32 La vérité apparue de cet empressement même…

 

Tandis que Christian Ranucci se trouve en garde-à-vue à Marseille, le 6 juin 1974 au matin, les trois policiers venus perquisitionner à dix heures et demi le logement niçois de Mme Mathon, lui délivrent une injonction inattendue  et la prient de bien vouloir les suivre jusqu’à l’Évêché car, affirment-ils, sa présence est requise. Mme Mathon accroche un mot sur la porte de son appartement afin d’avertir de son absence impromptue les parents des enfants qu’elle garde. Elle prend volontiers la route attachée à cette ferveur qu’elle y voit l’aubaine de pouvoir se rapprocher de son fils…

Quelle raison la police avait-elle de faire venir si vite Héloïse Mathon ? Pour quel motif inavoué faisait-elle preuve d’une si grande précipitation ? Tandis qu’à 17 heures l’accusé vient d’avouer tant de choses et l’endroit où il aurait caché l’arme du crime, l’on va entreprendre de la faire rechercher par les gendarmes en dehors de sa présence.

À cet instant même le Commissaire Alessandra prend soin de recevoir sa mère avec une grande sollicitude. Il lui permet de voir son fils – ecce Mater tua, ecce Filius tuus – le temps de quelques secondes ; il ne faudrait pas que le jeune homme en parlant librement avec elle retrouve l’esprit. Elle est saisie par son œil qui saigne, que n’apercevra pas le Docteur François Vuillet sans doute beaucoup moins attentionné, saisie par ce regard halluciné, comme si son enfant venait de rejoindre un sombre lointain où l’on dérive par le mélange des images et des pensées.

L’enquêteur Canonge enregistre son audition à 17h15, lui posant des questions tellement anodines qu’elles n’exercent nulle incidence sur l’enquête. Les propos qu’il recueille ne sauraient éclaircir de quelque manière que ce soit les motifs d’un tel empressement, de telles marques de faveur et d’attention :

 

 

 

La raison véritable d’avoir fait venir Mme Mathon n’apparaît qu’en toute fin du procès-verbal, à la suite de ces questions transparentes et troublantes. Les policiers ont pris cette invraisemblable décision de rendre la voiture à son propriétaire et pour cette fin ont fait presser la réalisation de son expertise – moins d’un jour pour mander le spécialiste, rechercher les éventuelles empreintes et taches suspectes – et qu’elle soit bientôt prête :

 

 

 

Durant cette période à 17h30, l’inspecteur Porte recopie soigneusement les Procès verbaux de saisie des scellés, ce qui a pour effet d’entériner le plus rapidement qu’il est possible par un acte authentique la présence du pantalon d’homme de couleur sombre, des lanières tressées, du canif Opinel, comme ayant été saisi dans le coffre de la voiture… Tandis que cette célérité ne trouve nulle cause en vérité sinon celle de doubler le procès-verbal où la mention du pantalon a fait l’objet d’un ajout subreptice…

La motivation de vouloir à ce prix se défaire du coupé Peugeot – la principale pièce à conviction – dans l’agitation du premier jour d’enquête ne se dévoile pas. Et plus encore, Mme Mathon ne sait pas conduire.

Afin que cette dame désemparée puisse reprendre possession du véhicule, il semble bien que la mise en scène de ce théâtre bousculé ait été arrangée par avance avec soin car de façon providentielle trois journalistes viennent l’entourer et se proposent de la secourir. Paul-Claude Innocenzi, Roger Arduin et surtout Christian Chardon du journal Détective lui font-ils cette offre d’être les chauffeurs du coupé Peugeot afin de la conduire jusqu’au cabinet d’Émile Pollack, ténor marseillais puis, Maître Pollack s’étant absenté, lui suggèrent-ils de rencontrer Paul Lombard, enfin, la conduisent à l’hôtel.

Ainsi donc le véhicule dont l’accusation prétendait qu’il avait servi à transporter une enfant enlevée et tuée sauvagement, se baladait quatre jours après les faits sans aucune surveillance au cœur de Marseille, avec la bénédiction du commissaire de police et du principal chargé d’enquête… C’est cela sans doute que l’on dénomme de ce nom flamboyant, la « bonne marche de la justice ».

Au lendemain matin, le 7 juin 1974 à 11 heures, Mme Mathon quitte l’hôtel et se présente à l’Évêché. Un certain nombre d’objets sont déclassés et lui sont remis comme la paire de jumelles, la carabine enveloppée dans une robe de bain ou le flacon de whisky. Les policiers restituent également les quatre clés rangées dans un trousseau en cuir, parmi lesquelles figurent celles de la voiture et celles du garage individuel qu’elle possède sous le logement des Floralies. Le journaliste aurait donc conduit la veille la voiture avec une autre clé, en conséquence une clé qui ne faisait pas partie des scellés…

 

À constater le soin élégant que l’on porte à la remise du trousseau et de ses quatre clés, de mauvais esprits suggéreront que les enquêteurs s’étaient donné le temps durant la matinée du 6 juin, ou plus tard, d’en faire les doubles…

C’est en réalité à Christian Chardon, auxiliaire impromptu de police, qu’ils confient dans les faits le véhicule, avec pour mission à nul doute de raccompagner Mme Mathon en transportant le coupé Peugeot jusqu’à la ville de Nice…

Extrait de l’interview de Christian Chardon par Gérard Bouladou en 2004 (Autopsie d’une imposture, Pascal Petiot Éditions, 336 p.) :

« Elle me fait confiance, elle est perdue à Marseille, cette femme. Elle ne connaît personne, elle ne sait pas conduire, elle ne peut pas se déplacer. Et elle me dit qu’elle aimerait bien d’ailleurs qu’on récupère la voiture de son fils, garée dans le commissariat, pour se faire conduire.

Donc, elle me donnera un courrier, elle téléphonera, etc., pour que la voiture de Christian Ranucci me soit restituée, à moi. Je vais amener cette dame de Marseille chez elle à Nice, au volant de la voiture de Christian Ranucci. On part de Marseille en fin de journée; j’avais du travail et je suis persuadé qu’on y est arrivés en début de soirée, parce que j’avais un dîner à Nice, avec un avocat niçois qui est Me Guerraz. Il est décédé malheureusement maintenant. Et on a dîné, je me souviens très bien de ce soir-là, sur la place du marché à Nice.
Me Guerraz avait, lui aussi, assuré la défense d’un homme qui avait été condamné à mort (Ali Ben Yanes en 1973). Il avait assisté à l’exécution. Cela l’avait beaucoup marqué et il me l’avait souvent raconté. »

Tout se passe avec bien trop de précipitation le 5 juin 1974 pour qu’il soit simplement possible que Mme Mathon donnât un courrier ou puisse téléphoner, car dès son arrivée à Marseille, le véhicule lui est restitué – en vérité, il s’agit bien d’une proposition des policiers – les souvenirs de M. Chardon ne sont pas fidèles sur ce point, comme quelques autres.

 

 

De façon incohérente, les policiers pourtant aguerris ont conservé la carte grise, ce qui signifie qu’ils entendent bien la reprendre dès cet instant – l’incohérence transparaît dans cette volonté de la restituer de façon indéniablement prématurée. Or ces opérations paraissent d’autant plus subtiles que le commissaire ne peut ignorer l’exigence du juge de disposer peu après du véhicule pour effectuer la reconstitution, ce qu’enjoint l’instruction d’une telle affaire, qu’il pourrait se trouver utile d’effectuer les contrexpertises recommandées par le Parquet ou bien la Défense. Pourquoi s’en sépareraient-ils, juste à cet instant ?

Il transparaît que le dossier Ranucci s’est enveloppé d’opérations policières dépourvues de toute méthode, qu’on ne rencontrerait dans aucune autre…

Christian Chardon, accompagné de Mme Mathon, retourne alors jusqu’à Nice à bord du coupé Peugeot 304  :

« Donc, j’ai ramené cette dame et j’ai gardé la voiture de Christian Ranucci, tout cela parce que je n’en avais pas d’autre, il fallait bien que je me déplace. J’ai dormi à Nice et le lendemain matin, l’heure, je ne m’en souviens plus, mais en début de matinée, car j’ai toujours travaillé de bonne heure, entre 8 et 9 heures, on va dire peut-être vers huit heures, j’ai ramené la voiture chez madame Ranucci.

G. B. – Vous avez dû la rentrer dans le garage?

C. C. – Oui, parce qu’elle n’avait pas la capacité de le faire elle-même.

G. B. – La voiture avait été expertisée?

C. C. – Je me souviens très bien en tout cas qu’ils avaient passé de la poudre, elle en était pleine, je m’en mettais partout. Donc, cela, je m’en souviens parfaitement. »

Si l’on voulait mettre en miroir les déclarations de Mme Mathon, celles-ci ne coïncident pas exactement quand à l’heure de l’arrivée de la voiture  :

« Je rentrai à Nice chez moi, seule, ce soir-là, avec la voiture de mon fils, qui me fut rendue après les examens. Aucune empreinte ne fut relevée. Ce fut un journaliste qui la conduisit. Il la plaça dans le garage. En fermant la porte, il me remit les clés. Il était plus de 22 heures.« 

(Christian Ranucci, 20 ans après, Julliard, 1995)

C’est ainsi que – soit le vendredi 7 au soir, soit le samedi 8 juin au matin, Christian Chardon range soigneusement le coupé Peugeot dans le box fermé où traîne la mobylette de Christian Ranucci et celui-ci n’en bougera plus jusqu’au dimanche…

 

 

 

Restituer la voiture de Christian Ranucci dans la précipitation à sa mère qui ne sait pourtant pas conduire ne pouvait avoir qu’un seul objet : reprendre subrepticement dans le garage de Nice le pantalon qu’on prétendait avoir saisi dans le coffre de la voiture.

