable. Il aurait vu une fillette entraînée dans un fourré et il se serait tu, il n’aurait rien formulé de tout ce qu’il avait aperçu, qui correspondait mot pour mot à ce que rapportait la presse depuis deux jours. Il n’aurait été capable à aucun moment de dire autre chose aux gendarmes que ceci : j’ai aperçu un paquet l’espace d’une seconde…

Et s’il découvre l’enfant toute proche, comment ne peut-il intervenir ? Il assisterait donc à l’agression, l’enfant crierait et il ne l’entendrait pas ? Il repartirait en se contentant de donner un numéro de plaque minéralogique ?

 

Or donc la scène qu’il relate précisément aux gendarmes est d’une tout autre nature, parce que le meurtre n’y figure pas. Parce qu’il y surprend un terrible silence, une atmosphère de plomb qu’il remarque aussitôt. Selon ce qu’il explique aux gendarmes, on pourrait en déduire que l’enfant est déjà morte et qu’il arrive plus tard sur les lieux. Et désormais voici qu’il déclare aux policiers assister presque de ses propres yeux à ce carnage qui prend place tout à côté sans qu’il ne remarque rien ?

« En ce qui me concerne, j’ai effectué une cinquantaine de mètres à bord de ma voiture, j’ai fait demi-tour et je me suis arrêté à nouveau à la hauteur de la 304 Peugeot. Je suis descendu de voiture et j’ai entendu des bruits de branchages provenant de la direction où l’individu s’était enfui. Bien que je ne le voyais pas à cet instant, car il m’était caché, j’ai crié à haute voix à son intention: « Monsieur, revenez, vous n’avez qu’un accident matériel, n’aggravez pas votre cas en prenant la fuite. »

Cet individu m’a alors répondu les paroles suivantes: « D’accord, partez, je reviendrai. » Comprenant bien que cet individu n’avait aucunement l’intention de revenir, j’ai relevé le n° d’immatriculation de sa voiture et je suis remonté à bord de mon propre véhicule afin de communiquer ce numéro minéralogique à la personne qui avait eu l’accident de la circulation et qui était restée sur les lieux (du moins, je le supposais). »

Le demi-tour qu’il indique avoir fait après cinquante mètres semble bien improbable car la route est sinueuse, étroite. Autant, il est fort commode de faire demi-tour depuis le terre-plein au-dessus, autant pour faire demi-tour plus bas est-il nécessaire de descendre jusqu’à la boucle où se situe la première entrée de la champignonnière.

Ce qui apparaît de même remarquable dans la mise en scène, c’est que l’enfant cesse d’exister à l’instant de disparaître dans les fourrés, comme si sa présence vivante ne convenait pas à cet enchaînement même. M. Aubert n’a pas plus l’idée qui viendrait à tout un chacun de regarder à l’intérieur de la voiture, afin de repérer le moindre détail significatif afin de glaner quelque renseignement sur cette personne qui se dérobe perpétuellement à sa vue. Il entend des bruits de branchages, mais l’enfant n’appelle pas au secours. Il apparaît même qu’elle a pris l’apparence des nymphes, comme si elle avait retrouvé par enchantement la forme primitive d’un paquet. Or M. Aubert est sa planche de salut, il suffirait qu’elle s’échappât, qu’elle dégringolât vers la route, elle serait sauvée : ce témoin qui vient d’arriver par providence la ramènerait chez elle.

Lorsque M. Aubert décrivait cette scène curieuse aux gendarmes, le fuyard ne répondait pas, ce qui en suggérait tout l’aspect lugubre. Voilà maintenant qu’il déclame cette chose absurde : je consentirai à venir quand vous ne serez plus là pour me voir.

« J’ai effectivement retrouvé le couple qui se trouvait à bord du véhicule accidenté et je leur ai communiqué le n° d’immatriculation de la Peugeot 304. Ma femme n’est descendue de voiture à aucun moment… »

 

Sans doute une chose est sûre, M. Aubert est sorti de son véhicule. Cependant s’il s’était approché  de la voiture de Christian Ranucci comme il en témoigne devant le commissaire, alors n’aurait-il pas manqué de remarquer la couleur des sièges.

Ils sont rouge vif.

« Je suis absolument catégorique et formel : l’individu qui s’est enfui dans les collines a bien entraîné avec lui un enfant. Je ne puis vous préciser quel pouvait être l’âge de cet enfant ; je puis cependant préciser qu’il s’agissait d’un enfant qui marchait. S’il fallait vraiment donner un âge à cet enfant, j’évaluerais celui-ci entre sept et dix ans. »

Ainsi donc M. Aubert, pris au piège par les circonvolutions de la police, prétend désormais avoir reconnu un enfant, non pas sans doute parce qu’il l’a effectivement vu, sinon aurait-il été capable d’ajouter un détail remarquable qui puisse donner une apparence de vérité à la scène, mais parce que les enquêteurs ont asséné cette déduction d’évidence : si le corps d’un enfant se trouvait à côté de la voiture, à prendre en compte qu’il avait aperçu le conducteur, celui-ci ne pouvait être autre que le ravisseur, et le paquet être en réalité une enfant. Et M. Aubert commet un faux témoignage.

M. Aubert a certes reconnu la voiture de Christian Ranucci arrêtée au bord de la route en plein soleil, et s’est-il  arrêté cent mètres plus haut. S’en est-il rapproché ? Rien ne paraît moins sûr. Ainsi, toute l’accusation repose sur un point frêle qui semblait faire comme allant de soi :

Un homme s’est caché dès qu’il s’est aperçu qu’une voiture s’annonçait, cet homme ne pouvait qu’être le conducteur de la voiture immobilisée puisqu’il se trouvait à côté d’elle.

 

Si nous rapportons la déposition de Mme Aubert, l’on s’aperçoit qu’elle rétablit la version donnée aux gendarmes sur un point :

« Nous avons parcouru environ 1 km et, à la sortie d’un virage, nous nous sommes aperçus que la voiture s’était arrêtée…« , ce qui correspond si bien à la typologie des lieux.

« et, arrivés à sa hauteur, sans descendre de notre véhicule, j’ai constaté qu’un homme avait ouvert la portière droite et tirait un enfant par le bras. J’avais la vitre baissée. L’enfant était plaqué contre l’homme et je n’ai pu voir s’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. J’ai seulement entendu l’enfant déclarer: « Qu’est-ce qu’on fait ? » D’après l’intonation de la voix, je ne pensais pas que l’enfant avait peur… »

À ce moment-là et très rapidement, l’homme a disparu dans les buissons avec l’enfant. Puis mon mari a fait demi-tour, il s’est arrêté à nouveau devant le véhicule, a relevé le numéro et a crié par la portière à l’adresse du chauffeur qui avait disparu : « Reviens, ne fais pas l’imbécile, il ne s’agit que d’un dégât matériel. » Je n’ai pas entendu ce que l’homme a répondu, mais mon mari m’a fait savoir que l’individu lui avait dit:  » Filez, je viens ».

Il reviendra cette interrogation lancinante que la déposition de Mme Aubert ne peut convenir à toute personne éprise de raison puisque la portière était bloquée depuis l’accident et ne s’ouvrait plus. Qu’à cette aune, Christian Ranucci ne pouvait descendre avant l’enfant. Il semble tout aussi incongru qu’après le redoutable accident qui venait de se produire et l’enlèvement, Marie-Dolorès ne soit pas terrorisée et ne se soit pas plus affolée, alors que son père ne possédait pas de voiture et qu’elle se trouvait avec un inconnu dans un endroit dont elle ignorait tout… Qu’elle n’ait pas cherché à rejoindre le couple Aubert pour échapper à son ravisseur, l’occasion était si belle…

Prises dans les mailles des filets de la Police marseillaise, M. et Mme Aubert ont pensé vraisemblablement s’en échapper en jouant une posture qui les plaçait dans une moralité supérieure. Ce dont ils n’avaient pas conscience à cet instant, c’est que la partie se transformait à pas comptés en une implacable machine à tuer. Et dès que cette épreuve fut franchie d’avoir provoqué les aveux du meurtrier, il leur devenait impossible de revenir en arrière, admettre qu’ils s’étaient laissés tenter par une version qui n’avait de sens que par déduction, sans lien avec le réel présent. M. Aubert s’est trouvé enferré, pris en tenaille de sa propre inconsistance, il se laissait conduire sur un chemin périlleux qui confond la fausse logique et la vérité. De modifications légères en déductions audacieuses, Aline et Alain Aubert ne rapportaient plus la vérité et se muraient dans leurs mensonges et leurs secrets.

Il ne servirait à rien de vouloir les convaincre qu’après tout, ils ne figurent qu’un élément secondaire du procédé, qu’à dissimuler la visite qu’il avait rendu à son père, Christian Ranucci se laissait prendre lui-même dans le tourbillon judiciaire comme la guêpe se noie dans l’hydromel.

M. Aubert a tenté de se justifier récemment, en s’efforçant de gommer de façon pathétique les circonstances de ses hésitations :

« Et au débouché d’un virage, au bout de la ligne, je vois la voiture arrêtée. J’ai toujours dit : j’ai vu un gosse qui descend à droite, le chauffeur qui descend à gauche.« 

Mais ce n’est pas exactement cela qui fut retranscrit par les policiers : il aurait vu Christian Ranucci tirer un enfant – ce qui raccordait la déposition accusatrice au compte-rendu dressé par les gendarmes qui évoquait pour sa part un homme « tirant un paquet assez volumineux« , et lorsque la voiture de M. Aubert est survenue, débouchant du virage, la silhouette qu’il aperçoit s’était approchée du véhicule mais ne s’en extrayait pas, la scène n’ayant duré que quelques secondes. Cette fois mieux encore, trente ans après, M. Aubert observait désormais Christian Ranucci tourner autour de la voiture pour récupérer l’enfant et lui montrer son visage de face.

Ainsi la condamnation de Christian Ranucci résulte d’un premier trucage : celui de faire croire par le témoignage controuvé de  M. Aubert que celui-ci s’est approché de la voiture et qu’il aurait vu l’enfant tenu par la main du jeune homme, tandis qu’il n’a constaté en vérité la scène que de loin qui se limitait au fait qu’un homme – sans qu’on puisse affirmer qu’il s’agissait ou non du conducteur – s’était brutalement caché et avait disparu l’espace d’une seconde, et puis l’emprise du silence.

 

« Je n’ai jamais, plus jamais téléphoné aux gendarmes… Le paquet est une invention qui vient de je ne sais qui. À la police à Marseille, on n’a jamais parlé d’un paquet. Je ne vois pas comment on aurait parlé d’un paquet à la gendarmerie…  Après, on imagine des choses, on affabule, on construit autour des petits détails. C’est inimaginable, ce que l’on peut transformer la réalité. »

Alain Aubert, interviewé par Gérard Bouladou (Autopsie d’une imposture 2005)


 

 

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Cette reconstitution effectuée en 2008 montre que M. Aubert ne pouvait pas matériellement apercevoir le véhicule qu’il poursuivait, quel que soit le délai qu’il prenait pour redémarrer, mais seulement le découvrir au détour du virage.

Elle montre aussi que cette partie de sa déposition : « L’individu a tiré l’enfant par le bras, l’a tiré dans les broussailles qui bordaient la route. À partir de ce moment, je n’ai plus vu l’individu ni l’enfant qui avaient disparu dans les broussailles. » ne correspond pas véritablement à  la réalité : pour disparaître à la vue des voitures, il faut s’enfoncer bien plus avant que sa déclaration ne le laisse supposer, ce qui tend à démontrer que M. Aubert, contrairement à ce qu’il déclare à la police, et en accord avec ce que les gendarmes retranscrivent de son appel téléphonique, s’est bel et bien garé sur le terre-plein sans s’approcher du coupé Peugeot.

Elle démontre aussi qu’il fallait attendre la boucle de la première entrée de la champignonnière pour faire demi-tour, ce dont il ne parle pas, ce qui signifie qu’il a bien plutôt braqué pour faire demi-tour depuis le terre-plein (visible ici au premier plan de la vignette) où il s’était garé très vraisemblablement.

Elle démontre enfin qu’il ne peut y avoir aucune ambiguïté quant au fait de savoir s’il s’agit d’un enfant ou d’un paquet. Malgré ce que déclarera ensuite M. Martinez – qui ne dit sans doute pas l’exacte vérité à ce propos, M. Aubert n’a pas aperçu d’enfant, sinon l’aurait-il signalé beaucoup plus tôt avec beaucoup plus d’assurance et les recherches auraient abouti dès le 4 juin au soir.

La scène qu’il décrit aux gendarmes par téléphone évoque bien mieux l’inquiétude qui pouvait le saisir et détermine le fait qu’il ne s’est en vérité jamais approché aussi près de la voiture de Christian Ranucci, se contentant de relever le numéro minéralogique depuis le terre-plein. Et qu’il n’a donc pu apercevoir le jeune homme affalé dans son propre véhicule et brutalement ensommeillé…

Chapitre 23 (Yvan Colonna)

Chapitre 24 (Christian Ranucci)

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89 Commentaires

  1. franck estournet

    Bonjour à vous et félicitation pour tout ce travail. Pour résumer ton analyse, à aucun moment les Aubert ne voient l’enfant et encore moins ne l’entendent. Ils voient une personne mais ne peuvent l’identifier.
    Comment les policiers ont-ils pu arriver à leur faire déclarer tout ce que l’on sait en si peu de temps ? M. et Mme Aubert ne sont quand même pas d’une naïveté pareille, sachant l’enjeu de leurs témoignages, même avec une menace de non assistance à personne en danger.
    D’ailleurs s’ils s’en tiennent à ta théorie, la menace ne tient plus. De quoi le commissaire aurait-il pu les menacer de plus…
    Ceci dit ta théorie tient la route quand on voit les autres falsifications (découverte du couteau, pantalon saisi plus tard dans le box, nuit à Salernes alors qu’il est à Marseille et qu’ils le savent, etc.)
    Quand on peut faire cela, ce ne sont pas deux témoins, même capitaux qui vont les gêner.

  2. La question est de savoir ce sur quoi l’on peut s’appuyer et sur ce qui apparaît fragile et incertain.

    Il est incontestable que les époux Aubert ont vu le coupé 304 arrêté dans la courbure de la route, cent mètres plus bas, comme M. Aubert l’indique aux gendarmes.

    Les policiers partent d’un postulat : s’il s’agissait de la voiture de Christian Ranucci et si les époux Aubert aperçoivent une ombre s’enfuir, cette ombre ne peut être que celle du conducteur de la voiture, soit Christian Ranucci.

    S’il s’enfuit, c’est qu’il veut cacher quelque chose. Or donc, s’il s’enfuit, c’est que l’enfant l’accompagne.

    Cependant, à concevoir que les Aubert aient vu Christian Ranucci de si près, il apparaît qu’ils n’auraient pas manqué de le reconnaître lors du tapissage. Or ils ne le reconnaissent pas.

    Je pense que l’attitude des policiers n’a pas été celle de la menace – car effectivement, il n’y avait pas matière à menacer M. et Mme Aubert, mais celle de la conviction : vous n’allez tout de même pas laisser échapper un assassin d’enfant parce que votre voiture s’est arrêtée un peu trop loin.

    Ce qui permet de modifier insensiblement leurs dépositions jusqu’au point d’en faire un faux témoignage, c’est une conviction : cet homme qui s’enfuit est Ranucci, or donc la petite fille était avec lui. Même si vous ne l’avez pas formellement vue, cela ne change rien, car il est absolument certain qu’elle se trouvait là. En quelque sorte, l’on renverse la préséance de l’enquête : partir des constatations pour retrouver la réalité qui s’y rattache, non pas partir d’une conviction préétablie et déformer les faits afin qu’ils finissent par coïncider.

    La scène que décrit Alain Aubert aux gendarmes par téléphone est limpide : un grand silence s’est abattu sur la scène, or si l’on admet que Christian Ranucci dort dans sa voiture, l’homme qui s’enfuit n’est donc pas ce dernier et le crime s’est produit auparavant.