 Il figure dans le dossier d’instruction une pièce datée du 10 juin 1974 à 8h30 qui vient affirmer que le sous-officier de police Ernest Ott s’est rendu le 9 juin 1974 en la ville de NICE. Qu’il s’est présenté au siège de la Sûreté Urbaine de cette ville où y étant, il a reçu des mains des fonctionnaires de ce service, afin de la conduire à Marseille, le véhicule de marque « Peugeot », immatriculé sous le numéro 1369 SG 06.

Cela signifie que le dimanche soir, le 9 juin, le véhicule est retiré du garage et conduit jusqu’à la Sûreté Urbaine de Nice et de là, pris en charge jusqu’à Marseille.

Le sous-officier Ott précise que le voyage s’est effectué sans incident et qu’il a garé le véhicule devant l’Hôtel de Police de l’Évêché. Ceci vient signifier qu’à l’heure où il est parvenu à l’Évêché, la cour où sont rangées les voitures de services était fermée, comme il peut en être sans doute le dimanche soir.

Comment un inspecteur principal en fonction à la Section criminelle nord pourrait-il se tromper en inscrivant les dates en toutes lettres ; or donc il est bien huit heures trente le dix juin lorsqu’il entend le sous-officier Ott qui lui certifie sous serment que le véhicule se trouve devant l’Évêché depuis la veille le neuf juin car il vient de le chercher à Nice…

Cette opération est d’autant plus curieuse que la commission rogatoire ordonnant la saisie du véhicule n’est émise par le juge d’instruction que le lendemain, 10 juin 1974, et délivrée à Monsieur le Contrôleur général, Commissaire central de Marseille et tout à la fois, avec une curieuse précipitation, par le biais d’un télégramme au Commissaire Principal de la Sûreté Urbaine de Nice. Elle comporte la mission suivante :

«Aux fins de reconstitution, retirer aux fins d’être gardée dans le service la voiture de Ranucci Christian accidentée au moment des faits partout où besoin sera conformément à l’article 18 C.P.P.Vu l’urgence. »

La voiture aura été saisie précipitamment en devançant les désirs du magistrat instructeur et paraissait-il soudain urgent de la conserver au point de se demander ce qui passait par la tête des officiers de police pour avoir pris la décision de la rendre trois jours plus tôt.

Et pour appuyer la mission de la Commission rogatoire, Madame Mathon certifie que les policiers ne sont venus que le lundi 10 juin chercher la voiture :

« Héloïse Mathon reçut à dix heures la visite de deux policiers niçois. « Ils m’ont dit, raconte-t-elle, qu’ils avaient reçu l’ordre de reprendre la voiture et de la ramener à Marseille. J’ai été surprise. Je ne comprenais pas pourquoi on me l’avait rendue le vendredi pour la reprendre le lundi. Enfin, c’était comme ça. Je leur ai donné les clefs de la voiture en leur signalant que la police marseillaise avait conservé la carte grise, j’ai pris la clef du garage et je les y ai conduits. Là, grande surprise : le garage était vide. Plus de voiture ! Il n’y avait que le vélomoteur abîmé de Christian avec lequel il avait eu un accident juste au moment où je lui avais offert la voiture. J’étais bien sûr ébahie mais les deux policiers n’ont pas eu l’air trop surpris. Ils m’ont dit : « Ce n’est pas grave : les autres sont sûrement venus la prendre. » « 

(Le pullover rouge)

Ceci n’est pas ordinaire et l’enlèvement aurait dû se faire en présence de son propriétaire, mais s’il s’agissait de tout autre chose comme rechercher le pantalon qui traînait sur la mobylette du box des Floralies, il est vrai que la présence de Mme Mathon n’était pas recommandée…

Ainsi les procès-verbaux que l’on lui fait signer ce matin du dix juin, en lui certifiant que tout cela n’a pas d’incidence car ce sont sans doute des collègues qui se sont chargés de reprendre le coupé Peugeot, mentionnent très vraisemblablement des faits inexacts :

 

 

Comment le coupé Peugeot pourrait-il être conduit à Marseille le neuf juin et se trouver encore dans le box des Floralies le lendemain ? Comment l’inspecteur Canonge pouvait-il accuser réception du véhicule à 8h30 à Marseille tandis qu’à dix heures il se trouvait au dire de l’inspecteur Poli à Nice ?  Cela ne se peut nullement. Ainsi donc est-on enclin à tenir pour exact ce que rapporte Mme Mathon et déduire  de ces contradictions que la police est venue la veille reprendre la voiture subrepticement dans le garage où, peut-être, se trouvait le pantalon taché de sang…

« Il demeure que dans une affaire remarquable tant par la gravité du crime que par celle du châtiment encouru, on a, selon toute vraisemblance, saisi une voiture par effraction et de la manière la plus  illégale, et prêté à un témoin – Mme Mathon – des déclarations et un comportement inventés de toutes pièces. »

(le Pullover rouge)

 

 

 La Commission de révision et les ineffables magistrats Malibert et Ract-Madoux rejetteront la troisième requête déposée par Mme Mathon en simplifiant le mystère, réduit à la cendre du corps de Christian Ranucci au plus profond de sa tombe, et s’ils sont contraints de reconnaître en tout extrême :

« qu’il est exact qu’une contradiction existe entre le procès-verbal D76 de l’inspecteur de police de Nice qui a saisi le véhicule au domicile de Mme Mathon le 10 juin 1974 et le procès-verbal D85, mentionnant les observations du convoyeur du véhicule de Nice à Marseille, selon lesquelles ce transfert aurait été effectué le 9 juin,

Ils parviennent  cette conclusion sans appel d’un très haut niveau juridique :

« il s’agit en l’espèce d’une erreur matérielle, sans incidence sur la culpabilité de Ranucci.

Attendu au demeurant que l’ensemble de ces procès-verbaux aujourd’hui contestés, figuraient au dossier de la procédure et n’étaient donc pas inconnus de la juridiction au jour du procès; »

Certes, l’on peut toujours laisser croire que les jurés avaient été mis dans la confidence que la procédure recelait des faux grossiers, mais il semble bien qu’ils ne l’ont pas su à temps, pas suffisamment de temps avant que le couperet ne se soit suspendu, et s’il est vrai que les juges de la Cour de cassation souhaitent avec vigueur ne pas penser même que ce maquillage ait pu dissimuler autre chose qu’une simple « erreur matérielle », il semble bien qu’ils aient eu vent que la contradiction des termes masquait le fait que la prétendue preuve du pantalon taché de sang était en réalité controuvée, et qu’ainsi l’on pouvait douter bel et bien de la culpabilité de Christian Ranucci.

Il s’avère qu’être juge à la Commission de révision est l’un des beaux métiers que chacun rêve sur terre d’exercer un jour…

 

 

Si l’on voulait se convaincre de ce que la restitution du coupé Peugeot à son propriétaire le lendemain de sa saisie n’avait rien d’habituel et laissait entendre de sourdes manipulations, il suffit de connaître ce qu’il advint lorsque Christian Ranucci se hasarda à demander la restitution du véhicule au cours du mois de septembre 1974, alors que la reconstitution et les analyses avaient eu lieu :

 

ORDONNANCE DE REJET DE DEMANDE DE RESTITUTION Nous Ilda DI MARINO, Premier Juge d’instruction au Tribunal de Grance Instance de Marseille,
Vu la demande de restitution de véhicule présentée par RANUCCI Christian,
Vu les observations de Monsieur Le Procureur de la République,
Vu les observations de la partie civile,
Attendu que le véhicule dont la restitution a été demandée constitue une pièce à conviction, qu’il est nécessaire de la conserver pour la bonne marche de la justice.
Par ces motifs:
Il convient de rejeter la demande de restitution du véhicule Peugeot 1369 SG 06 de RANUCCI Christian. Notification de la présente ordonnance a été faite conformément à l’article 99 du code de procédure pénale à l’inculpé et à la partie civile par lettre recommandée avec accusé de réception. Le 24 septembre 1974.

Ainsi l’invraisemblable restitution du 6 juin 1974 était pourtant conforme à la bonne marche de la justice tandis que la reconstitution des faits n’avait pas encore eu lieu, mais elle l’entravait tandis que le véhicule ne servait plus. Par cette volonté de faire peser sur le justiciable l’autorité de l’État, le juge d’instruction révélait mieux encore la supercherie.

Qui plus est, l’institution judiciaire prend sur elle de faire louer un garage pour la conserver ! Il n’est plus question désormais du box des Floralies :

Nous, Commissaire de Police, Officier de Police judiciaire en résidence à Marseille
Vu la commission rogatoire ci-jointe en date du douze novembre 1974 de Mademoiselle Ilda Di Marino, Premier Juge d’Instruction au Tribunal de Grande Instance de Marseille n° 93/7 et relative à la procédure suivie contre le nommé RANUCCI Christian, inculpé d’enlèvement de mineure de moins de quinze ans , homicide volontaire.
Avons fait comparaître devant nous à dix heures Monsieur R, né le 1er avril 19xx à Marseille garage situé x rue des H…, Marseille, 2eme.
lequel après avoir déclaré n’être ni parent ni allié ni serviteur de l’inculpé et avoir prêté serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, a déposé comme suit:
« Je suis le copropriétaire du garage Sainte-Claire, sis x rue des H… à Marseille , 2ème.
Suite à la réquisition que vous nous avez adressée, j’ai fait remiser dans mon garage le véhicule Peugeot 304, immatriculé 1369 SG 06.
Vous m’indiquez que ce véhicule est saisi par mesure judiciaire.
Je prends acte que vous me notifiez que je suis constitué gardien séquestre de ce véhicule, jusqu’à nouvel ordre.
J’établirai un état de frais en conséquence. »

 

Lorsque les Policiers saisissent la voiture la première fois, le 5 juin au soir, celle-ci se trouve dans le garage collectif de la Résidence… et non dans le box fermé à clef.