    La scène que décrivent les Aubert aux policiers est invraisemblable, car si l’enfant se tient si près de leur voiture, alors il est absurde qu’elle ne se soit pas précipitée vers eux pour être sauvée… Et il est invraisemblable qu’ils entendent sa voie fluette mais pas ses cris…
    Et il est invraisemblable que Christian Ranucci taise le fait de leur présence s’ils se trouvaient là véritablement. En réalité, effectivement, il n’a jamais eu conscience d’être poursuivi, il y a trop de virages pour que le poursuivant apparaisse dans son rétroviseur.

    En vérité, comme vous le dites bien, c’est le récit que les policiers induisent qui fait apparaître la possibilité que M. et Mme Aubert puissent porter sur la conscience le fait d’une non assistance à personne en danger, ce qui renforce l’invraisemblance de leur témoignage, car pour y échapper faut-il supposer que l’enfant « n’était pas effrayée ». Cela n’a évidemment aucun sens.
    Mais il n’y a pas plus de sens qu’ils aient vu l’enfant de si près et n’aient pas réagi aussitôt lorsque M. Aubert parle aux gendarmes et qu’il faille attendre une supposition de M. Martinez pour déclencher le ratissage des lieux.

  3. Goujon jean

    Très intéressant. Voilà ma version. Les Aubert arrivent quelques secondes après l’accident. Par la fenêtre ouverte Martinez leur dit de suivre la voiture de Ranucci. Les Aubert sont très vite derrière et c’est là que Madame Aubert relève le numéro. Là, elle dit à son mari de ralentir.
    Ranucci reprend de l’avance. Je pense que la Simca 1100 grise est devant lui et se gare sur le bas côté pour le laisser passer. La petite ouvre sa portière et tente de s’enfuir. Son ravisseur ouvre la sienne la rattrape et se précipite dans les fourrés.
    Quand les Aubert débouchent, c’est la scène qu’ils voient de loin. Peut-être même la fillette a t-elle couru vers eux.
    Ils ont paniqué et sont resté pétrifiés. Alors ils ont fait demi-tour et sont allés donner le numéro qu’ils avaient relevé au début de la poursuite à Monsieur Martinez sans oser parler de leur non assistance à enfant en danger. Ce qui explique qu’ils n’ont appelé qu’à 15 h le lendemain (La nuit a du être difficile). À noter que les premiers coups portés à la fillette le sont avec des pierres tranchantes et non avec le couteau de Ranucci …

    • Je me permets d’émettre quelques commentaires. Il est toujours possible de bâtir un scénario, encore faut-il le confronter avec la réalité des constatations et des témoignages.

      Vous dites :
      « Les Aubert arrivent quelques secondes après l’accident. Par la fenêtre ouverte, Martinez leur dit de suivre la voiture de Ranucci. »

      Ceci ne correspond nullement aux témoignages de M. Aubert et de M. Martinez. Il a fallu que M. Aubert s’arrête, l’un des deux est sorti de sa voiture et le temps que M. Martinez explique ce qui venait de se passer, la voiture de Christian Ranucci a eu le temps d’atteindre le premier virage et de disparaître.

      « Les Aubert sont très vite derrière et c’est là que Madame Aubert relève le numéro. »

      Ceci ne correspond nullement au témoignage que fait Alain Aubert aux gendarmes, sur ce plan, l’on ne voit pas pourquoi il ne dirait pas la vérité. Les époux Aubert n’ont jamais varié sur le fait de dire qu’ils avaient relevé le numéro de la 304, tandis que celle-ci était arrêtée sur le bord de la route à 1km environ du carrefour de la Pomme. Cette hypothèse que Madame Aubert relèverait le numéro tandis que son mari conduit n’est corroborée par aucun témoignage, ni aucune déclaration.

      « Là, elle dit à son mari de ralentir. »

      Il s’agit d’une interprétation hardie, dans aucune de ses déclarations Aline Aubert ne fait apparaître les choses de cette façon et les sinuosités de la route soulignent le fait qu’il est hautement improbable et impraticable que la voiture de Christian Ranucci ait pu se trouver dans leur champ de vision.
      Ce que Christian Ranucci corrobore puisqu’il affirme pour sa part qu’il n’a jamais eu l’impression d’avoir été suivi.

      « Ranucci reprend de l’avance. »

      Christian Ranucci n’a jamais énoncé cela dans ses déclarations ou ses écrits et on ne voit pas pourquoi il reprendrait de l’avance, en vérité c’est tout simplement le tracé de la nationale 8bis qui explique pour quelle raison les Aubert n’ont jamais vu le coupé autrement qu’arrêté au détour d’un virage et que Christian Ranucci n’a jamais senti être poursuivi comme il le déclare dès la garde-à-vue.

      « je pense que la Simca 1100 grise est devant lui et se gare sur le bas côté pour le laisser passer. »

      Si l’on s’en tient au témoignage sur l’enlèvement, celui-ci a lieu à 11h environ, ce qui fait que la Simca parvient sur les lieux à 11h30. L’accident de Christian Ranucci survient vers midi trente, soit près d’une heure après.
      Il faut donc considérer que la Simca était présente aux alentours bien avant l’arrivée de Christian Ranucci et si personne ne la voit, c’est qu’elle ne se trouvait pas à ce moment sur la nationale tout simplement, mais ailleurs.
      Il est difficile de penser que la Simca ait pu s’interposer à un quelconque instant entre M. Aubert et le coupé 304.

      « La petite ouvre sa portière et tente de s’enfuir. »

      Si la petite se trouvait dans la Simca, cela fait une heure qu’elle est arrivée et sans doute une bonne demi-heure qu’elle est morte. En vérité, une chose est sûre, s’il y a bien quelqu’un que M. et Mme Aubert n’ont jamais vu, c’est bien Marie-Dolorès Rambla. Sinon, ils auraient prévenu les gendarmes bien plus rapidement, y compris le 4 juin, et le corps de l’enfant aurait été découvert dès la journée du 4 juin et non pas dans l’après midi du 5.

      « Son ravisseur ouvre la sienne la rattrape et se précipite dans les fourrés. »

      Il est sûr qu’une scène de cet ordre s’est bien déroulé – sans la Simca qui ne devait pas stationner à cet endroit, mais sans doute beaucoup plus tôt. Et lorsque M. Aubert s’est arrêté sur le petit terre-plein, l’enfant était morte depuis un moment. Même si cet homme rodait encore à côté.

      « Quand les Aubert débouchent C’est la scène qu’ils voient de loin. Peut-être même la fillette a t-elle couru vers eux. »

      Ils ne disent rien de tel, ils énoncent que l’enfant montait de son plein gré, qu’elle n’avait pas peur. Enfin, toutes choses incroyables et invraisemblables. Et si l’on s’en tient à ce qu’Alain Aubert décrit aux gendarmes et qui est bien mieux crédible et sans doute proche de la vérité, dans cette scène, il y a un homme certes, aperçu furtivement lorsqu’ils débouchent du virage, mais il n’y a pas d’enfant.

      De même, les traces qui demeurent indiquent que l’enfant a tenté de fuir depuis la route vers le talus, on aperçoit une empreinte, elle perd son sabot que l’on retrouve à cet endroit, rien n’indique qu’elle ait eu à quelque moment que ce fût le temps de redescendre pour chercher du secours. Et vraisemblablement se trouvait-elle seule avec son ravisseur à ce moment.

      « Ils ont paniqué et sont resté pétrifiés. Alors ils ont fait demi-tour et sont allés donner le numéro qu’ils avaient relevé au début de la poursuite à monsieur Martinez sans oser parler de leur non assistance à enfant en danger. »

      Ce n’est pas ce que M. Aubert dit par téléphone aux gendarmes et on ne voit pas pour quelle raison ils ne révèlent rien de tout cela lorsqu’ils apprennent qu’une enfant a été enlevée la veille. C’est la faille de cette hypothèse qui fait qu’elle tombe.

      Non, une chose est sûre, quand ils arrivent, l’enfant est déjà morte. Et M. Aubert perçoit certes quelque chose d’inquiétant, mais cela provient du fait que l’homme qu’il a entr’aperçu ne se montre pas quand il l’appelle et qu’on pressent à lire la retranscription qu’en font les gendarmes, que le fait de « n’entendre aucun bruit » pouvait laisser planer une ombre terrible sur la scène, sans que rien n’y paraisse.

      « Ce qui explique qu’ils n’ont appelé qu’à 15 h le lendemain (La nuit a dû être difficile). »

      M. Aubert ne pouvait pas appeler plus tôt car le motif qu’il donne de joindre la Maréchaussée, c’est d’avoir appris par la radio l’annonce de l’enlèvement. Mais il reste extrêmement vague et ne dit pas qu’il a vu une petite fille, il parle seulement d’un « paquet assez volumineux » que cet homme qu’il a juste entrevu l’espace d’une seconde transportait. On ne comprend pas, dès lors, si la nuit était si « difficile », pour quelle raison il n’évoque pas l’enfant, d’autant que le motif de son appel est justement le lien qu’il pense devoir établir dans son esprit avec l’enlèvement.
      Il lui suffisait de dire à cet instant aux gendarmes : j’ai bel et bien vu l’enfant, et aussitôt ceux-ci déployaient un escadron pour retrouver sa trace, or ils se contentent d’envoyer 4 hommes dans une estafette le 4 juin au soir, qui ne trouvent rien.

      « À noter que les premiers coups portés à la fillette le sont avec des pierres tranchantes et non avec le couteau de Ranucci… »

      Je ne vois pas en quoi cette annotation renforce la thèse qui est proposée.

      En vérité, et c’est le développement qui reste à publier notamment, nous sommes victimes d’une sorte d’illusion. Et cette illusion persiste dans notre esprit parce qu’on voudrait que tout se passe dans un seul instant et au même endroit. Mais de tout ceci il n’est rien.

      Rien ne corrobore en vérité que la petite fille soit descendue de la Simca à cet endroit précisément. Tout démontre par ailleurs le contraire. Ses jambes sont couvertes de griffures, c’est donc qu’elle a parcouru un trajet assez long à pied, dans la garrigue, avant de parvenir sur le talus. C’est donc que la Simca ne se trouvait pas sur la nationale et qu’elle était cachée dans un chemin de traverse comme l’on peut penser si l’on imagine qu’un ravisseur ayant de mauvaises intentions recherche un endroit moins fréquenté qu’un bas-côté de route nationale pour agresser l’enfant.

      Cette démonstration sera l’objet d’un prochain chapitre.

      La suite au prochain numéro.

      P.S. : Le couteau à cran d’arrêt n’appartient pas à Christian Ranucci mais, selon toute vraisemblance, à l’homme au pull rouge.

      • Astagneau

        Pourquoi le couteau appartiendrait-il à l’homme au pull-over rouge ? Pour moi, cette histoire de couteau m’a toujours un peu dérangée, comment Ranucci a pu donner l’indication exacte du lieu où se trouvait le couteau s’il n’était pas à lui ?

        • Parce qu’il est bien probable qu’en réalité le couteau a été retrouvé le 5 juin, alors que Christian Ranucci n’était pas encore arrêté.
          En fait, il est bien probable que le chien pisteur a fait un détour et s’est approché de l’amas de tourbe. Il apparaît que les gendarmes étaient en possession du détecteur de métaux dès le 5 juin, et il est naturel qu’ils l’aient passé là où le chien venait flairer.
          Donc comme le chien pisteur ne peut pas suivre une autre piste que celle du pull (il n’y a rien d’autre qui puisse servir de marqueur), c’est donc qu’il y a un lien entre les deux.

          On fait avouer Christian Ranucci le 6 juin, on lui fait dire qu’il a caché le couteau et on va ensuite le replanter pour que les gendarmes en fait le découvrent une deuxième fois. C’est expliqué en détail sur le blog avec les pièces faisant foi.

          De tous les éléments matériels de ce dossier, il n’y en a pas un qui n’ait pas été manipulé : le plan : un décalque d’une photographie du cadastre, le pantalon etc… Au fil du blog tout est démonté…

          • Astagneau

            Merci pour votre réponse, effectivement, je suis tombé un peu au hasard sur cette page, et j’ai découvert ce blog hors norme, je vais maintenant prendre le temps de lire chaque article pour éclairer un peu mes lanternes.. !

            Je viens de lire le livre de Gilles Perrault qui m’a profondément touché, cependant il me reste quelques zones d’ombres, qui seront peut être ici détaillées…

          • Merci…

            Disons que le forum auquel nous avons été nombreux à participer a aidé à éclaircir ce qui restait de ténébreux dans le livre paru en 1979 : le pullover rouge. Depuis sa rédaction des éléments nouveaux sont d’ailleurs apparus : Gilles Perrault a retrouvé depuis le témoin de l’accident avec le chien à Marseille le 2 juin à 20h, qui s’appelle M. Moussy et qui a confirmé avoir été contacté par les enquêteurs, alors que cela n’apparaît pas dans la procédure.
            Gilles Perrault n’avait pas non plus connaissance à l’époque du fait que la pièce de saisie des objets du coffre de la 304 était un faux, ce qu’a découvert une secrétaire du cabinet de Jean-Denis Bredin je crois, etc.

          • Astagneau

            Mais oui, le 05 juin, un procès verbal a été établi par l’inspecteur Porte, reconnaissant lui-même la découverte d’un couteau. Simple erreur de frappe ? ou énormissime étourderie…

          • Le procès-verbal que vous évoquez date en réalité du 6 juin 1974 et il a été tapé à 17h30, tandis que le couteau n’a été découvert qu’à 20h ce même jour.

            Pourquoi ce document a-t-il été tapé à ce moment là ? En réalité, il n’y avait aucune raison de le faire de façon si précipitée puisqu’en fait les scellés ne seront remis au greffe du Tribunal de Grande Instance de Marseille que 15 jours après.

            Si l’on en cherche la raison, c’est sans doute du côté du pantalon qu’il faut chercher. En effet, à part le procès-verbal de saisie des objets qui se trouvaient – ou étaient sensés se trouver – dans le coffre de la 304 – dont on sait aujourd’hui qu’il s’agit d’un faux, il n’y avait rien dans le dossier pour entériner la présence du pantalon, d’où cette précipitation à créer une pièce de recollement des scellés qui viendrait étayer la présence dudit pantalon – ce qui aujourd’hui pose beaucoup de questions.

            Notamment par exemple, par le fait qu’il y est écrit : « un pantalon de couleur sombre » au lieu de « un pantalon bleu foncé » qui laisse suggérer avec insistance que le pantalon ne se trouve pas encore à l’évêché, et que sa couleur reste une supputation…

            Seulement, en pressant les choses, l’inspecteur Porte fait figurer également par mégarde le couteau tandis que, selon la chronologie officielle, il n’aurait pas dû s’y trouver, et qui révèle une première fois qu’il est bien probable que le couteau a été saisi le 5 par les gendarmes à la suite d’une indication du chien pisteur et non pas le 6 en suivant les aveux de Christian Ranucci.

          • astagneau

            Je vous remercie pour vos réponses, toujours très cohérentes. Et c’est là que me rends compte que je connais très très mal le dossier !

            Pourriez vous me conseiller certains livres qui vous paru interessants à ce sujet ? je pensais à « l’ombre de Ranucci », qui relate notamment la découverte d’éléments nouveaux dans l’enquête.

            Merci d’avance !

          • Je pense que s’il y a un livre à lire, c’est « écrits d’un condamné« , car le fait de connaître ce que Christian Ranucci écrivait à sa mère révèle beaucoup de sa personnalité : un jeune homme parfaitement normal, qui avait des liens sympathiques et empathiques avec elle et surtout, s’agissait-il de personnes ouvertes sur les autres, accueillantes et bienveillantes. Bien loin du prétendu « monstre » que le commissaire Alessandra a jeté en plein procès comme au théâtre grand-guignol.

            « Ranucci 20 ans après » est intéressant de par notamment le texte écrit par Mme Mathon, ceux de Gilles Perrault et de Maître le Forsonney le sont tout autant et surtout la troisième requête en révision y figure en entier ainsi que la navrante et totalitaire réponse de la Cour de cassation.