En cet instant où le commissaire Alessandra venait chercher Christian Ranucci à Nice, il se posait à lui un premier mystère car les témoignages et les indices ne s’ajustaient pas l’un à l’autre véritablement s’il s’agissait de cerner un coupable. Comment un habitant de Nice pouvait-il en semaine s’être rendu à Marseille agresser des enfants en portant un pull rouge ? Et sans doute la première question qu’il posa au jeune homme concernait le déroulement de sa journée du vendredi et celle du samedi, soit les deux jours durant lesquels des habitants de cités de Marseille avaient croisé la route d’un homme pareillement vêtu qui tentait d’enlever ou d’agresser des enfants.

En ce cas, il convenait de s’assurer de pièces à conviction qui puissent submerger cette impossibilité par leur évidence, tant il semblait se déduire des faits que l’homme dont on avait aperçu la voiture si proche du lieu du crime ne pouvait qu’en être l’auteur.

Aussi convient-il de conduire Christian Ranucci à sa voiture et de la fouiller. Le coupé Peugeot est rangé dans le garage collectif de la résidence. Nous en sommes certains par la foi d’un journaliste accompagné d’un photographe, ayant devancé les enquêteurs et réalisé des clichés en fin d’après-midi qui paraîtront dans la presse niçoise :

La voiture dès lors  ne se trouvait pas dans le box fermé que Mme Mathon possède sous l’appartement des Floralies, mais dans le parking qui se trouve pour sa part sous un tout autre immeuble dénommé « les Anémones ».

Il pouvait être particulièrement tentant, muni du trousseau de quatre clés, après s’être enquis des portes qu’elles permettaient d’ouvrir, d’aller faire un tour jusqu’au box hors la présence de Christian Ranucci et vérifier d’un regard ce qui pouvait s’y trouver, dénicher par exemple le vélomoteur, et sans doute le pantalon bleu taché de sang.

Une impression curieuse de confusion transparaît de la rédaction du procès-verbal lorsqu’il énonce que le coupé Peugeot : « se trouve garé dans le garage collectif de l’immeuble occupé par RANUCCI Christian, à savoir les Floralies bat F. » Car s’il s’agit du garage collectif de la résidence, celui-ci se trouve sous l’immeuble dénommé « les Anémones« , situé en face de l’immeuble « les Floralies« . Autrement dit, le prétendu garage collectif des Floralies n’existe pas, il ne se trouve à cet endroit que des boxes individuels.

Or le raccourci d’expression semble vouloir laisser subsister une ambiguïté quant au fait qu’il pourrait tout autant s’agir du box individuel des Floralies.

 

Les enquêteurs ne pouvaient se permettre de saisir une pièce à conviction alors qu’elle se trouvait dans un endroit qu’ils n’étaient pas censés avoir connu et si l’on faisait part à cet instant de la présence de ce pantalon au milieu du bric-à-brac sur le vélomoteur, Christian Ranucci se serait aussitôt souvenu de la cause exacte de la présence des taches de boue et de sang, et la force probante de cet élément en eut été anéantie.

C’est pourquoi à nul doute, n’ont-ils pas saisi le pantalon et se sont-ils contentés de contempler les taches, le laisser en attendant, puis, au milieu de la nuit, sans jamais le lui montrer, s’assurer qu’il ne se souvenait plus des causes et de l’origine des taches de sang et lui faire dire – alors qu’il ne pouvait plus rien y comprendre – qu’il portait ce pantalon au moment de son voyage, tandis qu’il se trouvait encore dans le box des Floralies.

 

Pour recueillir sans attirer l’attention la pièce à conviction qui figurait désormais sur le procès-verbal de saisie des objets censés se trouver dans le coffre du coupé Peugeot, fallait-il se donner un prétexte, lequel consistait à rendre la voiture momentanément à son propriétaire en recommandant au journaliste chargé de le conduire de la garer cette fois dans le box fermé à clé, sous l’appartement.

 

 

Les taches de sang sur le pantalon correspondent à la description de l’accident de vélomoteur et nullement à celles qu’occasionnerait un meurtre au couteau…

Il figure dans le livre de Gilles Perrault, la résolution de l’énigme, qu’Héloïse Mathon lui a rapportée sans doute, comme nul enquêteur n’avait songé même à le lui demander :

« Malchance pour Christian: ce 6 avril 1974 est un samedi et tous les cabinets d’assurance sont fermés. Il devra attendre le lundi pour inaugurer la belle auto qu’il ne se lasse pas d’admirer.

Faute de mieux, il se rabat sur le vieux vélomoteur caréné et part faire la tournée des amis. Au retour, il dérape sur les gravillons de la rampe en vérité assez raide menant du chemin de la Lanterne à la résidence. Mauvaise chute à la hauteur de la conciergerie. Il se relève avec le nez et la bouche en sang, et la main droite éraflée. La roue avant de sa machine est voilée ; le pédalier, brisé net. Sa mère le voit apparaître le visage en sang. Il la rassure : ses éraflures sont superficielles. Un accident de plus. Le dernier à vélomoteur.« 

 (Le Pullover rouge)

 

En vérité les taches de sang observées s’accordent avec la description de l’accident :

« Le pantalon de l’inculpé:
Il s’agit d’un pantalon bleu marine à tissage chevrons, à fermeture à glissière, portant la marque « eural-tergal ».
Ce pantalon en bon état est souillé de traces de boue prédominant à sa partie inférieure et devant le genou droit.
Il présente d’importantes traces d’apposition de coloration brun rouge, épaisse, homogène, dont l’aspect est celui des taches de sang desséché, notamment :
– à la jambe gauche, au dessous de la braguette
– à la jambe droite, au voisinage de la poche
– à la jambe droite, à la hauteur de la face interne de la cuisse
De même, quelques taches ayant l’aspect habituel des taches de sang sont observées à l’intérieur de la poche droite , sur le devant. « 

(Rapport Dr François Vuillet)

 

La main droite éraflée rend compte si naturellement des taches observées à la jambe droite du côté de la poche, à l’intérieur de la poche elle-même, et de même, il a suffit à Michel de tenter une expérience pour donner une explication évidente à la forme de la tache de sang étalée sur la jambe gauche et la face interne de la jambe droite, due aux blessures à la tête, tandis que Christian Ranucci conduisait la mobylette…

Démonstration de Michel 62 sur le forum Ranucci

 

Celle-ci apparaît un peu mieux en agrandissant la photo de l’identité judiciaire :

 

 

À contempler la correspondance idéale entre la forme de la tache issue de l’expérience avec celle du pantalon bleu, il en résulterait que le vêtement s’est trouvé souillé lors de l’accident du 6 avril, alors que Christian Ranucci se tenait assis sur sa mobylette, et non pas au cours du périple à Marseille ; qu’il convient d’en déduire la cause du rajout subrepticement effectué sur le procès-verbal que ce pantalon se trouvait effectivement non pas dans le coffre de la voiture, mais dans le garage des Floralies, qu’il n’en était plus sorti depuis le 6 avril…

 

Pour s’assurer de la solidité de son hypothèse, Michel a interrogé au début de l’année 2012 un expert auprès des tribunaux,  morphoanalyste des taches de sang qui lui a répondu ceci :

« Les traces d’imprégnation du pantalon ne correspondent pas aux faits du meurtre (selon le rapport d’autopsie : l’enfant a reçu 15 coups au niveau de la gorge et des coups de pierre )

En effet, au prime abord on ne distingue AUCUNE projection du couteau. Des taches sont bien présentes : l’une de forme rectangulaire, l’autre en forme d’aile de papillon. Le vide entre les deux est caractéristique de la formation de la tache sur le tissu tandis que  le bassin et la cuisse dans cette position forment un angle proche de 90 degrés .

Il est une certitude, le meurtrier ne portait pas ce pantalon au moment de la commission des faits.

Quelle que soit la position de l’enfant par rapport au meurtrier, la sortie de lame provoque une projection étoilée de gouttes de sang. Or aucune des taches présentes sur le pantalon ne caractérise ce meurtre et la sauvagerie avec laquelle il est commis.

Si j’étais convoqué à la barre de la cour d’assises, je serais catégorique : le meurtrier ne pouvait pas porter ce pantalon. Et je donnerais les motifs suivants :

– aucune trace de sang présente sur le tissu ne vient caractériser le meurtre.