            Et puis, il est intéressant de lire le livre de Gérard Bouladou « autopsie d’une imposture » pour connaître le point de vue des enquêteurs et comment on peut tenter de faire tenir l’accusation…

            Bien entendu le texte de Gilles Perrault est comme d’habitude décisif et intéressant, mais si j’écris ce blog, c’est pour donner un point de vue encore différent, qui ne se trouve dans aucun des livres disponibles et par lequel je souhaite, profitant de ce que j’ai connu de Jean-Marc Deperrois et Daniel Massé, par quoi j’ai pu mieux comprendre le fonctionnement de cette institution redoutable, bâtir une cohérence pour souligner tout ce qui a été apporté par (dans le désordre) Dalakhani, Philippe, Lydie, Ludivine, Michel,Jean-Pascal, Bruno et tous ceux que j’oublie, qui ont tous apporté leur contribution (souvent décisive) au forum « Ranucci peut-on douter« … Et qui fait que l’on peut aujourd’hui aller beaucoup plus loin dans la compréhension de cette affaire.
             

      • « En vérité, une chose est sûre, s’il y a bien quelqu’un que M. et Mme Aubert n’ont jamais vu, c’est bien Marie-Dolorès Rambla. Sinon, ils auraient prévenu les gendarmes bien plus rapidement, y compris le 4 juin, et le corps de l’enfant aurait été découvert dès la journée du 4 juin et non pas dans l’après midi du 5. » Comment expliquer, dès lors que soient mobilisées, le 5 juin, à 13H15, 50 gendarmes venant des brigades environnantes, sur la base d’indices concordants (cf rapport du 7 juin) c’est-à-dire la présence d’un enfant aux côtés de l’homme qu’ils voient s’enfuir ?

        • Soit vous êtes un ignorant, soit vous avez décidé de vous moquer de moi, dans les deux cas, j’en ai ras la casquette. Vous trouverez dans le corps de l’article la réponse à cette question. Les gendarmes ne bougent pas la journée du 4 pour deux raisons : les policiers cherchent une Simca 1100 alors que l’accident met en cause une Peugeot 304 et M. Martinez a dit que Christian Ranucci était seul à bord et personne n’a parlé d’une petite fille, sinon vous pensez bien que le 4 dans l’après-midi, les 50 gendarmes auraient été réquisitionnés. Ils ne le sont que la journée du 5 parce que M. Martinez les appelle le matin vers 10 heures et leur dit : je ne suis plus sûr de moi, il y avait peut-être une petite fille à bord. Et donc là, branle-bas de combat, les gendarmes se disent, c’est dans le trajet de l’enlèvement, si jamais la gamine avait été dans le véhicule, il faut qu’on en ait le cœur net, ils rappellent Aubert qui n’avait parlé que d’un paquet et on lui demande plus précisément la position de la voiture, on réquisitionne 50 gendarmes et on fait une battue l’après-midi et on se rend là ou Guazzone a dit que la voiture avait été embourbée et c’est là que l’on trouve le pull rouge et le couteau dans la tourbe parce que le chien a dû faire un détour sur le terre-plein. En quelque sorte, c’est sur une hypothèse que formule M. Martinez que les gendarmes se déplacent. Ni M. Martinez et moins encore sa compagne n’ont vu d’enfant dans la voiture. Je maintiens que cette enfant était morte depuis trois quarts d’heure lorsque Christian Ranucci s’est garé et que M. Aubert l’a rejoint. Et faite votre blog pour expliquer votre version. Toujours les mêmes questions qui ont déjà leur réponse.

          • Il y a pourtant un télégramme du 5 juin d’un enfant qui a été signalé par les témoins de l’accident. Ce télégramme est émis entre 15h45 et 18h le 5 JUIN et surtout il émane du SRPJ de Marseille. Si des recherches ont été effectuées le 4 juin, pourquoi n’y-a-t-il rien d’indiqué dans le PV de constatations sur cette journée du 4 juin ? Pourquoi les gendarmes ne disposent pas de main courante des Aubert sur ces coups de téléphones. Pourquoi le rapport précise que personne ne se trouvait dans la Peugeot 304 ?

            Voilà des questions qui méritent réponse.

    • Vous parlez d’une Simca grise !! La gamine serait venue vers eux. Alors comment un tel drame a t’il pu se produire ? Il suffisait de suivre l’assassin dans le bois et rien ne serait arrivé ? Alors les Aubert sont tacitement…. responsables de la mort de cette enfant !!! Pour ma part l’assassin s’appelle ….RANUCCI CHRISTIAN !

      • C’est le dossier lui-même qui parle d’une Simca 1100 grise quatre portes par l’intermédiaire du témoignage d’un garagiste. Qui cite cette marque spontanément, personne ne le lui a soufflé. Et ceci est confirmé par Jean Rambla lui-même qui le dit à plusieurs journalistes en montrant une Simca 1100 utilisée par les policiers à cette époque. Donc la voiture de l’enlèvement est une Simca 1100, pas une Peugeot. Personne, ni Jean Rambla, ni Eugène Spinelli ne parlent d’une Peugeot et Jean Rambla à qui l’on montre le véhicule de Christian Ranucci ne le reconnaît pas. On ne songe pas à le montrer à M. Spinelli – il est vrai qu’il a été rendu le 6 à Madame Mathon qui ne sait pas conduire.

        Si le couple Aubert avait effectivement vu l’enfant à 2 mètres comme ils le prétendent aux policiers, celle-ci se serait précépité vers eux en criant au secours. Mais ce n’est pas cela la vérité de ce meurtre – et non pas assassinat car la préméditation n’a pas été retenue – la vérité c’est que Marie-Dolorès Rambla est enlevée vers 11 heures et donc à 11h30 elle est sur les lieux – et nous déduisons d’un certain nombre d’éléments que la Simca s’est arrêtée chemin de la Doria et non pas sur une nationale au vu et au su de tous ceux qui passaient. A 12h le criminel a rattrapé l’enfant qui a surgi sur la nationale et a tenté de traverser et l’a tuée. Il était midi, pas une heure. Quand M. et Mme Aubert arrivent sur les lieux cela fait trois quart d’heure que l’enfant est morte et le personnage qu’ils aperçoivent près de la Simca est le meurtrier qui est train de vouloir cacher ses vêtements inondés de sang. Christian Ranucci est dans la Peugeot, terrassé par sa nuit blanche. Tout autre scénario ne tient pas.

        • Donc il y aurait eu la Simca qui est devant la Peugeot ou Ranucci dort ? Ok mais alors pourquoi prendre le numéro de la Peugeot et pas celui de la….Simca ?

          • Mais qui vous dit que la Simca se trouve sur la nationale ? Personne. La Simca ne se trouve pas sur la nationale – personnellement je pense qu’elle se trouve sur le chemin de la Doria (voir autres chapitres) et que la petite est sortie et s’est enfuie depuis le chemin de la Doria et elle a rejoint la nationale. Donc les Aubert ne voient que la Peugeot. Cela me semble simple et clair. Cependant il ne voient pas Christian Ranucci affalé à l’intérieur.

        • Et je rappelle que M. Vincent Martinez a noté du numéro,
          1369 et le 06. Il ne se souvenait simplement pas des deux lettres (SG).

          • Je ne vous contredirai pas sur ce point. Il ne fait aucun doute que M. Aubert a bien vu la Peugeot de Christian Ranucci garée à cet endroit. Donc il a pris le numéro de la Peugeot bien sûr. Mais rien ne dit que la petite fille est encore en vie, sauf leurs élucubrations devant les policiers. Rien ne dit que la petite fille est descendue de la Simca à cet endroit, qu’elle y soit parvenu à pied c’est l’évidence. Mais d’où venait-elle ? On ne sait pas. Ou plutôt, vu les éléments du dossier, du chemin de la Doria.

          • Ok. Moi, je cherche simplement à comprendre, et dans toute cette histoire , ce qui e pose le plus de problème, ce sont les Aubert ! Je ne les accuse pas : ils ont dû subir des pressions. On leur a peut-être suggéré des réponses ? Ils ne le reconnaissent pas au tapissage mais le reconnaissent quand on le leur présente personnellement ! Déjà est-ce bien déontologique de le présenter de cette façon ?

          • Ce qui n’est pas déontologique, c’est de ne pas pouvoir disposer d’un procès-verbal qui en rendre compte.

        • Bonjour, à mon avis , cela tient à cent pour cent, et la police recherche un coupable et non le coupable, les Aubert ont été manipulés à l’insu de Ranucci inconscient qui dormait profondément dans sa Peugeot, les Aubert ont bien aperçu le seul vrai coupable sans pouvoir l’identifier à la police, non accompagné de l’enfant qui était déjà mort, et que Ranucci était un coupable trop facile pour boucler l’affaire.

  4. Goujon jean

    Précisions : Madame Aubert a dit elle même : »Nous étions derrière lui puis il a accéléré et nous l’avons perdu de vue. » Il est vrai qu’il me paraît plus probable qu’elle ait demandé à son mari de ralentir ayant pris le numéro. Au demeurant, c’est Ranucci lui même dans son livre qui dit qu’il a directement été à un chemin et qu’il a levé une barrière … C’est logique, on ne s’endort pas sur un bord de route à 1 km du lieu où l’on vient de causer un accident. Tous les mots des Aubert sont suspects parce qu’ils ont vu de loin une fillette qui s’enfuyait, qu’un homme l’a rattrapée et l’a emmenée de force dans les talus. Mais ils ont vu ça à 100 m sans oser intervenir et c’est bien là le problème. Ils ne savent plus ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire parce qu’ils se savent un peu coupables. D’où l’histoire du paquet… Monsieur Aubert a toujours dit que la porte avant droit et la porte avant gauche de la voiture devant lui se sont ouvertes. La portière conducteur de Ranucci étant bloquée, ce n’est donc pas de sa voiture dont il s’agit. Donc la Simca était bien là à ce moment… Quand au couteau il n’a servi qu’après les coups de pierres tranchantes ce qui est capital.

    • admin

      Vous dites :
      Précisions : Madame Aubert a dit elle même : »Nous étions derrière lui puis il a accéléré et nous l’avons perdu de vue. » Il est vrai qu’il me paraît plus probable qu’elle ait demandé à son mari de ralentir ayant pris le numéro.

      Ces assertions sont contredites par le témoignage de M. Aubert. Les procès-verbaux des gendarmes ont un mérite, ils sont rédigés par des militaires qui savent exactement comment il faut faire pour que ce soit clair, net, et précis. Ils écrivent :

      « À environ un kilomètre du carrefour, à partir de la partie d’un virage, [M. Aubert] apercevait à environ 100 mètres le véhicule gris arrêté en bordure de la route, tandis qu’un homme jeune gravissait le remblai et s’enfonçait dans les fourrés en tirant un paquet assez volumineux. »

      M. Aubert n’a, à ce moment là, aucune raison de mentir ou de déformer la vérité. Donc pourquoi se perdre dans des élucubrations qui n’ont aucun intérêt ? Les Aubert ont noté le numéro parce qu’ils ont vu la voiture à l’arrêt, tout simplement.

      On peut toujours inventer, mais cela ne sert pas à grand chose, donc je vous suggère de reprendre le dossier sérieusement et de mieux l’étudier avant de divaguer inutilement.

      Vous continuer dans le même registre où l’on se met à inventer à force d’oublier de quoi est fait le dossier :

      « Au demeurant, c’est Ranucci lui même dans son livre qui dit qu’il a directement été à un chemin et qu’il a levé une barrière … C’est logique, on ne s’endort pas sur un bord de route à 1 km du lieu où l’on vient de causer un accident. »

      C’est rigoureusement inexact, le seul moment où Christian Ranucci parle du fait qu’il a roulé jusqu’à atteindre une barrière, c’est en garde-à-vue parce qu’il ne veut pas dire qu’il est tombé quasiment dans le coma, qu’il ne sait pas ce qu’il lui est arrivé ensuite et qu’il ne sait pas expliquer comment il s’est réveillé dans un tunnel.

      Attendu que lors de sa garde-à-vue, il raconte strictement n’importe quoi, tout sauf la vérité, on ne peut s’appuyer sur aucune phrase rédigée par les policiers, strictement aucune. Ce n’est que du roman, avec en plus flopées d’incohérences.
      Il a passé la nuit à boire et la matinée à prendre son père à parti, certes, comme il dit, il était à midi déjà vaporeux : « absolument pas clair », mais l’accident : « l’a achevé » et donc il s’est arrêté sur le bord de la route et il s’est évanoui.
      C’est ce qu’il dit, mais cela concorde et on ne voit pas dès lors pourquoi il faudrait le remettre en cause. La barrière en revanche, le récit télescope les distances et le temps et il est en conséquence parfaitement incohérent.

      « Tous les mots des Aubert sont suspects parce qu’ils ont vu de loin une fillette qui s’enfuyait, qu’un homme l’a rattrapée et l’a emmenée de force dans les talus. Mais ils ont vu ça à 100 m sans oser intervenir et c’est bien là le problème. Ils ne savent plus ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire parce qu’ils se savent un peu coupables. »

      Je viens d’expliquer que ce n’est pas possible, sinon M. Aubert aurait signalé aussitôt aux gendarmes la présence de l’enfant – puisque c’est lui qui prend l’initiative d’appeler la gendarmerie et qu’il le fait à la suite d’avoir pris connaissance de l’enlèvement de Marseille, même sans s’appesantir, et le corps aurait été retrouvé le 4 au soir et non pas le lendemain. Donc l’hypothèse que vous formulez s’écroule. Il y a lieu par conséquent de tout reprendre en cherchant à trouver une solution qui prenne en compte l’ensemble des éléments et n’en contredise pas d’autres. Je ne vois pas l’intérêt de cela sauf à saboter la vérité, puisqu’au bout du compte tout s’embrouille.

      « D’où l’histoire du paquet…  »

      Alors si je comprends bien votre raisonnement : il a vu une petite fille et, pris de remords, il téléphone à la gendarmerie quand il apprend son enlèvement possible, mais il ne dit surtout pas qu’il a vu une enfant, comme cela on ne va pas la rechercher et s’il évoque un paquet, c’est pour dissimuler ce pourquoi justement il appelle.
      Soyons sérieux deux minutes.

       » Monsieur Aubert a toujours dit que la porte avant droit et la porte avant gauche de la voiture devant lui se sont ouvertes. »

      Tout ceci est parfaitement inexact à force d’imprécisions.
      Le 4 aux gendarmes, il ne parle nullement de portes, il ne s’est pas approché de la voiture, elle était à 100 mètres de lui et il a vu furtivement un homme qui – les termes des gendarmes sont extrêmement clairs et précis – « gravissait le remblai ». Donc cet homme ne se trouvait pas à côté de la voiture.
      Donc vous écrivez des choses malheureusement fausses et inutilement confuses. De plus, quand il se met à raconter n’importe quoi sous la pression des policiers de l’Évêché, M. Aubert explique qu’il a vu un homme tirer un enfant de la voiture. Donc la porte passager était ouverte, mais pas la porte conducteur. Son récit devant les policiers est incohérent puisque la voiture de Christian Ranucci étant accidentée, celui-ci ne pouvait pas en sortir pour aller extirper de l’habitacle un passager de l’autre-côté.

      Donc je vous suggère là encore de reprendre le dossier et de l’examiner beaucoup plus attentivement avant d’essayer de formuler des hypothèses.

      « La portière conducteur de Ranucci étant bloquée, ce n’est donc pas de sa voiture dont il s’agit.  »

      J’ai envie de vous dire : comment peut-il se faire que M. Aubert n’a pas remarqué que le numéro minéralogique avait changé radicalement ? Surtout si ce témoin se trouvait aussi près. En vérité, c’est bien le coupé Peugeot que M. Aubert a vu arrêté. Et cela correspond avec ce que décrit Christian Ranucci : s’être arrêté au bord de la route et s’être effondré de fatigue et d’alcool. Pour une fois, deux témoignages concordent parfaitement, il est alors tout de même bien difficile d’inventer autre chose.