– les taches de sang visibles sont la conséquence d’un goutte à goutte, la position de la personne portant le pantalon à ce moment est telle que le bassin forme avec la cuisse un angle de 90 degrés, qui n’est absolument pas compatible avec les constatations du rapport d’autopsie. »


Il ajoute à l’attention de Michel :

« Demain, je suis attendu sur une scène de crime, avec ces circonstances qu’un homme a reçu des coups de couteau à la gorge , et – croyez moi , ce que je vais observer n’a rien à voir avec les taches qui se trouvent sur le pantalon de Christian Ranucci. »

Alors Michel fait lecture à son attention d’un extrait du Procès Verbal de première comparution de Christian Ranucci chez le juge d’instruction :

 » Sans pouvoir être formel, je pense donc que, si une tache de sang a été découverte sur le pantalon trouvé dans ma voiture par les policiers, je pense qu’il s’agit de sang provenant de la fillette. Avant que l’enfant ne soit égorgée, mon pantalon était propre, il n’y avait aucune tache. « 

Et l’expert morphoanalyste répond aux affirmations de Christian Ranucci contenues dans le procès-verbal de façon catégorique :

« Ceci ne correspond pas à la matérialité des faits et relève de l’IMPOSSIBLE , au moment des faits, l’assassin ne portait pas le pantalon dont vous m’avez confié la photographie. »

 

Le dossier d’accusation, celui que M. Viala brandissait à la face des jurés pour obtenir une tête et la brandir à la face du peuple, du haut de son estrade et du haut de son théâtre, se composait de quatre charges faussées :

un dessin des lieux de l’enlèvement, en vérité le décalque d’une photographie du plan cadastral dont Christian Ranucci ne pouvait être l’auteur et qui laissait croire par une précision confuse qu’il se serait trouvé sur les lieux de l’enlèvement, alors qu’aucun témoin ne le reconnaît,

le témoignage controuvé des époux Aubert qui prétendent s’être approchés de la Peugeot, avoir vu Christian Ranucci s’enfuir alors qu’il n’en est rien. Ils ont certes entraperçu une autre personne, depuis l’endroit où il s’étaient garés, et ils sont repartis puisque cet homme dissimulé ne répondait pas à l’injonction de se montrer,

un couteau dont il semble bien qu’il a été trouvé dès le 5 juin 1974 avec l’aide du chien pisteur et du détecteur de métaux, et qu’on aura replanté le lendemain pour laisser croire que sa découverte résultait des indications données par les aveux de Christian Ranucci, alors qu’elles étaient données uniquement par les policiers au moyen du radio téléphone,

un pantalon taché de sang dont on prétendait qu’il provenait du coffre de la voiture de Christian Ranucci par la foi d’une mention rajoutée subrepticement sur un procès-verbal et qui fort naturellement se trouvait dans le garage fermé de Mme Mathon, tandis qu’il ne servait plus depuis l’accident de mobylette du 6 avril…

Le dossier avait été rabiboché de la sorte par tous les bouts, de telle façon qu’il puisse apparaître dans une sorte de perfection trompeuse et qu’on puisse envoyer sur ce fondement un jeune homme sous le couteau de la guillotine.

Désormais, il ne restait plus rien, ou bien si peu du dossier de l’accusation. Or sinon fallait-il s’enquérir de cette seconde personne entraperçue, qui conduisait une simca 1100 et filait toujours entre les doigts de la police et de la justice…

 

 

 

 

« Le lendemain, jeudi 6 juin, au soir ou en fin d’après-midi, l’on restitua ma voiture à ma mère. Comme elle n’a pas le permis, ce fut un aimable journaliste qui lui proposa de ramener la voiture à Nice et, par la même occasion, raccompagner ma mère chez nous. Vers 10 heures du soir, la voiture fut rentrée dans le garage fermé à clef. Le lendemain matin [en réalité, la scène se passe deux jours après, soit le 10 juin, NDA] des policiers de Nice se présentèrent à l’appartement et informèrent ma mère qu’ils venaient chercher ma voiture. Ma mère les conduisit au garage, ouvrit la porte, et… plus de voiture ! disparue !

Nous apprîmes par la suite qu’elle se trouvait à l’Évêché à Marseille. Qui a cambriolé le garage cette nuit là ? Le commissaire Alessandra ou un de ses hommes, c’est sûr (la voiture est retrouvée à l’Évêché). Mais l’important est de savoir « pourquoi? »… »

Christian Ranucci, Récapitulatif mai 1976

 

 

 

Chapitre 40 – Christian Ranucci

Chapitre 33 – Jean-Marc Deperrois – Daniel Massé

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32 Commentaires

  1. LucasGills

    Comme toujours très clair et très intéressant. Je vois néanmoins une « difficulté » dans le fait de récupérer la voiture le 9 à l’insu de Mme Mathon: le box est fermé à clé.

    De plus, d’après le témoignage de la mère de Christian reproduit ci-dessus, il me semble comprendre que les clés de la voiture et la clé du box n’étaient pas solidaires.

    En effet, le 10, lorsqu’elle accompagne les policiers niçois au garage, elle leur donne les clés du véhicule *puis* prend la clé du garage. Les policiers ont-ils eu en main à un quelconque moment cette fameuse clé du box ?

    Tout cela sous-entent-il que, pour pouvoir accéder à la voiture le 9, les policiers ont dû commettre une effraction ?

  2. Je vous remercie bien sincèrement pour l’appréciation que vous faites…

    Certes le box est fermé à clé. Il s’agit donc bel et bien du box individuel tandis que la voiture se trouvait le 5 juin rangée dans un parking collectif.
    Lorsque les gendarmes ont arrêté Christian Ranucci, ils l’ont à nul doute fouillé et donc ont trouvé le trousseau de cuir qui était en sa possession comportant quatre clés. Et l’on devine que l’une d’entre elles est celle du démarreur de la voiture, une autre est celle du coffre, une troisième est celle de l’appartement et une autre enfin est celle du box.
    Il fallait qu’il puisse y avoir accès puisqu’il y rangeait son vélomoteur et que cet endroit lui servait également pour bricoler.
    Or donc le 5 juin au soir les policiers détiennent la clé du box et c’est sans doute à cette occasion qu’ils décident à tout hasard de le visiter. Le dossier recèle déjà à nul doute des failles aux yeux des policiers qui savent que le pullover rouge désigne une personne qui se trouvait à Marseille le vendredi et le samedi, et non pas à Nice, là où Christian Ranucci travaillait et se reposait ces jours là…
    On remarquera que les policiers restituent le 6 juin au soir la voiture à Mme Mathon mais en confient la clé à Christian Chardon puisque Mme Mathon ne sait pas conduire. Ils ne procèderont à la restitution du trousseau de 4 clés que le lendemain.
    Il est facile d’imaginer qu’ils en ont fait des doubles le matin du 6.
    Et ceci est d’autant plus probable qu’ils sont certainement venus chercher la voiture de Christian Ranucci le 9 alors qu’ils avaient rendu également les clés de la voiture à Mme Mathon. C’est donc qu’ils en détenaient un exemplaire.
    Mme Mathon le matin du 10 ne leur confient pas le trousseau de 4 clés, elle a dû séparer les clés de la voiture de la clé de l’appartement et de la clé du box.

    Il semble que l’on doit en conclure que les policiers détiennent les clés et n’usent jamais d’effraction la chose est sûre, ils ont pu certainement utiliser des doubles parce qu’ils disposaient du temps voulu pour dupliquer les exemplaires saisis, tout simplement.

  3. Affaire Ranucci, le mythe de l'erreur judiciaire

    Madame Mathon était civilement responsable de son fils en date du 6 juin 1974, la majorité civile étant à 21 ans (baisse de la majorité à 18 ans par la loi du 5 juillet 1974).
    Il n’y a donc pas de bienveillance simulée ou de manipulation qui tienne… C’est du fait de la loi qu’elle a été convoquée, par exemple et en particulier dans le cadre d’un accident de la circulation et de toute réparation financière.

    Ce serait bien de dire la vérité à vos lecteurs.

    • Dans le cadre de l’accident de la circulation, la seule question qui est posée est celle du délit de fuite qui est traité par les gendarmes de Gréasque, pour ce qui regarde les réparations financières, elles sont strictement du ressort des assurances de l’un et de l’autre des conducteurs et cela ne concerne nullement les enquêteurs chargés de l’affaire criminelle.

      Vous passez sous silence le fait qu’on vient la chercher à Nice pour la ramener à Marseille, quel intérêt ? Lorsque l’on regarde sa déposition à l’évêché, elle n’a strictement aucune utilité dans le cadre de l’enquête criminelle, était-on si pressé de déclasser les pièces saisies ? On pouvait charger le juge d’instruction Di Marino de la convoquer plus tard dans son bureau et de lui demander ensuite de passer récupérer les pièces déclassées. Pourquoi se précipiter le 6 juin alors qu’il y a tant à faire ?

      La loi ne faisait donc aucune obligation de convoquer Mme Mathon (d’ailleurs dans les faits elle ne l’est pas ) et encore moins de la ramener à Marseille. Le seul intérêt des enquêteurs de se rendre à Nice est de procéder à la fouille de l’appartement, mais comme il se trouve un officier de police judiciaire pour se faire, il pouvait tout à fait l’interroger sur place et prendre le procès-verbal sur place. Ce qui se serait passé dans toute autre affaire de cette nature.

      Donc qui tente de désinformer qui dans cette affaire ? Il ne faut pas prendre les lecteurs pour des imbéciles, ils savent faire la part des choses. Et les pièces correspondant figurent en regard pour attester de ce que je dis.

  4. Affaire Ranucci, le mythe de l'erreur judiciaire

    Pas d’autres commentaires sur ces pseudos analyses de pantalon (sur photo tout de même et noir et blanc en plus…) qui ignorent les taches dans le pantalon et la cinétique dès lors que l’on parle d’un accident de mobylette.
    Sauf à admettre que quelqu’un de rationnel reste planté immobile sur une mobylette en regardant son sang couler visiblement abondamment (freinage, marche avant avec vitesse ? Visiblement ça ne vous intéresse pas)
    Je me demande pourquoi l’hurluberlu qui s’est amusé à salir son pantalon partant de son objectif bien sûr a perdu son temps.
    S’il y a une manipulation et une forfaiture invraisemblable dans cette affaire elle vient plutôt de gens comme vous. Et vos écrits ci-dessus et les omissions d’hypothèses qu’ils comportent en sont un merveilleux exemple.
    Je me demande ce que vous recherchez car vous ne faites que vous faire plaisir en étayant de telles conneries qui ne passeront jamais devant un Tribunal. Vous ne faites que désinformer le lecteur sur le dos de la mort d’une fille ce qui est assez glauque tout de même.
    Amenez des preuves et pas ces galimatias de foutaises et pseudos expériences qui ignorent tout un tas de choses.
    Une expertise sur photo noir et blanc. Je crois que dans le bétisier du delirium de l’affaire Ranucci celle là aura une bonne place… mdr.