      « Donc la Simca était bien là à ce moment…  »

      C’est tout de même ennuyeux, elle était là, à quelques encablures de M. Aubert avec ses quatre portes, mais M. Aubert ne la voit pas et se met à la confondre avec un coupé deux portes. Il y a un prodige quelque part… Ou alors on nous a caché que M. Aubert, et madame, avaient en réalité trop bu l’un et l’autre.

      • Astagneau

        Tout à fait d’accord avec vous, c’est comme ça que les fausses rumeurs voient le jour et une fois que la machine est lancée, il est souvent trop tard pour revenir en arrière… Merci pour la mémoire de Ranucci de ne pas « inventer » une toute autre version, plus diabolique encore que les autres, je pense qu’il y en a eu assez.

      • Jean Goujon

        Monsieur Aubert étant resté à 100 m , il n’a pas pu voir le numéro minéralogique et à 100m on peut confondre une auto surtout si l’on est dans l’émotivité , ce qui était le cas des Aubert .

        • Je ne sais pas si on peut dire qu’ils se trouvent placés dans une situation qui exacerbe leur émotivité. Ils partent à la recherche d’une voiture dont ils possèdent le signalement et une partie du numéro d’immatriculation, selon ce que leur a transmis M. Martinez.

          On peut donc supposer que si M. Aubert ne pouvait lire le numéro de la plaque minéralogique, il se serait approché, au moins à pied puisqu’il est visiblement sorti de son véhicule.

          Il n’y a donc aucune raison de penser que M. Aubert a pu et s’est trompé de voiture et qu’il n’aurait pas vu le coupé Peugeot ni déchiffré la plaque d’immatriculation 1369SG06.

          Il demeure que la voiture du ravisseur, si l’on s’en tient à la simple logique ne se serait pas trouvée garée dans un endroit aussi fréquenté.

          • Jean Goujon

            Même logique pour Ranucci : pourquoi prendre la fuite après l’accident si c’est pour se garer bien en évidence sur le bas-côté ?
            Si le ravisseur roule doucement vers la champignonnière et qu’il se range sur le bas-côté pour laisser passer Ranucci, il se peut que l’enfant ait tenté de s’enfuir, ce qui l’a obligé à sortir en urgence de son véhicule pour l’emmener sur le talus où il l’assomme à coups de pierres avant de redescendre pour aller mettre sa voiture plus loin.
            Quand aux Aubert, je pense qu’il ont pris le numéro d’immatriculation au début de la poursuite avant de ralentir (Voir le livre de Gilles Perrault).

          • Il existe une différence considérable entre Christian Ranucci et le ravisseur au pull rouge. Le second est déterminé par ses pulsions et le fait qu’il a enlevé une enfant.
            Christian Ranucci explique très bien la raison pour laquelle il s’est arrêté : il n’avait pas dormi de la nuit, il avait trop bu et l’accident l’a achevé, il s’est garé sur le bord de la Nationale en s’étant aperçu que personne ne le poursuivait – et c’est bien le signe qu’il ne transportait nul enfant dans sa voiture – pour aussitôt tomber évanoui au point que l’on peut envisager l’équivalent d’un coma éthylique.

            Vous défendez un scénario qui voudrait que l’enfant soit encore en vie lorsque Ranucci occasionne l’accident de la Pomme. Ce n’est pas mon point de vue, et cela ne peut pas l’être pour une bonne et simple raison, c’est qu’il n’y a aucune trace de sang dans la voiture, c’est donc que le ravisseur a tué l’enfant bien avant midi, sinon le coupé Peugeot en aurait été éclaboussé. Vous tentez de trouver une logique à une mise en scène qui me semble bien compliquée sans qu’elle puisse fonder un bloc de cohérence.

            Non la Simca n’est pas sur les lieux, elle se trouve dans le chemin de la Doria. Le personnage que croit apercevoir Alain Aubert, tirant un paquet, est à nul doute l’homme au pull rouge, mais c’est bien la Peugeot qu’il contemple en face de lui, dont il recopie le numéro minéralogique, sans savoir que Christian Ranucci gît à l’intérieur, inconscient.

    • Ce n’est pas d’accord pour la simca 1100 !! C’est bien la voiture de Ranucci et c’est bien lui qui s’enfuit dans le bois !! Mais d’accord avec vous pour dire que les Aubert se sentent responsables. Ils n’avaient qu’a suivre l’assassin et rien ne serait arrivé !!!

      • En réalité si l’on examine les éléments, vous n’avez rien qui permette de prétendre que c’est Christian Ranucci qui s’enfuit – rien. Il n’y a que le témoignage des Aubert qui ne disent pas la vérité et qui ne se sont pas approchés de la voiture. Et s’ils avaient vu une enfant, dès le 4, on retrouvait le corps. On ne le trouve que le 5 parce que M. Aubert a vu quelque chose d’inquiétant certes : un homme deux secondes qui s’enfuit et qui ne répond pas quand on l’appelle, mais c’est tout. Quant à dire qu’ils n’avaient qu’à suivre le meurtrier – je rappelle que la préméditation n’a pas été retenue qui différencie l’assassinat du meurtre en droit – vous supposez que le meurtre a lieu à 13h00, ce que rien ne vient corroborer et surtout pas l’heure de l’enlèvement 11 h 00 et le temps de se rendre sur les lieux : 30 minutes. Il existe un problème de décalage de 1 heure et demi tout de même. Et le fait même que vous puissiez vous interroger sur l’inaction des Aubert démontre que la scène n’est pas celle qu’ils décrivent aux policiers : s’ils avaient vu un enfant d’aussi près, elle se serait précipité vers eux et ils l’auraient suivie.

  5. Goujon jean

    Voir pourquoi à la rubrique couteau . Enfin il est peu pensable qu’un ravisseur prenne le risque de brûler un stop avec sa victime à bord alors qu’il n’ est pas poursuivi .

    • admin

      Et de conduire de plus en état d’ébriété.
      Voilà pourquoi les policiers se sont arrangés pour dissimuler sa nuit à parcourir les bars du quartier de l’Opéra et qu’ils lui ont fait dire qu’il avait dormi à Salernes : si l’on avait su qu’il sortait d’une nuit blanche dans un état alcoolisé, l’enlèvement devenait improbable.

      • Astagneau

        Et pourquoi ?

        • Enlever une gamine tout en étant éméché et pas clair dans sa tête… Il y a quand même un problème.
          Et qui ne correspond pas au témoignage de Jean Rambla qui ne parle pas d’un homme ivre ou pris de boisson…

          • Astagneau

            Dommage, ceci aurait constitué peut être une circonstance atténuante au procès… Je veux dire, le fait qu’il soit alcoolisé, car je pense les 2 compatibles… certaines personnes tiennent très bien l’alcool. Après faut voir le nombre de grammes dans le sang.

          • Je crois qu’il faut considérer une dualité qui est fondamentale pour comprendre ce qui s’est passé lors du procès.
            Lorsque l’on évoquait l’enlèvement, les images qui venaient à l’esprit étaient celles de quelqu’un qui, par préméditation et par ruse enlève une enfant avec une pulsion sexuelle irrépressible… Et il ne pouvait s’imaginer en conséquence aucune circonstance atténuante.
            Et puis, pour faire tenir les aveux, il y avait ce que les enquêteurs avaient littéralement inventé : Christian Ranucci enlèverait une enfant pour « se promener », sans autre intention que de s’offrir une compagnie. Et qui de surcroît aurait pu être sous l’emprise de l’alcool.
            Comme cette seconde version ne cadre nullement avec les témoignages et n’a d’ailleurs aucun sens, c’est la première qui se fixe et s’imprègne à l’esprit des jurés.
            Il n’y avait donc aucune espèce d’échappatoire possible. Et ceux qui s’imaginent qu’il aurait suffi que Christian Ranucci fasse comme Rudolph Slansky, et accepte comme ce dernier le fit à Prague en 1953 de réciter sagement des aveux et des contritions appris par cœur pour sauver sa tête, il suffit de comprendre que les jurés ont en tête cette première version, et que des procès de Prague, il en résultat 14 exécutions par pendaison – dont Slansky
            et 3 condamnations à perpétuité, pour comprendre que cette supputation n’a aucun sens.

    • Jean Goujon

      Ranucci a reconnu que le couteau était bien à lui (Voir livre de Mr le Forceney (sic il s’agit en réalité de Maître Jean-François le Forsonney – NDWM) ).
      Donc si l’assassin a bien assommé la fillette avec des pierres, les blessures provoquent des contusions et des hématomes.
      C’est pour ça qu’il n’a pas mis de sang dans la voiture de Ranucci quand il est monté dedans près de la champignonnière pour garer le véhicule à l’intérieur du tunnel.
      Il a pu voler le couteau à ce moment là pour aller achever sa triste besogne.
      C’est la raison pour laquelle il est revenu planter l’arme du crime en laissant la lame tachée de sang dans un tas de tourbe près de l’entrée du tunnel afin d’incriminer Ranucci.

      • Décidément vous avez décidé que mes explications seraient agrémentées de vos élucubrations – car il s’agit bien de cela. Et je peux supposer même qu’il s’y dissimule de mauvaises intentions : faire le brouillard afin que l’on n’y comprenne plus rien.

        Le site explique que la preuve du couteau est truquée. Celui-ci a été retrouvé le 5 dans la tourbe par les gendarmes, alors que Christian Ranucci n’était même pas encore arrêté. Et pour bâtir une preuve, on l’a replanté le lendemain pour faire croire que ce couteau appartenait à Christian Ranucci puisqu’on pouvait dire que cette arme avait été découverte d’après les indications de ses aveux.

        Ainsi, Christian Ranucci ne pouvait pas y comprendre grand chose et il ne pouvait pas imaginer que des policiers puissent commettre une telle forfaiture. En conséquence ce qu’il dit à son avocat n’a – à ce propos – aucun intérêt et le rôle des avocats dans cette affaire n’est pas celui des chevaliers blancs et il sera assez simple de le démontrer : comment se fait-il que, dès que l’on parle du couteau, les avocats sont aux abonnés absents ? Ce jeune homme risque la peine de mort et ils ne sont pas présents dans le bureau de la juge d’instruction alors qu’ils ont été dûment convoqués ?
        Cela tient de la faute professionnelle.

        Lorsque Christian Ranucci découvre le couteau lors des assises (il ne lui a été présenté que le lendemain des aveux, alors qu’il était dans le choc de l’arrestation), il comprend à ce moment que ce couteau ne peut pas lui appartenir. Et il l’affirme avec force.
        Il le réaffirme ensuite dans son récapitulatif.
        Ce qu’il dit à son avocat avant d’avoir vu le couteau n’a donc strictement aucun intérêt.

        Ce que vous imaginez partant de là est très compliqué, vous avez tout de même le don d’aller chercher midi à quatorze heures : s’il plante l’arme dans la tourbe pour la cacher, c’est bien qu’elle lui appartient, nul besoin d’inventer qu’il pensait « incriminer » Christian Ranucci – s’il s’agissait de cela, il n’aurait pas déplacé la voiture.

        Il est démontré par ailleurs que ce sont les coups de couteau qui ont provoqué la mort et donc des flots de sang ont bien jailli et donc il est sûr que la scène du crime se situe, dans le temps, bien avant que la voiture de Christian Ranucci ne soit présente sur les lieux.

        • Jean Goujon

          Je suis convaincu de l’innocence de Ranucci. Ce qui me gène dans votre scénario, c’est qu’un assassin traîne près des lieux de son crime, qu’il prenne le risque insensé de descendre du talus vers la voiture d’un inconnu au lieu de disparaître, qu’il laisse son couteau sur place au lieu de le jeter à des km . ..
          Bien entendu ce sont les coups de couteau qui ont donné la mort mais l’assassin a bien utilisé des pierres avant. Je pense que ma version est aussi plausible que la votre.

          • Si Christian Ranucci avait aperçu Alain Aubert et sa voiture, nul doute qu’il aurait fini par le reconnaître, puisqu’il avouait.

            De la sorte, nous sommes contraints de penser que ce n’est pas Christian Ranucci qu’Alain Aubert aperçoit. De là à imaginer qu’Alain Aubert se méprendrait sur la voiture, il y a un pas.

            Cet homme au pull rouge a donc pris le risque insensé de descendre du talus et de s’approcher de la voiture arrêtée puisque M. Aubert dit l’avoir aperçu l’espace d’une seconde. Il s’agit vraisemblablement de l’assassin puisque celui-ci ne daigne pas redescendre quand on l’appelle et quand on lui parle d’accident.

            En conséquence, force est de constater que cet homme n’a pas disparu des lieux tout aussitôt. Force est de constater qu’il n’a pas non plus emporté le corps dans la simca, ce qui aurait évité qu’on le découvrît, force est de constater qu’il abandonne négligemment son pull rouge derrière une planche, ce qui forme un indice de première grandeur, et qu’il plonge son arme dans un tas de tourbe en passant.

            Force est de constater, si l’on en croit le témoignage de Mme Mattéi, que non seulement cet homme prend le risque insensé d’enlever un enfant à la cité des Tilleuls le samedi matin, mais plus encore qu’il s’approche de Mme Mattéi alors qu’elle attend sa fille à la sortie du collège le midi même – sans doute parce qu’il l’a aperçue regarder par la fenêtre sa tentative d’agression – et qu’il lui parle d’une fillette qu’il chercherait et à qui il dit qu’il « s’arrête. »

            Voilà bien un comportement insensé.

            Et pourtant il faut bien constater que c’est ainsi que les témoignages le dessinent. Il n’a pas froid aux yeux.

      • Le meurtrier a donc pris le couteau dans la poche de Ranucci, ok mais l’assassin a eu beaucoup de chance que… Ranucci ai un couteau !!!

        • Non pas du tout, le couteau appartient à l’homme au pull rouge. Ce couteau n’a rien à voir avec Christian Ranucci. Je vous renvoie aux chapitres du site qui traitent de cette question.
          Quand l’homme au pull rouge monte dans la voiture de Christian Ranucci, la fillette est morte depuis une bonne heure.

          • D’après votre scénario, si à 12h30, la fille est morte depuis une heure, alors elle n’a pas eu le temps de s’échapper de la voiture à la Doria, monter le talus, rejoindre la RN8 Bis puis se réenfuir au talus au-dessus de la nationale, car on considère l’arrivée de la SIMCA à la Doria vers 11h30 si l’enlèvement a eu lieu à 11h. Pour le reste votre scénario se tient, et si c’est ce qu’il s’est passé, la gamine a été tuée très peu de temps avant l’arrivée de Ranucci, et donc des Aubert.

          • Je ne peux que vous donner raison. Je pense que chronologiquement les événements se déclinent ainsi : la Simca se trouve sur les lieux à 11h30, l’enfant s’enfuit et rejoint la nationale. L’homme l’attend au sortir du talus. Elle traverse et tente de s’enfuir de l’autre côté il la rattrappe et la tue. On peut situer ceci vers midi.
            Il a le temps de revenir vers la Simca, se changer et retourner cacher le corps sommairement en traînant dans un sac avec lui les vêtements qu’il portait au moment du crime. Il se trouve donc sur place quand surgit la voiture de Christian Ranucci vers 12h30 – 12h45, la petite fille est morte depuis une demi heure, trois quarts d’heure. J’ai mis ce déroulement ici.

  6. Jean Goujon

    Désolé ; je respecte votre scénario mais je n’y crois pas.
    Ranucci qui vient de faire un délit de fuite et qui se gare bien en vue au bord de la route à 700 m du lieu de l’accident, c’est invraisemblable.
    De plus il avait une place plus pratique pour se garer à l’endroit où les Aubert ont fait demi tour.
    Les Aubert à près de 100 m ne voyaient pas le numéro d’immatriculation et comme ils venaient de suivre un coupé Peugeot de couleur grise, ils ont été persuadés que c’était bien cette voiture qui était 100m plus loin.
    La scène vécue par les Aubert les a traumatisés.
    Je vais relire l’ensemble du dossier pour ne pas faire preuve d’arrogance et vouloir en permanence faire valoir ma version.