    • Le ton assez désagréable de votre commentaire en dit long sur la force des démonstrations qui sont faites sur ce site. Vous n’avez pour réponse que de faire de la morale en confondant le respect dû à une enfant tuée par un meurtrier, ce qui est un chose, et la recherche de la vérité pour savoir si oui ou non Christian Ranucci est coupable, ce qui est une autre chose qui n’a strictement rien à voir. Donc la confusion que vous tentez de faire valoir n’est tout simplement pas recevable.
      Vous n’avez pour toute réponse que de dénigrer en traitant les gens d’hurluberlu et cela vous fait même rire, au point d’être « mort de rire », libre à vous, le lecteur jugera. Personnellement, je ne vois pas ce qu’il y a de risible dans tout cela, on peut être d’accord ou ne pas être d’accord avec ce qui est écrit sans vouloir le prendre de haut.

      L’analyse que nous faisons ne s’appuie pas uniquement sur les photos, mais également sur la description des taches établie par le docteur Vuillet, qui n’est pas spécialement un partisan de l’innocence du condamné. Et cette description correspond tout à fait à ce qui apparaît sur la photo, même en noir et blanc : une tache rouge sombre sur un pantalon bleu apparaît en gris plus foncé sur une photographie noir et blanc.

      Vous prétendez que nous ignorons la cinétique, bien sûr que non, lorsque la mobylette sérieusement endommagée tout de même roule, le sang de la tête est projeté en arrière et donc n’atteint pas le pantalon, quand le conducteur de la mobylette s’arrête le sang tombe sur la pliure du pantalon et imprègne le tissu selon la forme reproduite par l’hurluberlu – qui a un prénom et qui s’appelle Michel et dont on s’aperçoit qu’elle correspond bien à la tache qui apparaît sur la photo, ne vous en déplaise.

      Vous nous taxez de forfaiture, certes mais qu’est-ce que nous cachons de ce dossier ? Quelle pièce escamotons-nous ? Aucune, nous prenons en compte tous les éléments du dossier.

      Finalement tout ce qui peut aller dans le sens de l’innocence de Christian Ranucci vous dérange et provoque une réaction épidermique mais lorsque l’on regarde attentivement, vous n’apportez aucune démonstration inverse qui vienne contredire ce que nous avons établi.

  5. Vous prétendez chercher une vérité objective… Soit, mais vous ne semblez à aucun moment, et si je me trompe montrez-moi où, évoquer l’éventualité de la culpabilité de Ranucci, compte tenu des charges accablantes rassemblées contre lui (cette remarque, je l’ai faite à quelqu’un qui a tenu des raisonnements aussi fumeux et qui a fini par se rendre à l’évidence quant à la culpabilité de Ranucci… Je ne mens pas) : vous oubliez que sa voiture a été vue stoppée en contrebas de l’endroit où on retrouve le corps de la fillette, et que Ranucci n’a fourni aucun alibi sur cet arrêt, et ne s’est même pas appuyé sur celui d’un paquet, prouvant ainsi son inexistence ; vous oubliez que Ranucci a désigné l’endroit où il a caché le cran d’arrêt, a désigné la cachette sur interpellation à la reconstitution (PV signé par ses avocats Maîtres Chiappe et Le Forsonney qui à ce moment-là ne contestent rien… Ranucci a reconnu que le couteau était à lui jusqu’au procès ; le pantalon a bien été découvert dans le coffre, sachez que Ranucci n’a jamais nié, même à son procès, l’avoir porté le 3 juin 1974, et ce n’est pas parce que sa mère dit le contraire des années plus tard que c’est vrai, de plus le sang vient de l’extérieur ; enfin le croquis des lieux de l’enlèvement : ce n’est pas contrairement à ce qu’on a dit le décalque d’un cadastre (lequel prétendu décalque est bien grossier, figurant des immeubles à la place d’herbe), mais une simulation de l’enlèvement, avec la direction prise par le frère de Marie-Do (pas connu des enquêteurs à ce moment-là), cette pièce est accablante au point que Ranucci ne la mentionne pas dans son « Récapitulatif » du 14 mai 1976, non plus que Gilles Perrault dans son livre, ni même l’épisode de Faites entrer l’accusé.

    Comprenez que la personne qui est votre contradicteur tient une page Facebook tentant de rétablir la vérité dans cette affaire, dans laquelle, et votre argumentaire le démontre, beaucoup d’hypothèses ont été transformées en vérités. Dans ces conditions, étant très sensible au calvaire vécu par la famille Rambla (depuis le 3 juin 1974 mais aussi depuis un jour de septembre 1978) qui subit depuis 36 ans, les âneries autour de la prétendue innocence de Ranucci imposée à tous, il ne supporte pas comme moi qu’on salisse la mémoire de cette petite fille en présentant son meurtrier comme quelqu’un de bien sous tous rapport, et en laissant entendre que tout est de la faute de la Justice… sans naturellement s’interroger sur le rôle des avocats dans la décapitation de Ranucci. Donc il est compréhensible qu’il soit choqué par vos propos spécieux – pardonnez-moi – sur cette affaire. Votre manque d’objectivité est flagrant. Si je me trompe sur votre compte et qu’au contraire votre démarche de recherche de la vérité est impartiale, démontrez-le-moi. Je saurai m’en excuser alors, ne vous inquiétez pas en cela.

    • « Vous prétendez chercher une vérité objective… Soit, mais vous ne semblez à aucun moment, et si je me trompe montrez-moi où, évoquer l’éventualité de la culpabilité de Ranucci, compte tenu des charges accablantes rassemblées contre lui… »

      Merci tout d’abord de l’intérêt que vous portez à mes écrits. Je ne prétends rien et surtout pas à une « réalité objective ». Si j’ai un but c’est celui de pouvoir comprendre ce dossier et le déroulement du meurtre de l’enfant et de comprendre le mécanisme qui a conduit à la condamnation et à la mort de l’accusé. Pas autre chose.

      La culpabilité éventuelle de Christian Ranucci m’importe, bien au contraire et dans les premiers chapitres je tente de montrer ce que l’on a présenté aux jurés, et c’est le dossier de l’accusation qu’on a présenté. Ensuite on examine le dossier de l’accusation à l’épreuve des faits que l’on connaît, des témoignages et surtout de la façon dont on les recoupe.

      « (cette remarque, je l’ai faite à quelqu’un qui a tenu des raisonnements aussi fumeux et qui a fini par se rendre à l’évidence quant à la culpabilité de Ranucci… Je ne mens pas) »

      Le problème c’est – pour l’accusation – de ne pas tenir non plus de raisonnements fumeux… Pour se rendre à l’évidence, il faut qu’il n’y ait pas de contradictions, pas d’impossibilités, pas d’erreur de raisonnement.

      « Vous oubliez que sa voiture a été vue stoppée en contrebas de l’endroit où on retrouve le corps de la fillette, et que Ranucci n’a fourni aucun alibi sur cet arrêt, et ne s’est même pas appuyé sur celui d’un paquet, prouvant ainsi son inexistence. »

      Non je ne l’oublie pas et plus encore je ne le conteste pas. Entre 12h45 et 13h00, Christian Ranucci percute la voiture de M. Martinez, fait un tête à queue et repart d’où il venait pour s’arrêter au bord de la nationale 8bis tout près de l’endroit où l’on retrouvera plus tard le corps de Marie-Dolorès. M. Aubert voit la voiture – mais je démontre qu’il ne la voit que depuis le terre-plein et donc qu’il n’est pas en mesure de savoir si cette voiture est vide ou non. Et donc rien ne s’oppose à ce que dit Christian Ranucci sans être véritablement contredit : il s’est arrêté et a perdu connaissance dans la voiture, sans en sortir.

      Je ne comprends donc pas ce que vient faire la question d’un alibi là-dedans qui ne se pose pas. Il est là où on voit sa voiture mais il est affalé dedans et il n’en sort pas. Pourqui mentirait-il cette affirmation qu’il est tombé dans les pommes ne sert pas sa défense. Il est certes tombé dans les pommes à un endroit très ennuyeux mais encore faut-il démontrer que l’enfant est morte à ce moment et qu’elle est sortie de la voiture à cet endroit. Tout démontre qu’elle est morte avant la survenue de la voiture de Christian Ranucci et qu’elle n’est pas descendue de voiture à cet endroit mais ailleurs (je ne vois moi que le chemin de la Doria où un pervers sexuel est susceptible de l’emmener pour ne pas être dérangé – pas sur le bord d’une nationale trop fréquentée ) et qu’elle a parcouru à pied une distance suffisamment longue pour se faire de longues griffures aux jambes comme le précise le rapport d’autopsie.

      C’est le premier problème de l’accusation : le rapport du médecin légiste contredit le fait qu’elle ait pu descendre de la voiture de Christian Ranucci au bord de la nationale car dans ces conditions elle n’aurait pas de longues griffures aux jambes.

      « et ne s’est même pas appuyé sur celui d’un paquet, prouvant ainsi son inexistence. »

      Ce n’est pas Christian Ranucci qui parle d’un paquet mais M. Aubert. M. Aubert voit un très court instant (deux secondes) un homme s’enfuir en portant un paquet assez volumineux (sans doute les habits inondés de sang rangés dans un sac). C’est ce qu’il dit aux gendarmes qui le retranscrivent fidèlement comme le font les militaires qu’ils sont.
      Cet homme ne peut pas être Christian Ranucci car sinon Christian Ranucci aurait fini par avouer qu’il avait vu les Aubert, ce qu’il ne fait jamais : il dit qu’il n’a vu personne et n’a pas eu l’impression d’être poursuivi. Même quand il passe des aveux.

      Si Marie-Dolorès avait vu les Aubert, elle se serait précipité vers eux pour demander du secours. Donc M. Aubert n’a pas vu Marie-Dolorès qui était déjà morte quand il est parvenu sur les lieux, et il n’a pas pu voir Christian Ranucci. On en déduit que l’homme qu’il a aperçu deux secondes est l’assassin qui était en train de recouvrir le corps avec des branchages et qui a été surpris par l’arrivée de la voiture de Christian Ranucci puis par celle de M. Aubert.

      « vous oubliez que Ranucci a désigné l’endroit où il a caché le cran d’arrêt, a désigné la cachette sur interpellation à la reconstitution (PV signé par ses avocats Maîtres Chiappe et Le Forsonney qui à ce moment-là ne contestent rien…

      Plus exactement, il parle lors de ses aveux d’un tas de tourbe et du couteau qu’il aurait jeté en donnant un coup de pied dedans. L’indication est très imprécise et elle ne correspond pas aux conditions où le couteau est retrouvé : pour l’enfoncer, on ne pouvait pas mettre un coup de pied dedans, il fallait l’enfoncer avec la main dans la tourbe. Ensuite, on comprend qu’il puisse indiquer où se trouve le couteau si celui-ci a été découvert la veille par le capitaine Gras avec le détecteur de métal en s’apercevant que le chien qui suivait la trace du pull rouge faisait un détour vers la lisière du champ et qu’il a été replanté le lendemain, quelqu’un l’ayant ramené de l’évêché – visiblement pas au même endroit par manque de coordination entre la police et la gendarmerie… Sur le PV de reconstitution il n’y a rien du tout de précis et cela ne permet pas de démontrer qu’il aurait indiqué l’endroit précisément, il se contente de confirmer ses aveux imprécis. Or il y a un problème car il y a une discordance entre le rapport de gendarmerie sur la découverte du couteau en lisière du bois et ce que dit le PV de gendarmerie sur la prétendue découverte du couteau le soir du 6 : le couteau se serait trouvé tout au bord de la route et non en lisière du bois. Cela fait trente mètres de distance entre le rapport des gendarmes et le PV de découverte du couteau. Et cette discordance entre les deux écrits, personne ne cherche à la résoudre.
      Que les avocats soient prisonniers du fait qu’ils ne peuvent pas dénoncer un trucage des enquêteurs ne change rien au fait que l’on ait truqué une preuve.

      « Ranucci a reconnu que le couteau était à lui jusqu’au procès »

      Personne n’a songé à lui dire que la preuve était truquée et que le couteau était déjà découvert quand il a passé des aveux. Comme on lui dit : ce couteau est à vous puisque vous en parlez avant qu’on ne le découvre, il ne peut rien répondre, il ne comprend pas le trucage. Au procès il voit le couteau, il dit : il n’est pas à moi. Effectivement c’est un couteau de voyou un cran d’arrêt, Christian Ranucci n’avait pas l’usage de ce genre de couteau, cela ne lui ressemble pas.

      « le pantalon a bien été découvert dans le coffre, sachez que Ranucci n’a jamais nié, même à son procès, l’avoir porté le 3 juin 1974, et ce n’est pas parce que sa mère dit le contraire des années plus tard que c’est vrai, de plus le sang vient de l’extérieur ; »

      S’il avait été découvert dans le coffre, il n’y aurait pas eu de faux en écriture publique et on n’aurait pas eu besoin de rajouter cette mention « un pantalon de couleur sombre » après que Ranucci ait signé, dans son dos. Si l’on a fait un faux, c’est que le pantalon ne se trouvait pas dans le coffre.
      Il ne le nie pas parce qu’il ne se souvient de rien. Il oublie tellement tout qu’il est obligé de tout noter sur des fiches qui traînent dans tous les coins de l’appartement de sa mère. On lui aurait montré le pantalon qu’il aurait compris que c’était celui avec lequel il avait eu un accident de mobylette.
      Les taches correspondent à un accident de mobylette et ne peuvent pas correspondre à un meurtre sauvage de cette nature : dans ce cas on aurait retrouvé des projections de sang en étoile partout sur le pantalon et non pas deux taches d’apposition où il se révèle qu’elles se sont formées lorsque la personne qui portait le pantalon était assise.

      « enfin le croquis des lieux de l’enlèvement : ce n’est pas contrairement à ce qu’on a dit le décalque d’un cadastre (lequel prétendu décalque est bien grossier, figurant des immeubles à la place d’herbe), mais une simulation de l’enlèvement, avec la direction prise par le frère de Marie-Do (inconnue des enquêteurs à ce moment-là), cette pièce est accablante au point que Ranucci ne la mentionne pas dans son « Récapitulatif » du 14 mai 1976, non plus que Gilles Perrault dans son livre, ni même l’épisode de Faites entrer l’accusé. »

      Malheureusement le décalque de l’immeuble est absolument parfait, alors que le ravisseur ne pouvait en connaître qu’un coin, donc il s’agit bien d’un décalque d’une photographie du cadastre. Le cadastre ne mentionne pas les partiexs herbeuses ou non, il trace la délimitatio des constructions c’est tout. Il y a sur le plan du cadastre le muret, comme par hasard on retrouve ce détail. Si ce n’est pas un décalque, que de coîncidences malheureuses…
      Il semble bien que la direction indiquée pour le trajet de Jean Rambla soit le contraire de ce qui s’est passé et contredit son témoignage.

      Gilles Perrault mentionne bien le plan dans son livre mais ne savait pas qu’il s’agissait d’un décalque, donc remarque surtout l’imprécision de ce plan, à quoi j’ajoute que ledit plan ne mentionne pas la chose qui devait tenailler le ravisseur : par où je pars et comment je rejoins Peypin ? Ce qui était sa principale préoccupation. En ceci, ce plan n’est significatif de rien, à part d’être une preuve truquée.

      « Comprenez que la personne qui est votre contradicteur tient une page Facebook tentant de rétablir la vérité dans cette affaire, dans laquelle, et votre argumentaire le démontre, beaucoup d’hypothèses ont été transformées en vérités. »

      Vous voulez dire tente de rétablir l’accusation mise à mal par le fait que l’on s’aperçoit tous les jours que les pièces du puzzle ne rentrent pas et ne collent pas. La coîncidence entre le cadastre et le prétendu plan dessiné par Christian Ranucci est telle – c’est ce que je montre sur le site – qu’on se dit au moins qu’il y a un problème. Et de toute façon Christian Ranucci ne pouvait pas dessiner l’immeuble en entier, il ne connaissait au mieux – s’il s’était trouvé sur les lieux – que le coin donnant sur le parking. Alors quand on s’aperçoit que les proportions de cet immeuble vu de haut sont absolument conformes au cadastre avec en plus le décalque du petit muret, on se dit qu’il y a un problème.

      « Dans ces conditions, étant très sensible au calvaire vécu par la famille Rambla (depuis le 3 juin 1974 mais aussi depuis un jour de septembre 1978) qui subit depuis 36 ans, les âneries autour de la prétendue innocence de Ranucci imposée à tous, il ne supporte pas comme moi qu’on salisse la mémoire de cette petite fille en présentant son meurtrier comme quelqu’un de bien sous tous rapport, et en laissant entendre que tout est de la faute de la Justice…  »

      Et qu’est-ce que doit dire la famille de Ludovic Janvier ? Ludovic a très vraisemblablement été enlevé en 1983 par le même ravisseur que celui de Marie-Dolorès Rambla qui a recommencé huit ans plus tard parce qu’on a arrêté et condamné un autre à sa place. Est-ce que l’on doit dire que la mémoire de Ludovic Janvier est salie parce qu’on ne retrouve pas son ravisseur ? Quel est le rapport entre le respect du à Marie-Dolorès Rambla et le fait que l’institution judiciaire est faillible et a pu se tromper ? Je ne vois pas. Il n’y a aucun rapport sauf celui que vous tentez de faire pour qu’on ne réfléchisse pas.

      « sans naturellement s’interroger sur le rôle des avocats dans la décapitation de Ranucci. Donc il est compréhensible qu’il soit choqué par vos propos spécieux – pardonnez-moi – sur cette affaire. Votre manque d’objectivité est flagrant. »

      Ah si, je reconnais que leur rôle n’est pas joli dans cette affaire : ils ne pouvaient pas ne pas savoir que le couteau avait été découvert le 5 et replanté le 6 – et ils n’ont rien dit. Mais en France quand l’enquête est truquée, les avocats font silence. Le résultat est l’une des dernières décapitations et les nombreux morts qui ont suivi, dont le juge Michel, l’inspecteur Fratacci et j’en passe.

      Je ne cherche pas l’objectivité, je cherche à comprendre, c’est différent, donc quand je vois des contradictions, des impossibilités, des bizarreries, des PV qui se contredisent, j’en fait part, c’est comme cela. Mais vous n’êtes pas obligé de me lire.