    • admin

      La question n’est pas de l’ordre d’une croyance. Lorsque l’on recherche la vérité des faits, on n’invoque pas l’aune de croire ou de ne pas croire, la vérité est le contraire d’une religion, elle s’éprouve et ne réclame aucune adhésion.
      Pour découvrir la vérité des choses, on s’appuie tout d’abord sur la vérification logique des témoignages : certains sont incohérents et révèlent leur fausseté, d’autres sont incomplets et d’autres encore sont le reflet de tout ou partie de la réalité, parce que l’on comprend que celui qui témoigne est dans la situation de pouvoir le faire ou non.

      Je ne demande donc pas que l’on me croit, je réclame simplement pour Christian Ranucci, à sa mémoire, la dignité de la réflexion juste, de l’esprit qui se plie à l’épreuve des faits, pas celui qui émet des hypothèses et ne les vérifie pas en les confrontant aux faits qui s’imposent.

      C’est cela le vrai respect, pas celui de prétendre que telle ou telle chose est crédible ou vraisemblable, car le faux peut paraître vraisemblable et la vérité peut parfois paraître invraisemblable. La différence entre la vérité et l’hypothèse, c’est que la vérité ne se modifie pas au gré de la pensée. Elle demeure, appuyée à ce qui forme la trame des indices.

      Vous dites par exemple ceci :
      « Ranucci qui vient de faire un délit de fuite et qui se gare bien en vue au bord de la route à 700 m du lieu de l’accident, c’est invraisemblable.« .

      La question n’est pas de savoir si ce fait est invraisemblable ou non, la question est de déterminer si Christian Ranucci ment ou ne ment pas lorsqu’il explique exactement ce que vous trouvez invraisemblable et je cite le livre de Gilles Perrault, « le pull-over rouge » :

      « Les experts ignorent, parce que cela ne figure pas dans le dossier, ce que Christian Ranucci a dit à son avocat, maître Le Forsonney, dès leur deuxième entretien aux Baumettes :
      « Je ne me souviens de rien parce que j’étais soûl. J’ai passé la nuit du dimanche au lundi, non pas à Salernes comme me l’ont fait dire les flics, mais à Marseille, à traîner dans les bars du quartier de l’Opéra. J’ai bu énormément. C’est vrai que je bois très peu d’alcool, mais de temps en temps, je m’offre un dégagement et je me biture à mort.
      Le lundi matin, quand je suis parti de Marseille, je n’étais pas clair, absolument pas.
      [il cache soigneusement qu’il est passé tout d’abord par Allauch et qu’il a rencontré son père…]
      L’accident m’a achevé.
      J’ai roulé encore un peu et je suis tombé dans les vapes.
      Quand je me suis réveillé, j’étais dans la galerie de la champignonnière, et sur la banquette arrière de ma voiture, ce qui m’a surpris.
      La vérité, c’est que je ne sais pas comment je suis arrivé dans cette galerie. Entre l’accident et mon réveil, c’est le trou noir.
      »

      Donc Ranucci répète inlassablement à ses avocats – qui ne le croient pas – qu’il était soul, que l’accident l’a achevé et qu’il a roulé un petit peu avant de tomber dans les vapes. Donc c’est qu’il s’est bien arrêté sur le bord de la route, absolument incapable de repérer quelque terre-plein que ce fût. Et l’invraisemblable qui paraît choquer, s’explique par l’état de fatigue de Christian Ranucci. Et lorsqu’on lui montrera la voiture arrêtée, lors de la reconstitution, le jeune homme ne dira jamais : « non, vous vous trompez, ma voiture ne se trouvait pas à cet endroit« . Il ne parle plus dès lors de quelque barrière que ce fût. Il n’a jamais été en état d’atteindre une quelconque barrière.

      Et je dois avouer ma surprise, car ce raisonnement, je l’aurais tenu pour l’homme au pull rouge, non pas pour Christian Ranucci. L’homme au pull rouge, au contraire de Christian Ranucci, est en pleine possession de ses moyens. Il part de Marseille à 11 heures et l’on doit en conclure qu’il se trouve à Peypin à 11h30, puisqu’il est dans l’incapacité de faire une seule chose : s’arrêter, l’enfant prendrait la poudre d’escampette.
      Effectivement il apparaît bien qu’un homme qui vient d’enlever une petite fille ne va jamais se garer au bord d’une nationale, et c’est donc que la Simca ne se trouvait pas à cet endroit justement. Si cet homme devait l’emmener pour l’agresser, il faut en déduire qu’il aura pris un chemin de traverse pour s’isoler.

      Donc par le raisonnement, on en vient à la conclusion rigoureusement inverse de ce que vous avancez :
      – Christian Ranucci se trouvait bien à cet endroit,
      – la Simca 1100 n’est jamais apparue pour avoir été garée dans un chemin de traverse, à l’abri des regards et la petite fille, aussitôt la voiture arrêtée, a pu échapper à son ravisseur et s’est évanouie dans la garrigue.

      Certes il est hautement probable que l’homme que M. Aubert aperçoit « gravir le talus » est justement l’homme au pull rouge – sinon ce dernier ne s’obstinerait pas à garder le silence et se dissimuler à sa vue quand celui-ci l’interpelle dans les taillis pour lui demander de revenir. Mais la Simca ne se trouve pas à cet endroit et l’enfant est parvenu à se faufiler jusqu’à ce qu’il la rattrape, vers 11h45, lorsqu’elle est sortie du vallon et a couru sur la nationale.

      « La scène vécue par les Aubert les a traumatisés. »

      C’est une interprétation qui n’est pas étayée par les éléments du dossier. Ce qui ressort du témoignage par téléphone de M. Aubert, c’est que la scène est troublante, peut-être inquiétante, parce que l’homme qui vient de disparaître dans les fourrés refuse de répondre et de se montrer et que M. Aubert a bien précisé : « qu’il n’avait entendu aucun bruit ».

      Vous voyez bien que l’on en revient toujours aux témoignages, à ce que chacun dit des choses. Or on ne peut pas se permettre de s’engager dans l’aventure en émettant des hypothèses qui ne se raccordent à rien.

      Je vous conjure de ne pas le faire. En mémoire de Christian Ranucci.

      • Vous dites que Ranucci a rencontré son père ? J’ai toujours vu qu’il avait pu tenter de le rencontrer (grâce à un vague témoignage d’une tante qui aurait avoué que C. Ranucci était effectivement venu voir son père, mais que ce dernier n’était pas là). D’où tenez-vous donc qu’il a bel et bien rencontré son père ?

        C’est comme plus haut, vous affirmez que l’homme au pull over rouge s’est approché de Mme Mattéi près du collège. Ceci aussi, c’est la première fois que je l’entends !

        • Bonjour, j’explique à cet endroit pourquoi Mme Casaregola ne dit pas toute la vérité et que l’on peut déduire aussi sûrement que deux et deux font quatre que Christian Ranucci a bel et bien rencontré son père ce matin là : ce serait révéler que sa famille paternelle l’a laissé partir à l’échafaud sans rien dire.

          Pour ce qui concerne le fait que Mme Mattéi s’est approché de l’homme au pull rouge le dimanche matin, il est vrai que personne n’a songé jusqu’à présent à recoller les morceaux de ses témoignages, donc l’explication se trouve ici : L’homme au pull rouge était apparu trois fois aux abords de la Cité des Tilleuls.

  7. Je pense que si les Aubert avaient été réellement au pied de la voiture de Ranucci, ils auraient parlé des traces de l’accident sur la portière du coupé à un moment ou à un autre dans une de leurs dépositions. Or ils ne l’ont jamais fait. Je crois qu’ils sont restés assez loin de la scène qu’ils ont entrevue.

    • Effectivement, et c’est l’une des clés du mystère qui enclot leur témoignage dans les limbes du mystère. S’ils avaient vu la voiture de près, une chose leur aurait sauté aux yeux : les housses de sièges sont rouges. Ils ne l’évoquent jamais, même trente ans plus tard. Ils ne les ont pas vues.

  8. aimon

    Un débat conférence va être organisé à l’Apostrophe.

  9. Eh bien… Tout cela est bien confus ! Ils ralentissent ? il accélèrent ? ILS NOTENT QUAND MÊME LE NUMÉRO, ILS N’ÉTAIENT DONC PAS SI LOIN ! Ils le voient s’enfuir tirant une gamine par la main ? Et ils ne le suivent pas ? Alors M. et MMe Aubert, les nuits doivent vous sembler longues ? Car là il y a NON ASSISTANCE EN PERSONNE EN DANGER !

    • admin

      Ils n’étaient pas si loin, sans doute suffisamment près pour lire le numéro, mais pas assez près non plus pour constater que Christian Ranucci dormait affalé sur le volant et se méprendre sur la personne qui s’enfuyait. La crainte d’être poursuivi pour non assistance à personne en danger, en définitive est un mythe. D’abord parce que Marie-Dolorès Rambla est morte depuis une heure lorsqu’ils arrivent et donc la question ne se pose pas ainsi évidemment, et de l’autre parce que la scène qu’ils décrivent lorsqu’ils sont subornés par les policiers – ils la formulent parce que ceux leur ont vraisemblablement martelé : si vous ne mentez pas, vous laissez un meurtrier s’en tirer – est d’une telle aberration qu’elle n’est pas suffisamment crédible pour que l’on puisse même supposer qu’ils ne seraient pas venu au secours de cet enfant. Si véritablement l’enfant les avait vus, elle aurait appelé au secours, mais dans ce cas là M. Aubert aurait prévenu les gendarmes ou la police bien plus tôt qu’il ne l’a fait soit dès le 4 et non pas le matin du 5.

  10. Les Aubert n’ont jamais changé de version …et la clé de cette histoire c’est le témoignage qu’ils font, quelques minutes après l’accident, après la course-poursuite, à Vincent Martinez, de retour au carrefour de la Pomme. Ils lui disent bien qu’ils ont vu un enfant partir avec un individu dans la colline, Martinez le réitère encore aujourd’hui. Ce témoignage, à chaud, dans l’action, juste après l’incident, sans possibilité de pression policière ou médiatique, valide ce qu’ont toujours dit les Aubert, et qui sera consigné dans le PV d’audition du 6 juin, à l’Évêché. L’histoire du « paquet volumineux » apparaît la première fois dans l’interview du capitaine Gras, à RTL, le 5 juin au soir, après la découverte du corps, qui sera relayé par la presse régionale et nationale le lendemain, et sera consigné dans un PV de synthèse, et non pas d’audition, le 8 juin. Le témoin clé qui valide la version des Aubert est bien Vincent Martinez, car si ce dernier n’a pas vu d’enfant dans la voiture, le 3 juin, au carrefour de la Pomme, mais une « masse », il est le premier à avoir recueilli le témoignage des Aubert, et ils lui ont bien parlé d’un enfant et non d’un « paquet volumineux » ou d’un sac Adidas !

    • Malheureusement, l’article démontre amplement qu’ils changent tout le temps de version et surtout que la seule version qui soit cohérente, c’est celle du procès verbal de synthèse des gendarmes, le reste étant un tissu d’incohérences qui est démenti par les constatations et les emplacements. Si jamais, ils s’étaient trouvés devant la petite fille, elle se serait précipité vers eux. Et donc quand M. Aubert parvient sur les lieux, la petite fille est morte depuis trois quart d’heure.
      Si jamais M. Aubert avait dit à M. Martinez qu’il avait vu un enfant s’enfuyant dans les collines, M. Martinez, dès qu’il a connaissance de l’enlèvement l’aurait transmis aux gendarmes et ceux-ci ne se seraient pas contenté d’envoyer le soir une estafette, ils auraient aussitôt déployé l’escouade pour ratisser les lieux. Ils ne le font pas parce que M. Martinez dit le matin du 5 seulement qu’une enfant aurait pu se trouver à bord. Il ne parle jamais des Aubert.

      Alors ce dont il témoigne le 6 juin n’a donc plus de valeur, ce n’est pas le 6 qu’il fallait le dire mais le 4. Quand on regarde la chronologie, M. Aubert n’a pas pu indiquer à M. Martinez qu’il avait vu une enfant s’enfuyant dans la colline. M. Martinez nous sommes désolés de le dire, dit tout simplement des contrevérités, encouragé en cela à l’époque par les policiers, et aujourd’hui pour tenter de se dédouaner. Cela ne change rien au fond du dossier. La seule déposition cohérente, c’est celle que fait M. Aubert par téléphone aux gendarmes. Et donc effectivement qu’il ait aperçu deux secondes un homme s’enfuyant avec un paquet est cohérent. Et visiblement ce n’était pas Christian Ranucci. Qu’il se soit trouvé à deux mètres de la fillette sans que celle-ci ne leur réclame du secours, non ce n’est pas possible. Tout simplement.

    • Entièrement d’accord, ils ne savent pas qu’il y a eu l’enlèvement et ils parlent déjà d’un enfant à Vincent Martinez, alors qu’on se trouve dans le cadre d’un délit de fuite. Ils préviennent la gendarmerie de Roquevaire le 3 à 13h et les informent d’un délit de fuite avec possiblement une voiture volée.
      Mais ces gendarmes, recontactés le lendemain dans l’après-midi, minimiseront l’importance de leur témoignage en ne prenant en compte ni le témoignage des Aubert, ni celui de Guazzone qui leur parle du type embourbé dans la champi. D’où la présence de ce « paquet volumineux » sur le rapport de gendarmerie.
      On a dit que le témoignage Aubert avait évolué devant les policiers et de façon incroyable (ils auraient donné des détails sur les vêtements et la voix de l’enfant dans leur déposition uniquement), pourtant dès le 5 juin Mme Aubert parle de l’enfant et d’une voix dans plusieurs entretiens téléphoniques avec des journalistes (archives INA). On l’entend même parler de « porte arrière » erreur de bonne foi puisque le n° relevé est celui d’un coupé Peugeot. On ne dépêche pas, par ailleurs, des battues de gendarmes pour un homme vu seul ou avec un paquet…

      • Cette analyse est biaisée. Mais c’est bien tenté…
        M. Martinez ne parle pas d’un enfant au gendarme devant lequel il fait sa déposition le 3 à 13h. Il pense et le gendarme écrit que le conducteur était seul à bord. Ce n’est que le 6, soit bien après la mise en cause de Christian Ranucci qu’il affirme que M. Aubert lui aurait parlé d’un enfant. Mais alors, si tel est le cas, pourquoi M. Martinez ne parle pas d’un enfant aux gendarmes lorsqu’il est en communication avec eux par téléphone ? Ils auraient tout de suite réagi. En réalité, le fait que M. Martinez n’évoque pas d’enfant au cours de la journée du 4, alors qu’il sait qu’un enlèvement d’enfant s’est produit, c’est que M. Aubert ne lui a, au contraire de ce qu’il affirme après coup, jamais parlé d’enfant.
        On ne comprend pas pour quelle raison les gendarmes auraient minimisé le témoignage de M. Aubert et parlé d’un paquet volumineux pour cette raison. Cela signifie qu’il faut imaginer une tout autre communication entre les gendarmes et M. Aubert.

        Regardez comme c’est absurde : Allo c’est M. Aubert, voilà j’ai pris la voiture en chasse et lorsque je suis arrivé au tournant, j’ai vu un homme avec une petite fille. – Ah bon, justement on en cherche une. Excusez-nous on va dire que c’était un paquet.

        Cela n’a strictement aucun sens. Si les gendarmes écrivent « paquet » c’est bien que M. Aubert leur a parlé d’un paquet.

        Mme Aubert parle d’une enfant aussitôt après qu’elle soit entrée en communication avec la police de Marseille et cela ne signifie donc pas qu’elle n’aura pas été subornée dès ces entretiens téléphoniques.