      « Si je me trompe sur votre compte et qu’au contraire votre démarche de recherche de la vérité est impartiale, démontrez-le-moi. »

      Démontrez-moi en retour qu’il n’y a pas de problème avec cette enquête qui recèle tout de même plusieurs faux en écriture, des contradictions et des impossibilités…

  6. Je ne vois pas où il peut y avoir des faux en écriture.
    Montrez-moi une déposition signée de M. ou de Mme Aubert parlant d’un paquet. Expliquez-moi si Ranucci s’est évanoui dans sa voiture, pourquoi M. Aubert précise dans sa déposition qu’il n’y avait personne à bord.
    Expliquez-moi comment il peut ne pas être question d’un enfant compte tenu du rapprochement fait par M. Martinez (qui lui n’a pas vu d’enfant) la matérialité des événements (découverte du corps).

    Le plan n’est pas un décalque du cadastre, vous le savez très bien.
    Pourquoi il y a des immeubles sur ce prétendu « cadastre », à droite, alors que sur le croquis de Ranucci, il est inscrit « herbe » ???
    Et je le répète, Ranucci reconnait toujours le 27 décembre 1974, avoir dessiné ce croquis, où est indiquée la position de sa voiture, la direction prise par Jean Rambla…

    Qu’est-ce qui vous permet de déduire que le couteau a été découvert le 5 juin ? La fiche de scellé est datée du 5 juin, car pour les gendarmes, l’affaire a débuté le 5 juin avec la « découverte du cadavre de Rambla M.Dolorès » (c’est la mention ajoutée à la date, sur la fiche).

    Eh non, dans cette affaire, ni Eugène Spinelli, ni Jean Rambla n’ont parlé d’un homme au pull-over rouge…
    Voila qui met à mal les thèses de Jacques Peyrolles.
    La déposition de Mme Mattéi a changé trois fois, vous l’ignorez ?
    Comment un pull « trop grand pour Ranucci » peut-il aller à quelqu’un d’1,67m ou même 1,75m (la taille de Ranucci ?)

    • Je ne vois pas où il peut y avoir des faux en écriture.

      Il faudrait changer de lunettes peut-être, voici ce qu’écrit la cour de cassation :
      « qu’il est exact qu’une contradiction existe entre le procès-verbal D76 de l’inspecteur de police de Nice qui a saisi le véhicule au domicile de Mme Mathon le 10 juin 1974 et le procès-verbal D85, mentionnant les observations du convoyeur du véhicule de Nice à Marseille, selon lesquelles ce transfert aurait été effectué le 9 juin, il s’agit en l’espèce d’une erreur matérielle, sans incidence sur la culpabilité de Ranucci. »

      Une erreur matérielle ? : l’un dit que le véhicule Peugeot 309 était à Marseille le 9 juin au soir et donc le 10 au matin et l’autre dit qu’il était à Nice. Il y en a un qui ne dit pas la vérité. Et ce n’est pas seulement une erreur matérielle car cela signifie que ladite 309 Peugeot a été saisie hors la présence de la mère de Christian Ranucci et cela se relie directement au pantalon taché de sang saisi le 9 au soir dans le garage. Car le deuxième faux en écriture publique consiste dans le fait que la mention « un pantalon de couleur sombre » a été rajoutée hors la présence de Christian Ranucci.

      Deux faux dans cette procédure.

      « Montrez-moi une déposition signée de M. ou de Mme Aubert parlant d’un paquet. »

      Ces deux personnes ne signent que des mensonges mais Alain Aubert dit la vérité aux gendarmes par téléphone lesquelles le retranscrivent dans leur rapport.

       » Expliquez-moi si Ranucci s’est évanoui dans sa voiture, pourquoi M. Aubert précise dans sa déposition qu’il n’y avait personne à bord. »

      Parce qu’il ne s’est pas approché du véhicule, sinon il aurait remarqué le tissu rouge des housses des sièges. Il a vu le véhicule de loin par l’arrière et donc Christian Ranucci étant affalé, lui était invisible. Ayant cru que l’homme qui s’enfuyait était le conducteur, il en a déduit fallacieusement qu’il n’y avait personne dans le véhicule.

      « Expliquez-moi comment il peut ne pas être question d’un enfant compte tenu du rapprochement fait par M. Martinez (qui lui n’a pas vu d’enfant) la matérialité des événements (découverte du corps). »

      Cela se peut d’autant plus que s’il avait été question d’un enfant lors de l’accident dans la conversation entre M. Aubert et M. Martinez, dès le 4 au matin, M. Martinez aurait parlé d’un enfant aux gendarmes de Gréasque et la battue aurait eu lieu le jour même. Il n’y a pas de battue le 4 parce que ni M. Aubert, ni M. Martinez n’ont vu ni parlé d’enfant. Que M. Martinez s’estime en droit de ne pas dire la vérité, c’est dommage pour lui, cela ne le grandit certes pas. Ce qu’il dit n’est pas cohérent avec l’enchaînement des événements.

      « Le plan n’est pas un décalque du cadastre, vous le savez très bien. »

      Effectivement, c’est en réalité un décalque de la photographie du cadastre. Au muret près. Ce qui ne change rien aux conclusions : ce sont les policiers qui ont dessiné cette chose là.

      « Pourquoi il y a des immeubles sur ce prétendu « cadastre », à droite, alors que sur le croquis de Ranucci, il est inscrit « herbe » ??? »

      L’idée des policiers n’était pas que l’on puisse découvrir qu’il s’agissait d’un décalque, donc on tourne la photographie sur elle-même pour créer un décalage entre les éléments et certains ne figurent pas. Donc voilà pourquoi certaines choses ne sont pas reproduites, mais le décalque est suffisamment maladroit pour que l’on découvre le trucage. Car c’est un trucage.

      « Et je le répète, Ranucci reconnait toujours le 27 décembre 1974, avoir dessiné ce croquis, où est indiquée la position de sa voiture, la direction prise par Jean Rambla… »

      Précisons, la juge d’instruction profitant qu’il n’y a pas d’avocat – le bâtonnier a interdit à Maître le Forsonney de se rendre à cette dernière comparution – fait écrire par la greffière ce qu’elle veut, notamment que Christian Ranucci a signé le plan. Cela ne signifie pas qu’il l’a dessiné, il n’y a pas d’avocat pour en attester. Pour ce qui concerne le respect des droits de l’homme, on repassera.

      Pour ce qui est de la position de la voiture, elle est fausse car dans cette situation, M. Spinelli ne peut pas la voir, pour ce qui est de la direction prise par Jean Rambla, la déposition de Jean Rambla indique qu’il a pris l’autre direction – il a commencé par l’escalier pour redescendre par la rue. Donc elle est fausse. Et en fait ce qui intéresse le ravisseur, ce n’est pas la direction que prend l’enfant, mais la façon dont il va décoller en direction de Peypin, donc ce plan ne correspond pas non plus à l’état d’esprit du ravisseur. Il n’a donc aucune valeur à tout point de vue.

      « Qu’est-ce qui vous permet de déduire que le couteau a été découvert le 5 juin ? La fiche de scellé est datée du 5 juin, car pour les gendarmes, l’affaire a débuté le 5 juin avec la « découverte du cadavre de Rambla M.Dolorès » (c’est la mention ajoutée à la date, sur la fiche). »

      C’est le fait que le lieu de découverte du couteau par le gendarme le 6 – à gauche de la cabane en regardant le tunnel et du chemin qui vient du tunnel, ne correspond pas à ce qu’indiquent les gendarmes dans leur rapport, à savoir en lisière du taillis, à droite de la cabane, de l’autre côté du champ. Donc il y a deux découvertes du couteau qui ne coïncident pas. Donc il y en a une le 5.
      Ceci est corroboré par le PV de transmission des scellés qui indique le 6 à 17h que le couteau est à l’Évêché avec les scellés saisis la veille par les gendarmes alors qu’il ne sera découvert que deux heures plus tard.

      Pourquoi Christian Ranucci n’est pas conduit sur les lieux ? On se doute parce qu’il s’agit d’une mise en scène et d’un trucage.

      Cela fait beaucoup.

      « Eh non, dans cette affaire, ni Eugène Spinelli, ni Jean Rambla n’ont parlé d’un homme au pull-over rouge… »

      C’est évident puisque cet homme porte un pull rouge les vendredi et samedi. Le lundi de Pentecôte il est bien habillé avec une veste. Mais le pull n’est pas loin puisqu’il le laisse dans la champignonnière après le crime.

      « Voila qui met à mal les thèses de Jacques Peyrolles. »

      Je constate pour ma part que vous ne parvenez pas encore à mettre à mal les éléments que je propose à la réflexion de chacun.

      « La déposition de Mme Mattéi a changé trois fois, vous l’ignorez ? »

      Quelle déposition ? La police prétend avoir égaré le PV de sa déposition justement, ou même qu’il n’a jamais existé – en revanche – miracle – ils ont retrouvé ceux des Cerisiers… C’est inespéré. Donc de déposition il n’y a que la lettre qu’elle écrit à Maître Le Forsonney et ce qu’elle dit à l’inspecteur Porte qui confond des lieux et des dates et mélange tout, il en va de même pour le substitut Brugère dont on comprend que l’objectif n’était pas de rechercher la vérité mais de tenter par tous les moyens de décrédibiliser le témoin en question, signe que ce qu’elle disait était particulièrement important.

      « Comment un pull « trop grand pour Ranucci » peut-il aller à quelqu’un d’1,67m ou même 1,75m (la taille de Ranucci ?) »

      Vous confondez la taille et la corpulence il me semble, on peut-être grand et maigre et petit et gros. C’est ce qui est arrivè, le pull allait à un moyen gros et pas à un grand maigre.

      Mais enfin, si c’est le pull de Ranucci, comme celui-ci peut se trouver à Nice le vendredi et à Marseille en même temps, il faudra qu’on m’explique.