        Le fait est qu’elle ne sait pas qu’un coupé Peugeot n’a que deux portes, c’est donc que, contrairement à ce qu’elle énoncera dans ses dépositions, les Aubert ne se sont jamais approchés de la voiture et qu’ils ne l’ont vue que de dos à 100 mètres de distance, et qu’ils ont cru que l’homme qui s’enfuyait en était le conducteur alors qu’il n’en était vraisemblablement rien.

        • Félo

          Savez-vous que Ranucci a nié devant les gendarmes niçois et les policiers (les 5 et 6 juin, au début de sa garde à vue) cet arrêt à l’aplomb de la nationale 8bis ? Et qu’il disait ne pas s’être arrêté ailleurs que devant la barrière conduisant à la champignonnière ? Il a même précisé les couleurs de la barrière. Moi je trouve ça pas mal pour un amnésique…

          • admin

            Moi je n’ai jamais parlé d’amnésie et je m’en moque, c’est hors de propos. Quand il dit qu’il ne se souvient pas, c’est qu’on l’a convaincu d’une chose dont il se rend compte qu’elle ne tient pas. C’est tout.

            La déposition devant les gendarmes dont vous parlez est celle-ci :
            « Il est exact que j’ai eu un accident matériel de la circulation le 3 juin 1974, je pense vers 16 heures, alors que je venais d’Aix-en-Provence et que je me rendais à Nice, mais je ne puis préciser le lieu exact. Je venais de démarrer en 2ème vitesse d’un « stop » lorsqu’une voiture m’a percuté sur le côté gauche. J’ignore le genre de voiture avec laquelle j’ai eu l’accident. Je me suis affolé et je suis parti droit devant moi. Payant très cher l’assurance, j’avais peur de l’augmentation de celle-ci et de la suppression du permis.
            Je ne me souviens pas avoir été poursuivi par un témoin.

            Après avoir roulé environ un kilomètre, ayant un pneu qui touchait la carrosserie, je me suis arrêté sur le bord de la route pour réparer. A cet endroit, un chemin se trouvait sur ma droite, fermé par une barrière (tube en fer de couleur blanche et rouge). Je suis descendu de voiture pour ouvrir cette barrière et, après être remonté en voiture, j’ai dirigé celle-ci dans le chemin. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, je me suis arrêté pour effectuer la réparation que je n’avais pu faire au bord de la route. »

            On ne peut pas en retenir grand chose, car il tente de télescoper l’accident avec son réveil dans la champignonnière, l’accident n’a pas lieu à 16h mais à 13h, l’endroit où il dit s’arrêter n’est pas le bon et il ne dit pas qu’il s’est évanoui après l’accident. Les gendarmes ne connaissant à peu près rien du dossier, ils ne pouvaient pas rétablir les choses et l’interroger sur ces imprécisions ou ces erreurs.
            Ce qui est cohérent, c’est qu’il est seul dans la voiture, et que s’il y avait eu une enfant dedans, qui plus est s’il l’avait enlevée, il ne se serait pas garé au bord de la nationale, que ce soit à l’aplomb du lieu de découverte du corps, ou même à l’embranchement de l’entrée du chemin, il aurait effectivement soulevé la barrière (et la gamine se serait enfuie) et il se serait caché. Donc le scénario de l’accusation ne tient pas une seule minute.

            La déposition devant les policiers dont vous parlez est celle-ci :

            « J’ai déjà déclaré aux Gendarmes que j’étais l’auteur d’un accident matériel de la circulation, survenu le 3 juin 1974, vers le début d’après-midi, alors que je me rendais à Nice. Alors que je me trouvais dans la commune de Peypin. »

            Donc là déjà, c’est corrigé, c’est 13h… Le spoliciers ont dû lui dire que c’était 13h.

            « Vous me précisez que deux témoins ont affirmé m’avoir vu par la suite sortir de mon véhicule avec une enfant. Je vous affirme que j’étais seul à bord de mon véhicule. »

            Ce n’est pas ce que M. Aubert disait aux gendarmes, donc sans même l’entendre de visu, les policiers ont suborné M. Aubert et lui font dire quelque chose qu’il ne relatait pas la veille. C’est l’enquête qui foire là. Il n’y a jamais eu de justification concernant les discordances entre ce que dit M. Aubert aux gendarmes : j’ai vu un homme remonter sur le talus deux secondes avec un paquet » et ce qu’il dit aux policiers.

            « Je n’ai même pas remarqué que j’étais poursuivi par une voiture. Après le choc, j’ai parcouru un kilomètre environ puis je me suis arrêté. En effet ma roue arrière gauche sentait le brûlé, car la tôle enfoncée au cours du choc frottait sur le pneumatique. Après avoir immobilisé ma voiture, j’ai soulevé une barrière qui fermait un chemin, puis j’ai repris le volant et j’ai conduit ma voiture sur trois cents mètres dans le chemin se trouvant derrière la barrière. »

            C’est pipeau, en fait il s’est évanoui et c’est quelqu’un d’autre qui a conduit la voiture, sinon elle ne se serait pas retrouvé dans ce tunnel que Christian Ranucci ne connaissait pas. Les policiers ne pouvaient pas l’ignorer et ils ne disent rien de ce truc absurde.

            « J’ai voulu changer finalement la roue. Je l’ai changée. J’ai voulu repartir mais mon véhicule s’est enlisé. Il était garé à l’entrée d’une galerie. Pendant deux ou trois heures, j’ai essayé mais en vain de sortir mon véhicule de cette galerie, mais les roues patinaient. J’ai contacté un individu de type nord-africain qui se trouvait à cent mètres environ, dans une maison. Je lui ai demandé de m’aider à sortir ma voiture de cet endroit. Il a accepté. Son patron est arrivé sur les lieux et avec son tracteur et à l’aide d’une corde il a pu dégager mon véhicule. Je suis reparti en direction de Nice, où je me suis rendu effectivement. Je suis arrivé chez moi vers 22 heures. Ma mère n’était pas couchée. Je ne lui ai pas dit que j’avais eu un accident matériel. »

            Il aurait tué une gamine mais il rentre tranquillement chez lui après avoir pris le thé avec les Rahou. Cela ne colle pas du tout. Mais les policiers n’ont rien à répondre de tout cela.

            « Je vous affirme que je suis totalement étranger à l’enlèvement de la fillette, laquelle, me dites-vous, a été enlevée à Marseille le lundi 3 juin 1974. Je suis donc encore plus innocent de la mort de celle-ci qui a été découverte dans les bois. Je n’ai rien à me reprocher sauf le délit de fuite pour lequel, ainsi que je vous l’ai précisé, je me suis expliqué devant les gendarmes. Ainsi que je l’ai précisé à ceux-ci bien que je sois parfaitement en règle tant au point de vue des pièces afférentes à ce véhicule qu’à sa conduite, j’ai pris la fuite car j’ai eu peur. C’est la seule raison. Je maintiens qu’il n’y avait personne dans mon véhicule. »

            Et s’il y avait eu une enfant, il ne se serait pas garé au bord de la nationale. Donc l’hypothèse des policiers ne peut pas tenir.

            « Dimanche, 2 juin 1974, jour de Pentecôte, j’ai quitté mon domicile vers 14 heures, avec ma voiture. Je me suis rendu dans la région de Draguignan. Je suis arrivé en fin d’après-midi à Salernes. Je me suis promené dans cette ville jusqu’à la tombée de la nuit. A ce moment, j’ai décidé de passer la nuit dans ma voiture. »

            Faux, il est à Marseille dès le soir aux abords de l’opéra, mais les policiers ne peuvent retenir cette version, car dans ce cas il ne serait pas en état d’enlever une fillette. Donc l’accusation repose sur des erreurs et des dissimulations.

            « Le lundi 3 juin 1974, je me suis réveillé vers 9 heures. J’ai aussitôt pris la direction d’Aix en Provence. Avant d’arriver dans cette localité, j’ai changé d’avis et j’ai fait demi-tour. »

            De 9h à 13h il est où ? Chez son père qui est en fait le but de ce voyage, et c’est la raison pour laquelle il se retrouve sur cette route.

            « Je voulais en effet rentrer à Nice par des voies secondaires. C’est ainsi que me trouvant à Peypin, j’ai eu l’accident de la circulation dont j’ai déjà parlé. »

            Ben surtout, il ne voulait pas dire qu’il était allé voir son père. Et d’ailleurs on en a la preuve car le commissaire interrogeant le père aurait pu lui demander s’il avait vu son fils ce matin et pousser un peu plus loin l’enquête, car plusieurs personnes ont dû le voir à Allauch… Mais il a préféré s’offrir un coupable sur mesure.

            « Je suis bien formel, je n’ai passé qu’une seule nuit dans ma voiture. Je ne me suis jamais rendu à Marseille. L’accident a bien eu lieu à Peypin, alors que je revenais de la route d’Aix. »

            Tout cela n’a pas d’intérêt, sauf le fait qu’on va pouvor lui ressortir ces âneries pour le paumer un peu plus.

            « Je n’ai jamais porté de pull-over de couleur rouge. Je suis bien certain de ce fait. »

            Ben oui c’est le meurtrier quile portait et qui l’a laissé dans le tunnel.

            « Le pantalon de couleur bleue qui se trouvait dans ma voiture est bien celui que je portais au moment de l’accident. Les taches (que vous me dites être des taches de sang) qui se trouvent sur la poche sont inexplicables en ce qui me concerne. Je pense que ce sont des taches de terre. »

            Ben non, il portait un pantalon gris et il n’avait pas de raison d’en changer puisque dans les faits depuis son départ, il ne s’est jamais pris une chambre d’hôtel ou autre.

            « Au cours de ma fuite, je suis allé directement à la galerie, où j’ai été enlisé. Je ne me suis pas arrêté ailleurs, hormis pendant le court instant pendant lequel j’ai ouvert la barrière. »

            Et comment il a pu se rendre dans cette galerie sans la connaître ? Cela n’a aucun sens.

            Donc on peut la faire à l’envers :

            Les enquêteurs ont arrangé quatre fois le dossier :

            – 1 ils ont suborné les Aubert pour leur faire dire qu’ils avaient vu Ranucci avec un enfant alors qu’ils ont vu le meurtrier deux secondes portant un paquet, vraisemblablement rempli avec ses vêtements tachés de sang.

            – 2 ils ont recopié la photo du cadastre de l’immeuble en faisant tourner la feuille pour que cela ne se remarque pas trop et ont fait écrire trois mentions à Christian Ranucci pour faire croire qu’il avait dessiné le plan lui-même et partant qu’il s’était rendu sur les lieux alors que personne ne le reconnaît, ni lui, ni sa voiture.

            – 3 le couteau saisi par les gendarmes la veille de par le détour qu’a effectué le chien pisteur et l’utilisation du détecteur de métaux a été donné à l’évêché le soir du 5 puis a été replanté une fois les aveux passés le 6 au soir pour faire croire que Christian Ranucci connaissait l’emplacement du couteau et que celui-ci lui appartenait alors que tout cela est faux, et tout cela avec la complicité du parquet de Marseille,

            – 4 le pantalon taché de sang n’a pas été saisi dans le coffre comme en atteste le faux en écriture que constitue le rajout sur le PV de saisie, et les policiers ont rendu la voiture sans aucune raison à Mme Mathon, sauf à se donner le prétexte d’aller la rechercher dans son garage privé et de saisir subrepticement le pantalon qui s’y trouvait le dimanche soir.

            Voilà le tableau de cette affaire. Il est tout simplement accablant. Envoyer un homme sous le couteau de guillotine sur la base d’un tel traficotage, cela n’a pas de nom.

          • Félo

            L’accident se produit vers 12h15, 12h30, pas 16h ni 13h ! ça vous vient pas à l’idée un Ranucci qui ment.

            Et quand est-ce que vous m’expliquerez clairement pour quel motif valable, sérieux, tangible, les enquêteurs et témoins chargeraient comme ça un type au casier vierge ? Allez, courage, vous ne risquez que le ridicule… Au-delà du fait que vous ne savez pas faire la différence entre une fiche de scellé et un PV de saisie… Bravo ! « Or donc » (c’est votre formule favorite) les gendarmes diraient juste pour le paquet mais seraient dans le faux et la manipulation quant à la saisie de l’arme ? « Ca n’a aucun sens ».

            Il dit qu’il portait le pantalon bleu au moment de l’accident, qu’il n’a pas saigné… Jusqu’au procès il reconnait l’avoir porté (il est alors parmi les scellés). Il est taché de boue et de sang, ce qui justifie qu’il se change (même s’il n’a jamais avoué s’être changé).

            Cet élément et d’autres à l’appui, je le répète, je ne serai jamais convaincu de l’innocence de Ranucci par des gens qui pensent, parlent et réfléchissent à sa place.

            Et surtout arrêtez de défendre des criminels comme Tangorre ainsi qu’en témoigne les commentaires postés dans cet article de Médiapart. Honte à vous. Et pardon pour cette digression aux lecteurs.

            http://blogs.mediapart.fr/blog/valandre78/130814/luc-tangorre-le-faux-dreyfus-marseillais-retour-sur-imageshttp://blogs.mediapart.fr/blog/valandre78/130814/luc-tangorre-le-faux-dreyfus-marseillais-retour-sur-images

          • admin

            Finalement Monsieur, vous ne savez faire que deux choses : donner des ordres et éructer. Pour quelles raisons les enquêteurs chargent-ils Christian Ranucci et ne font aucune recherche pour retrouver dans les cartes bleues de Meurthe et Moselle la voiture qui correspond à la description de Mme Mattéi ? Simplement parce qu’ils ont dû tomber en fin de compte sur une personne qu’il ne fallait pas inquiéter, ils avaient un autre sous la main qui faisait très bien l’affaire, malheureusement, ce n’était pas le bon.
            Vous prétendez ensuite que je ne sais pas faire la différence entre fiche de scellé et PV de saisie : ce n’est pas la question. S’il est question du couteau, la liste des pièces remises au Tribunal de Grande Instance indique que le couteau s’y trouve, c’est donc qu’il a été découvert avant.
            Les gendarmes font ce que le parquet leur demande de faire, ils ne peuvent pas inventer le paquet, ils se contentent de recopier ce que dit M. Aubert, si M. Aubert ou M. Martinez avaient parlé d’une enfant, les gendarmes auraient fait la battue dès le 4 au soir. Et pour la manipulation quant à la saisie de l’arme, on les entraîne dans cette falsification, ils sont obligé de faire comme on le leur dit. Les policiers leurs demandent de rechercher l’arme, c’est le parquet qui les enjoints, ils font. Il se trouve que c’est la même arme que celle qu’ils ont déterré la veille, donc le couteau a été replanté pour faire croire que sa découverte était consécutive aux aveux, alors que c’est le contraire, les aveux sont consécutifs à la découverte du couteau.
            Le pantalon figure parmi les scellés mais n’est pas montré, donc Christian Ranucci n’y est jamais confronté, sinon il se serait aperçu de la falsification. S’il s’est changé pourquoi cela ne figure pas dans les aveux ? Les aveux sont donc faux. Tout cela ne tient pas, tout cela relève du rafistolage misérable et c’est formidable, quarante ans après, il y a toujours quelqu’un qui vient éructer parce qu’il n’est pas content qu’on réfléchisse et qu’on découvre comment a fonctionné cette enquête. Pour M. Tangorre, nous avons affaire aux mêmes manipulations, tout cela n’est pas digne et les pauvres essais de M. Bruno Cotte de réhabiliter l’institution après de telles dérives, ce n’est pas du niveau. Personne ne répond à cette bizarrerie que les filles étaient en possession du livre lors de l’interrogatoire et qu’elles le cachent. Mais vous vous placez sur le terrain de la morale – enfin la vôtre qui consiste à défendre des institutions qui ont failli en invoquant le droit à ne pas réfléchir.

          • Félo

            éructer veut dire « menacer, insulter »… Je ne me souviens pas l’avoir fait à votre égard, à part vous accuser de défendre des criminels mais là j’ai des preuves. Et vous vous permettez de penser à la place des victimes en plus…

            Si la thèse de l’accusation ne tient pas, que peut-il en être de celle d’une éventuelle innocence de Ranucci ? Il n’est qu’à lire votre thèse ou celle de Jean Goujon. Chacun y va de sa sauce.

            La thèse de l’amnésie et/ou de l’évanouissement apparait bien tard, dans une lettre du 3 janvier 1975. Auparavant, il a reconnu être allé de lui-même dans la champignonnière, avoir soulevé la barrière et selon le contremaitre, il aurait fourni comme explication qu’il s’était rendu ici pour pique-niquer. Cette phase-là des faits a été reconnue alors qu’il niait le crime.

            Le pantalon, avec tous les éléments le concernant (état, affirmations de l’accusé comme quoi il a reconnu l’avoir porté le jour du crime jusqu’à son procès [au cours duquel ce vêtement était parmi les scellés], origine et provenance du sang, absence de blessure récente sur le corps de Ranucci), il est certain qu’il a été saisi dans le coffre de sa voiture, et que les policiers l’ont en leur possession dès le 5 juin au soir. Mais évidemment si on réécrit ce que dit le premier concerné (Ranucci), forcément on fait prendre des vessies pour des lanternes…

            Et puis quel drôle d’innocent qui le matin de son exécution, fait tout pour que ce soit rapide, restant en pyjama, pieds nus, refusant le verre d’alcool, ne répondant pas à la lettre de sa mère, refusant de parler au prêtre par un « Négatif ! » lapidaire… Mais bon je digresse.

          • admin

            Éructer c’est exprimer bruyamment (une idée violente, un sentiment grossier), je ne vous parle pas d’insulte je dis que vous agissez grossièrement. Vous souhaitez le retour des lois de prairial où il était interdit de défendre les accusés, c’est une option que je ne saurais partager. Chacun émet les thèses et les arguments qu’il souhaite, vous ne souhaitez pas argumenter mais nous interdire de réfléchir sur ce dossier, cela situe la différence idéologique entre nous.
            Vous mélangez l’amnésie qui n’est pas un élément probant et celle du trou noir sur lequel il ne sera jamais interrogé puisqu’une seule chose compte : ses aveux.
            Il a « reconnu être allé de lui même dans la champignonnière  » : c’est absolument impossible, pour la trouver, il faut la connaître. Celui qui ne la connaît pas ne peut pas la trouver, c’est trop compliqué d’accès. Seule une personne ayant une connaissance des lieux pouvait conduire la Peugeot à cet endroit. Ce ne peut donc pas être Christian Ranucci, définitivement. D’ailleurs il ne s’agit nullement des « paroles de Christian Ranucci » mais d’une rédaction des policiers à partir de ce qu’il aurait dit. Il est certain que le pantalon a été saisi dans le coffre ? Hélas ce n’est plus vrai car la mention résulte d’un ajout postérieur à la rédaction du procès verbal de saisie lui-même. C’est un faux. Et s’il y a faux, c’est bien que la saisie du pantalon s’est faite autrement. Que Christian Ranucci ne se souvienne pas de ce qu’il portait le jour de la sortie, c’est une probabilité élevée, il oublie tout et est obligé de tout noter sur des bouts de papiers. De toutes façons les deux taches qui figurent sur ce pantalon ne correspondent pas au crime, les taches auraient été en étoiles suite aux éclats des coups de couteau, donc attribuer les deux grosses taches au crime est une ineptie.
            Je ne vois pas en quoi la mise en scène de cet assassinat au petit matin démontre quoi que ce soit quand à la culpabilité de Christian Ranucci. On ne lui aurait pas laissé répondre à la lettre de sa mère sinon des idées reçues sans intérêt et ce qu’il avait à lui dire se lit dans les nombreux échanges qu’il a entretenus avec elle tout au long de sa détention et sa non réponse est surtout le signe du respect qu’il avait envers sa mère, il n’y avait pas à commenter quelque chose où elle lui disait qu’il avait été un bon fils. À la différence de Guy Môquet, il n’avait pas été prévenu de l’heure et de la date de l’exécution. Il a passé son temps à répéter dans sa marche au supplice qu’il était innocent, mais cela, vous vous gardez de le retranscrire, tout en prétendant vouloir vous en tenir à ce qu’il dit lui-même. Vous êtes pour le moins sélectif.

          • Félo

            Je ne souhaite pas le retour des lois de Prairial, je dis qu’on ne peut pas défendre indéfiniment et contre les évidences des criminels odieux comme Ranucci ou Tangorre, surtout le deuxième qui a récidivé. On ne peut pas m’accuser non plus d’être un fayot de la justice, puisque j’ai déjà dit et reconnu ici qu’il lui arrivait de faire des erreurs (Outreau, Dils, Marc Machin, Leprince, Goldman, Jacques Maire)… Mais certainement pas dans les cas Tangorre ou Ranucci. Je ne suis pas favorable au rétablissement de la peine de mort, attendu qu’il existe actuellement en France deux peines de remplacement (perpétuité réelle et rétention de sûreté) qui me satisfont, hormis le fait qu’elles devraient être élargies à plus de crimes.

            Je ne vous ai par contre jamais dit qu’il était interdit de défendre un accusé et même un condamné. C’est moins le fait de défendre ces condamnés, que la façon dont vous les défendez (c’est-à-dire avec des choses qu’ils n’ont jamais dites, avec des hypothèses et affirmations qui ne sont que le produit de votre imagination) qui me choque voyez-vous. Car on ne peut pas penser à la place des autres, et surtout pas des victimes !!! (cf les deux Américaines que vous considérez si je vous suis bien comme des affabulatrices, ou Marie-Dolorès qui aurait du courir vers les Aubert). Arrêtez de penser à la place des autres. Je ne vous dis pas que vous n’avez pas le droit de réfléchir, mais si les faits têtus ne vous suffisent pas, et que vous avez besoin d’en rajouter en surenchère par votre imagination (le dossier est me dites-vous truffé de zones d’ombre et même de trucages, mais alors dans ce cas là ces zones d’ombre et trucages devraient se suffire à eux-mêmes ; et bien il faut croire que non puisque vous extrapolez) et bien c’est qu’il y a un problème. De plus pour vous, forcément dans une situation pareille, les enquêteurs sont des gens « aguerris » qui ne sauraient commettre d’erreurs… Mais ce sont des hommes, qui font des petites erreurs certes mais de là à transformer ces erreurs en manipulations, on va vite en besogne, et ce d’autant que les éléments du montage anti-judiciaire se tirent des balles dans le pied. Si je vous suis, les Aubert n’ont pas parlé d’enfant aux gendarmes, mais par contre ils en ont parlé à Martinez, et que si les gendarmes avaient entendu parler d’enfant, ils l’auraient marqué… Quand on lit le rapport on voit bien que c’est l’arbre qui cache la forêt, puisque le paquet est une fois transporté et tiré… d’une page à l’autre. Dois-je en déduire pour digresser un peu que Juliette et Mélissa n’étaient pas chez Dutroux parce que le gendarme en se rendant chez Dutroux n’a pas secouru les fillettes ?? Je ne vous accuse pas de défendre Dutroux, je le précise mais voyez-vous c’est exactement le même raisonnement.

            Cela suppose de s’en tenir à ce qu’ils ont dit (je pense à Ranucci sur le pantalon). Et seulement ce qu’ils ont dit ! Car si on réinvente l’histoire et ce qu’ont dit les accusés, c’est trop facile.

            Le pantalon a été saisi dans le coffre de la voiture, et Ranucci a reconnu l’avoir porté le jour des faits, y compris au procès (il n’a pas de policiers pour lui dicter des choses ici), et à présentation (parmi les scellés), prétendant avoir saigné du genou. Ce pantalon ne présente pas deux taches de sang mais 3 : « A la jambe gauche, au-dessus de la braguette,
            « A la jambe droite, au voisinage de la poche,
            « A la jambe droite, à la hauteur de la face interne de la cuisse.
            + « […] quelques taches ayant l’aspect habituel des taches de sang sont observées à l’intérieur de la poche droite » (or Ranucci a admis avoir remis son couteau dans la poche après le crime)
            Rien ne dit que les taches sont la conséquence du meurtre en lui-même. Je vous donne mon hypothèse : elles ont pu atterrir sur le pantalon pendant que Ranucci transportait la victime (peut-être par les aisselles) pour la cacher.

            Concernant le récit de ce qui n’est pas un assassinat jusqu’à preuve du contraire, puisque c’était dans l’article 12 du Code pénal. L’assassinat est un meurtre avec préméditation, ce qui suppose que les condamnés à mort n’ont pas voie au recours en cassation ou recours en grâce, et on pourrait même aller jusqu’à dire en suivant ce chemin que l’exécution d’un condamné est prévu de longue date, peut-être dès son inculpation. C’est grave. Dans la réalité, des condamnés ont vu leur peine de mort remplacée par un verdict de perpétuité, ou commuée par une grâce présidentielle. On est loin de l’assassinat. De plus, la prison serait dans ce cas de la séquestration… Or il faut bien écarter les criminels de la société. Vous avez le droit d’être contre la peine de mort, mais quand vous parlez d’assassinat attention ce n’est pas exact. J’ai voulu rappeler l’exécution pour montrer que Ranucci paraissait bien pressé d’en finir pour quelqu’un d’innocent, il avait pourtant la possibilité d’écrire à sa mère, de s’habiller, d’entendre la messe… Rien de tout ça, seulement une cigarette. Après c’est vrai, s’il avait dit « Réhabilitez-moi ! » ça ne prouve rien, c’est sa mythomanie qui continue. Or, des éléments que j’ai reccueilli (personnes présentes, avocats, bourreau) il ressort qu’il n’a pas prononcé cette phrase. Un coup il le dit haut et fort en s’adressant à ses avocats, un coup il le dit à voix basse à maître Lombard, mais c’est maître Le Forsonney (qui n’a pas entendu, donc) qui est engagé dans la démarche de révision et pas l’autre. D’autant que maître Le Forsonney oublie parfois de la mentionner…. Mais passons. Et oui il a clamé son innocence mais est-ce que ça prouve qu’il l’est vraiment. A ce compte j’ai Landru qui a nié avoir tué ses victimes. Est-il innocent pour autant ?

            Il est impossible que C. Ranucci ait eu un trou noir, M. Guazzone rapporte que l’individu propriétaire de la 304 embourbé a prétendu être venu faire un pique-nique. Ranucci se souvient avoir soulevé lui-même la barrière, avoir parcouru 400 mètres en voiture, être allé de lui-même à la champignonnière, l’avoir stoppée à l’entrée, mais que sa voiture a glissé dans la galerie (sur 30 mètres dans un chemin sinueux, mon c..!). Et ce, alors même qu’il nie. On est loin du trou noir, de l’amnésie et du 2e homme qui fait une mise en scène. Il est également impossible que du siège passager, Ranucci après son malaise ait basculé sur la banquette. M. Aubert n’a remarqué personne dans la voiture (mais bon comme pour vous c’est un menteur…).

            Donc non si la thèse de l’innocence était cohérente, il y aurait une explication rationnelle au éléments qui l’accusent, au fait qu’il craque devant Mme Aubert, aux lettres qu’il écrit à sa mère et dans lesquelles il avoue son crime à demi-mot (18 juin, 11 août, 16 août 1974), au fait qu’il reconnaisse avoir porté le jour du crime son pantalon bleu taché de boue et de sang. Au fait qu’il commence à ne plus admettre sa culpabilité en septembre 1974 seulement, au fait qu’il reconnaisse la propriété du couteau automatique (et ce devant la juge puis les psychiatres, même si pour vous c’est le couteau de l’homme au pull-over rouge), au fait que ses dénégations (de celles du 5/06 à celles de 1976) ne soient pas cohérentes (un coup il vient d’Aix, un coup il vient de Marseille, un coup il ne s’est pas arrêté à l’aplomb de la N8bis, un coup il s’y est arrêté), au fait que tant de témoins l’accablent (camarades de régiments, collègue de travail, automobiliste abolitionniste). Vous n’auriez surtout pas besoin d’extrapoler avec votre imagination débordante, et de penser à la place du premier concerné, reniant jusqu’à ses dernières déclarations et dénégations.

            Enfin, je vais vous laisser continuer vos délires tout seul. Je me voyais accusé de protéger la justice et d’être jacobin, donc je me suis défendu. Voilà j’en ai terminé et je tire ma révérence en vous rappelant que je ne serai jamais convaincu de l’innocence de Ranucci avec des scénarios qui ignorent ou minimisent certaines choses, font que l’on doit être devins et penser à la place des autres etc. Au revoir !

          • admin

            Effectivement, vous êtes tellement courageux que vous n’avez pas souhaité nous donner votre identité, et il semble qu’il vaut mieux que vous créiez votre propre site où vous expliquerez vos convictions calmement, au lieu de venir tenir un discours contradictoire dans lequel il est à la fois interdit et permis de réfléchir, il ne faut pas défendre les accusés mais il faut quand même que ce soit possible, avec derrière la philosophie des lois de prairial : les accusés sont des monstres, il n’ont donc pas droit à être défendus et les innocents n’en ont pas besoin. C’est votre philosophie, je ne peux la partager. Vous souhaitez que l’on prenne pour argent comptant ce qui se trouve dans les procès-verbaux de garde-à-vue alors qu’ils recèlent des contradictions insolubles, je ne peux pas vous suivre. Vous me dites qu’il faut croire que Christian Ranucci a conduit lui-même la voiture dans la champignonnière comme si cela relevait d’un évidence. Ce n’est pas le cas, nous nous sommes retrouvés dans cet espace une année, pour découvrir l’entrée du tunnel il nous a fallu une demi-heure alors que nous le recherchions. Là, il ne recherche aucun tunnel, s’il avait conduit la voiture, il se serait contenté d’avancer dans le chemin et de se mettre à l’abri du regard de la nationale… Il est absolument impossible pour Christian Ranucci de trouver cette galerie tout seul, pour s’y rendre il fallait connaitre. C’est un fait, et donc il faut l’intervention d’un autre homme. Partant de là, tout le procès-verbal de la garde-à-vue n’est pas recevable et se trouve en contradiction avec la situation. Je vous recommande encore une fois de créer un site dans lequel vous expliquez tout cela, ce sera plus productif que venir porter la contradiction en affirmant qu’il n’y a pas à réfléchir, ni à s’interroger.

          • Félo

            L’anonymat est un droit en France, elle est même accordée à des suspects (on les voit sortir cagoulés dans la rue, tenus par des policiers).

            Il faut vraiment être un adepte du totalitarisme pour exiger que les gens donnent leur identité. Mon prénom est Félix, ça vous va ? Vous avez appris des choses aujourd’hui ?

  11. Bonjour, je viens de découvrir votre travail et je le trouve exceptionnel. Félicitations. Cependant, votre reconstitution tient-elle compte de l’état du réseau routier au moment des faits. Par exemple le large terre plein où, selon vous, les époux Aubert se seraient garés existait-il en 1974?

    • Bonjour,

      Je vous remercie beaucoup de cette appréciation. Pour ce qui concerne votre question, la réponse se trouve dans l’article : passez la première petite vidéo. Celle-ci date de 1974, c’est un extrait d’un reportage de l’époque. Le journaliste a suivi la RN8bis tout comme les Aubert et on le voit s’arrêter exactement sur le terre-plein au sortir du virage (c’est presque un réflexe, on se gare là parce que c’est commode et que l’on découvre toute une portion de route depuis cet endroit), qui n’est pas très grand non plus mais qui permet de faire demi-tour puisqu’à cet endroit le fossé s’interrompt. J’ai rajouté en incrustation la voiture de Christian Ranucci arrêtée. On constate bien qu’elle est assez loin, que si M. Aubert voit un homme s’enfuir l’espace de deux secondes, c’est qu’il ne se trouvait pas si près du véhicule Peugeot et que M. Aubert n’est pas en mesure à cette distance de certifier qu’il n’y a personne dans le véhicule puisqu’il ne voit que la lunette arrière. Si Christian Ranucci est affalé, il ne peut pas le voir.

  12. Pierrot

    Bonjour,

    Merci pour toutes les précisions.

    En 1976, ayant entendu parler de cette affaire par la télévision, et tous ces gens qui réclamaient la peine de mort m’horrifiaient, sachant qu’a cette époque bien des personnes se sont retrouvées en prison ou en garde-à-vue sans preuves, juste sur de simples accusations, relâchées souvent après sans excuses, ni pardon !

    Pourquoi la police a très vite laissé tomber la piste de la Simca 1100 ?
    Surtout que le frère de la victime est le principal témoin de cette affaire, et le garagiste qui a vu aussi la petite fille monter à bord de la voiture ?
    Autre part, j’ai lu récemment que la police Belge soupçonne Michel Fourniret dans cette affaire…
    D’autres zones d’ombre :
    – telle que : comment Christian Ranucci s’est retrouvé dans la champignonnière, on pourrait croire que l’assassin aurait arrangé ça pour lui faire porter le chapeau…?

    Cordialement.

    • admin

      Bonjour,

      La police n’a entrepris aucune enquête sur la Simca 1100 dès lors qu’il était posé comme a priori que Christian Ranucci était le coupable. Il est certain qu’il ne convenait pas de rechercher l’homme au pull rouge, pour des raisons qu’il appartient aux policiers de nous révéler : sans doute le personnage avait reçu des protections.

      Michel Fourniret ne peut pas être l’homme au pull rouge, il s’agit d’une fausse piste, même s’il pourrait se concevoir qu’il ait assisté au procès Christian Ranucci. L’homme au pull rouge a l’accent de Marseille, réside dans le sud de la France et ne correspond pas à la description de Fourniret.

      Christian Ranucci s’est retrouvé dans la chapignonnière parce que l’homme au pull rouge a conduit la voiture jusque là. Si cet homme avait eu l’idée de s’arranger pour lui faire porter le chapeau, alors il ne fallait pas déplacer la voiture elle se trouvait tout à côté du cadavre ce qui aurait été encore mieux. Non, l’homme au pull rouge déplace la voiture parce qu’elle fait signal de par sa position et ensuite, elle lui fait gagner du temps pour pouvoir se débarasser de ses vêtement tachés de sang. On peut supposer que les enquêteurs ont retrouvé le sac avec les vêtements de l’homme au pull rouge, mais ceux-ci n’ont alors rien dit.

  13. Pierrot

    Merci pour ces précisions. Une affaire qui donne froid dans le dos,

    cordialement.

  14. Pierrot

    Bonjour, une chose que je n’arrive pas comprendre…

    Ma question est : La voiture de Ranucci a-t-elle été expertisée suite à l’accident et les conséquences pour sa passagère telles que l’affirment les Aubert ?

    Je ne suis pas expert en accident de voiture mais j’ai eu un accrochage heureusement sans autres conséquences que matérielles en Juillet 1981 (dont je me souviens très bien) à un croisement dans Paris avec feu rouge, similaire au choc de celui de Ranucci, voitures R16TX/ R15 Tl, bien embouties… Mais surtout dans l’habitacle bien des choses ont volé en éclats. Si une personne m’avait accompagnée, elle aurait été très mal – à considérer en plus qu’il n’y avait pas de ceinture de sécurité…, de même que pour la Renault 15 !

    • admin

      L’expertise de la voiture a été rapide puisqu’elle a duré une seule journée et que ladite voiture a été rendue à Mme Mathon le lendemain. Il est manifeste que le scénario de l’accusation ne tient pas : cette petite fille n’était pas habituée à rouler en voiture, son père n’en possédait pas.
      Suivant le choc, en plus d’être terrorisée d’avoir été conduite en ce lieu par un inconnu, elle aurait paniqué. Mais non, les Aubert décrivent une enfant qui demande prétendument à Christian Ranucci : où va-t-on ? Qui ne serait pas effrayée, qui les voit à moins de 3 mètres mais qui ne leur demande pas du secours. Ce scénario n’est définitivement pas crédible.

  15. XAVIER CIMIOTTI

    Bonjour,
    Je reste persuadé que le nœud de l’énigme de cette affaire, réside dans le « trou noir » dont Ranucci est victime (ou prétend l’être) entre sa collision au carrefour dit « La Pomme » et le moment où on le retrouve dans cette champignonnière, quelques heures plus tard.
    En effet, ce « passage à vide » permet d’échafauder des plans qui vont dans le sens de la non-culpabilité de Ranucci mais aussi dans le sens inverse.

    À mon avis, il y a deux alternatives dans le processus :

    – soit Ranucci ne se souvient effectivement plus de rien et l’homme au pull-rouge l’aurait ainsi « instrumentalisé » pour couvrir le meurtre de la fillette ; cette hypothèse nécessite quand même d’énormes concours de circonstances et fait de Ranucci l’homme qui se trouve vraiment au mauvais endroit au mauvais moment mais bon cela reste plausible.

    – soit Ranucci qui, de toute façon ne se souvient plus de rien, est bien malgré lui, mêlé à l’assassinat de la petite, en partant du principe qu’il se retrouve à chaque fois aux endroits « clés » de ce drame.

    Sans vouloir prôner la culpabilité de Ranucci, loin s’en faut, je me demande pourquoi ment-il sur certains détails si bénins ? Je pense ainsi à la nuit passée avant sa collision ou au pourquoi de sa présence au fond de la champignonnière…

    Quoiqu’il en soit, cette affaire reste énigmatique et je crois que Ranucci n’a de ce fait, jamais compris pourquoi il a été condamné et c’est bien çà le pire dans cette histoire.

    • Cette idée que l’homme au pull rouge aurait « instrumentalisé » Christian Ranucci ne tient pas vraiment pour une première raison : Christian Ranucci se trouve à cet endroit par suite d’un accident, ce n’était pas prévu comme ça.
      Ensuite, l’intervention de cet homme dans son univers se limite au fait qu’il a vu qu’il était dans une sorte de quasi-coma et qu’il a pris la voiture pour la conduire dans la champignonnière. Si l’idée était d’instrumentaliser Christian Ranucci. Il suffisait alors de mettre le couteau dans sa poche et de surtout laisser la voiture à l’aplomb du lieu du crime, ne pas la déplacer.
      Pourquoi Christian Ranucci à certains moments ne dit pas la vérité aux policiers : parce que la vérité n’arrange pas les policiers, et c’est eux qui rédigent les procès-verbaux. Pourquoi lui font-il dire qu’il a passé la nuit à Salernes ? Si on découvre qu’il était soul à Marseille toute la nuit, on va en conclure qu’il n’était pas en état d’enlever une fillette. Même chose pour les incohérences des procès-verbaux sur la place de la voiture, de la barrière et de la façon dont il se réveille dans le tunnel. On ne va pas écrire qu’il s’est endormi et qu’il ne sait pas comment il est arrivé là parce que cela signifie qu’une autre personne est intervenue. Ce que le commissaire Alessandra reconnaitra devant Gilles Perrault plus tard, en énonçant cette incohérence que Christian Ranucci avait en l’homme au pull rouge un complice, ce qui n’a pas de sens vu que la présence de Christian Ranucci, encore une fois, résulte d’un accident et donc du hasard.

  16. cometemars

    Bonjour,

    Pour ma part, j’ai une question. Ranucci a un accident. Il commet un délit de fuite par peur de voir son assurance augmenter. Question : Pourquoi, s’il s’est arrêté pour réparer sa roue n’est-il pas près de son véhicule ? Même le plus idiot du commun des mortels sait qu’une plaque donne une identité. C’était la voiture qu’il fallait dissimuler et ne pas laisser à la vue d’autres automobilistes.

  17. thierry

    Ce qui est surprenant, entre le moment de l’accident et le stationnement de la Peugeot, il se passe quelles minutes, et l’homme au pullover rouge est déjà au pied de la voiture, normalement avant de descendre ce talus, cet homme surpris, se donne un temps de réflexion, surveille un peu, ne comprend pas ce qui se passe – la durée de tout cela, environ 5 minutes. C’est comme s’il s’agissait d’une aubaine pour le tueur de se précipiter de suite sur la Peugeot afin de la voler et s’enfuir, ou d’y voir un autre intérêt. Tout en étant certain que c’est bien l’homme au pullover rouge qui se trouve au pied de la voiture de Ranucci qui se trouve lui dans le coma. Merci de répondre.

    • Vous voulez sans doute dire qu’entre le moment où la voiture de Christian Ranucci s’arrête au bord de la route et la survenue de la voiture des Aubert, il se passe quelques minutes.
      Tout ce que vous décrivez se passe en 5 minutes et c’est le temps pour cet homme – qui est sans doute en train de cacher le corps sommairement – d’être surpris de voir une Peugeot se garer précisément à cet endroit, de laisser le temps passer pour s’apercevoir qu’elle ne redémarre pas, de descendre les vingt mètres qui le séparent de la voiture pour voir ce qui se passe et d’apercevoir Christian Ranucci affalé sur le volant, inanimé.
      Et c’est à cet instant que la voiture des Aubert surgit et M. Aubert dit que cet homme remontait en courant sur le talus. Bien évidemment pour se cacher. Et lorsque M. Aubert l’appelle, il ne répond pas. Donc non le tueur ne se précipite pas sur la voiture, en tout cas ce n’est pas ce que les Aubert observent. Ils observent quelqu’un qui remonte sur le talus. L’idée de déplacer la voiture et de s’en servir pour rejoindre le tunnel ne lui vient qu’après si l’on examine les éléments connus, une fois que la voiture des Aubert est repartie.

  18. thierry

    Si je comprends bien, suite à l’enlèvement de l’enfant, l’homme au pullover se rend à la champignonnière. Sur place, la petite Marie réussit à s’échapper, l’homme la poursuit à pied, s’en saisit, et l’assassine sur les lieux où l’on retrouve son corps, comment expliquer que celui-ci remonte le talus avec un paquet, soit disant ses habits ensanglantées, je pense qu’il n’y avait pas de paquet car au début de cette poursuite il n’aurait pas eu l’idée et le temps de prendre des vêtements de change, la poursuite a dû être spontanée, et la poursuite a eu lieu car la petite Marie avait des égratignures par les épines, Christian Ranucci, avait soit-disant aussi des égratignures. Les Aubert n’ont jamais vu l’enfant autrement, obligatoirement, ils l’auraient précisé au retour sur les lieux de l’accident en le disant à Martinez. Merci de répondre.

    • Suite à l’enlèvement de l’enfant, il va se garer dans le chemin de la Doria pour abuser d’elle, mais dès que la voiture est arrêtée, celle-ci s’enfuit et se cache dans la garrigue. Elle remonte de l’autre côté sur la nationale pour chercher du secours, mais là l’homme l’attendait et se met à la poursuivre, elle grimpe sur le talus et c’est là qu’il la rattrape et la tue de rage. Il retourne à son véhicule se changer et revient en portant les vêtements « inondés de sang » (dixit l’inspecteur Grivel) dans un paquet avec l’intention de les cacher dans le tunnel de la champignonnière. Il dissimule le corps avec des branchages lorsque surgit la voiture de Christian Ranucci. Lorsqu’il est en train de descendre voir la Peugeot, surgit la voiture de M. Aubert et l’homme remonte précipitamment. M. Aubert l’appelle mais il ne répond pas et se cache. Ensuite, constatant que Christian Ranucci est profondément endormi, il le fait basculer sur la banquette arrière et prend les commandes de la Peugeot qu’il conduit dans le tunnel. Il laisse là son pull et le paquet de vêtements dans la profondeur du tunnel – que les policiers ont dû retrouver mais ont dissimulé – et remonte à pied puisque la voiture est définitivement embourbée. Il fait un détour pour cacher le couteau dans la tourbe et retourne à sa simca qui est garée dans le chemin de la Doria.

  19. thierry

    Je pense que la version du paquet est vraiment réelle , M. Aubert n’avait pas d’intérêt a mentir sur le signalement de la fillette qui n’est pas encore connu, pour ma part, je pense que Ranucci n’est pas descendu de sa voiture, n’a pas vu le meurtrier descendre du talus pour se saisir de la voiture avec ce paquet volumineux qui peut être la fillette déjà morte et enveloppée dans un drap, et surpris, remonte ce talus pour ensuite la cacher sous les broussailles…

    • Ce n’est pas l’enfant qu’il laisse sur place et cache de façon sommaire avec des broussailles, mais sans doute les vêtements qu’il portait lors du meurtre et qu’il compte sans doute cacher au plus profond du tunnel. Comme dit l’inspecteur Grivel, ces vêtements étaient « inondés de sang »…

  20. Quelques incohérences ou manques de rigueur avérés relevés au fil du blog émanant de divers témoignages ou compte-rendus de témoignages qui montrent bien la fragilité de certains de ces récits et des graves conséquences qu’ils peuvent parfois entrainer.

    1. « Ce jour à 12h30, venant d’Aix en Provence et me dirigeant vers Toulon, je me trouvais au carrefour de « la Pomme » lorsque j’ai été heurté à l’avant gauche (sic) par un véhicule qui venait de ma droite et de Marseille, et qui n’avait pas marqué le temps d’arrêt au panneau stop. »

    CGF : Evidemment il y a une erreur dans cette transcription du témoignage de Martinez car il ne peut s’agir de l’avant gauche de son véhicule … mais bien de l’avant droit, le véhicule de Ranucci venant bien comme indiqué de sa droite.

    2. « Sous le choc, mon véhicule a eu l’aile gauche (sic) enfoncée et j’ai été immobilisé, tandis que le véhicule en cause, une peugeot 204 (sic) etc … »

    CGF : On réitère ici l’erreur de l’aile gauche et on y introduit en sus une peugeot … 204 ! en lieu et place d’un coupé 304.

    3.  » Le service de la sureté urbaine saisi par commission rogatoire de Mlle Di Marino Juge d’Instruction à Marseille a pu apprendre que dans les heures qui ont suivi l’enlèvement le lundi 3 juin un accident de la circulation a été commis pour non observation feu (sic) dans l’agglomération de Gréasque par le conducteur d’une Peugeot 204 etc … »

    CGF : outre la faute grammaticale (il manque « d’un ») on parle ici de « feu » en lieu et place d’un « stop » qui correspond à la réalité du croisement de la Pomme. 42 ans plus tard, le stop est toujours là.

    4. le journal Nice-Matin du 7 juin :
     » … Lundi de Pentecôte, vers 10h30, j’étais en voiture avec mon épouse …

    CGF : évidemment c’est bien plus tard (environ deux heures plus tard)

    « … Au bout de quelques kilomètres, le coupé stoppa … »

    CGF : il s’agit tout au plus de quelques hectomètres et en aucun cas de kilomètres, car la distance sur la Nationale 8bis séparant le carrefour de la Pomme de l’entrée de la fameuse champignonnière est exactement de 1300 mètres (à +/- 100 m) puisque mesurée par mes soins avec le compteur hectométrique de mon véhicule.
    On notera d’ailleurs que la Nationale 8bis (dite « la route de Marseille » dans les divers récits de l’affaire Ranucci) est aujourd’hui la D908 et que la Nationale 96 (Aix > Toulon) est devenue la D96.

    • S’agissant des impacts sur le véhicule de Martinez (cf points 1. et 2.) ci-dessus, je rectifie mon propos car en effet tout dépend de l’engagement du véhicule de Ranucci dans ce carrefour.
      Les chocs du côté gauche du véhicule de Martinez sont tout à fait possibles.
      Ils traduisent simplement le fait que le véhicule de Ranucci était déjà bien engagé dans le carrefour, et dans le cas contraire, ce serait le côté droit de Martinez qui aurait été touché.
      La différence entre ces deux possibilités (mais celle mentionnée – à savoir le côté gauche de Martinez – dans ces rapports, peut donc être la bonne) montre bien qu’à une fraction de seconde près on peut arriver à un résultat complètement différent.
      Ceci n’est qu’un exemple qui est assez interpellant pour tirer la vérité dans ce dossier si l’instruction s’est véritablement passée au pas de charge comme cela est indiqué dans l’ouvrage de Gilles Perrault.

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