  7. Oh comme c’est joli. Sur le plan, sachez qu’il ne correspond pas pour ce qui est de la position de la voiture à l’endroit où M. Spinelli dit avoir vu une Simca 1100. Les Aubert et Martinez – abolitionnistes ne disent que des mensonges ? ah bon ? Et comment se fait-il que leurs témoignages (la « dernière » version si je vous suis) débouchent sur la découverte du cadavre d’une petite fille en short blanc identifiée par le père de la victime ?

    Si réellement le bâtonnier a interdit à Le Forsonney de se rendre à une convocation finale d’un dossier où la peine de mort est en jeu (j’en attends la preuve), et que véritablement la juge lui a fait dire des choses qu’il n’a pas dites, alors on doit admettre que le bâtonnier est un complice direct de la « forfaiture » et de la « mise à mort programmée » chère à Paul Lombard… J’exclus bien sûr cette hypothèse, c’était ironique.

    Il est regrettable que l’on ait pas prolongé la garde à vue de deux heures pour amener Ranucci sur les lieux afin qu’il montre où était cachée l’arme du crime. C’est pour lui donner accès à son dossier et aux droits de la défense que Mlle Di Marino a refusé de la prolonger. Très regrettable effectivement, mais le faire aurait accablé Ranucci, soyez-en certain. Si j’avais moi-même instruit cette affaire, j’aurais prolongé la garde à vue pour que Ranucci désigne de lui-même l’endroit précis où était le couteau, c’est pour moi la moindre des choses. J’aurais par ailleurs effectué tous les actes nécessaires et foutu Ranucci à poil (façon de parler, il n’y a que Vuillet qui l’a vu vraiment à poil) ; il n’aurait alors pas eu d’autre choix que de plaider coupable. Mais je reconnais que c’est plus facile à dire maintenant.

    Bref je vois que ce n’est pas la peine de discuter, vous aurez toujours un argument gratuit et non étayé sous le coude. Je préfère encore l’escamotage de pièces à charge, c’est plus honnête mais bon…

    • Il ne faut pas déformer non plus, je n’ai pas dit que M. Aubert ne proférait que des mensonges, je dis que dès l’instant où il se trouve en contact avec les policiers, il est suborné et ce qu’il explique n’est plus du tout cohérent. Aux gendarmes il n’y a pas de doute qu’il dit la vérité, ce qu’il explique est parfaitement cohérent. Il en va de même pour M. Martinez, M. Martinez ne dit qu’une chose qui ne correspond pas : c’est que M.Aubert lui aurait parlé d’un enfant. Pourquoi ne le transmet-il pas aux gendarmes le 4 ? Il y a bien quelque chose qui ne colle pas. Donc oui, je maintiens, raisonnement à l’appui, qu’il ne dit pas la vérité quand il prétend que M. Aubert lui a parlé d’un enfant.
      Comment découvre-t-on le corps de l’enfant, parce qu’à un moment, M. Martinez se pose une question : je ne suis pas sûr que Christian Ranucci était seul à bord. Et cela enclenche le fait que ce que raconte M. Aubert est tout de même inquiétant : il a vu un homme s’enfuir portant un paquet. Vu la situation de la route de Peypin, il est vrai qu’aussitôt on est tenté de faire une battue, mais ils auraient parlé d’un enfant, dès le 4 la battue était menée et on retrouvait le corps le 4, pas le 5…

      Vous n’aurez pas la preuve que le bâtonnier a incité Maître Le Forsonney à ne pas se rendre aux interrogatoires lors desquels il était question du couteau ou des témoins de Nice, ils sont décédés tous les deux, et cela n’a pas plus d’intérêt. Pourquoi j’en arrive à cette conclusion ? Parce que Gilles Perrault fait remarquer à Maître Le Forsonney qu’il était absent à trois interrogatoires sur 5. C’est lui qui parle du bâtonnier en disant qu’il a failli demander à être dessaisi parce qu’il ne parvenait pas à gérer ce dossier. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire en réalité ? Simplement que s’il n’avait eu aucune pression il s’y serait rendu. C’était une énorme affaire pour lui, débutant. Il ne s’y est pas rendu parce que tout simplement on lui fait comprendre que ce serait mieux qu’il n’y soit pas. Et la seule personne qui peut le lui dire c’est le bâtonnier.

      Vous regrettez l’enquête telle qu’elle a été menée, je vous comprends, mais dire que Mme Di Marino fait cesser la garde-à-vue, il faudrait d’abord que les policiers aient demandé un prolongement – et dans une affaire pareille, on le leur aurait accordé sans poser de question -, il n’y a pas cette pièce dans le dossier. Donc ce sont les policiers qui ne souhaitent pas l’emmener sur les lieux. Ensuite dire qu’elle fait ça pour que Ranucci ait accès au dossier, encore faudrait-il qu’il ait un avocat, or non seulement elle ne lui demande pas le lendemain s’il veut un avocat, ce qui est une violation du code de procédure pénale grave, mais en plus il n’a pas du tout accès à son dossier, et elle ne fait rien pour attendre qu’il ait un avocat avant de l’interroger.
      Il y a des sites où l’on défend la culpabilité de Christian Ranucci, c’est sans doute là qu’il faut vous exprimer, malheureusement votre argumentation ne résout pas les contradictions de ce dossier : par exemple le ravisseur n’avait pas de lunettes et Christian Ranucci ne peut pas s’en passer, c’est déjà un problème à résoudre. Si l’on admet que Christian Ranucci n’est pas le ravisseur et que le ravisseur était un homme sans lunettes, la contradiction disparait. Si vous avez une autre façon de résoudre le hiatus qui ne soit pas farfelue je veux bien l’entendre.

      Il aurait mieux valu effectivement quelqu’un comme vous, qui aille jusqu’au bout des choses, mais ce n’est pas ce qui s’est passé et l’on se retrouve avec un dossier qui est le modèle de tout ce qu’il ne faut pas faire. Je remarque que vous ne répondez pas sur le fait qu’il existe une discordance entre le rapport des gendarmes et le PV du 6 quant au lieu où se trouvait le couteau. Si vous m’expliquez comment ceci se résout, je veux bien l’entendre aussi.

  8. PS : je n’avais pas terminé ma phrase sur la position de la voiture. Donc effectivement, le plan ne colle pas avec la position de la SIMCA 1100 à l’endroit où Spinelli dit l’avoir aperçue. Ce qui signifie, et je donne raison à G. Bouladou, que les « méchants » policiers n’ont pas réalisé ce dessin eux-mêmes. Bref, j’ai compris, vous pouvez toujours dire que vous cherchez la vérité, mais en réalité vous critiquez invariablement la justice (toujours responsable, forcément !) et défendez un criminel.

    • Oui je critique le fonctionnement de l’institution judiciaire dans quelques affaires. Il me semble bien qu’elle s’en remettra. Je ne vois pas en quoi le fait que le dessin comporte des erreurs quant à l’emplacement de la voiture tendrait à démontrer que les policiers n’ont pas décalqué la forme des immeubles et la largeur de l’allée menant aux escaliers et qu’ils n’ont pas recopié le dessin du muret sur ce plan précisément.

  9. Le Forsonney raconte cela des années après. Il raconte aussi qu’il a été saisi par le doute dès le début, pourtant rien dans son attitude et ses diligences d’époque ne corroborent ce prétendu doute.

    Effectivement tout comme vous pour ce point capital qu’est le dernier entretien d’un inculpé pour enlèvement de mineur et homicide volontaire (passibles de peine de mort suivant l’art. 355 du Code pénal de l’époque), je ne peux pas prouver que les policiers ont sollicité de la juge un prolongement de la garde à vue. Vous permettrez d’en être convaincu, tout comme je vous laisse camper sur vos certitudes. S’agissant de l’arme du crime effectivement, c’est-à-dire la pièce la plus accablante pour Ranucci, prolonger la garde à vue était la moindre des choses avant de l’inculper.

    Je n’ai pas répondu sur la prétendue discordance de lieu où se trouve le couteau car pour moi il n’existe pas de discordance (je parle en connaissance de cause ayant toute la procédure dans mon ordinateur) : dans le rapport, il est précisé que les recherches ont commencé à l’entrée de la champignonnière, ce qui est conforme aux premières déclarations de Ranucci. Après recherches infructueuses, on lui demande des précisions qu’il donne en se référent au cabanon. Conformément à ses aveux, on trouve le couteau dans la partie Nord-Est du tas de fumier (PV du capitaine Gras, 7 juin 1974). Si pour vous il s’agit d’une mise en scène, demandez-vous pourquoi les gendarmes mettent si longtemps à trouver un couteau dont, si je vous suis jusqu’au bout, ils savent pertinemment où il est. Je suis désolé mais entre prétendre que la découverte du couteau est une pure mise en scène et s’étonner que l’on mette 1h55 à le trouver, il y a deux poids deux mesures !

    Sur les lunettes, oui Ranucci était myope mais de trois dioptries seulement. Il a effectué, normalement et sans anicroche, son service militaire sans être réformé (comme c’est le cas de F. Hollande). Vous parlez à quelqu’un qui connait l’affaire, pas à un neuneu.

    Si je suis venu ici c’est un peu par hasard et avec l’envie, c’est vrai, de débattre. Si, comme vous me le suggérez, j’étais allé sur un forum de convaincus de la culpabilité, ç’aurait été moins drôle, et franchement ça rime à quoi ? Je vous le demande. Mais effectivement il y a beaucoup de gens convaincus de la culpabilité de Ranucci, qui est je vous le rappelle la position officielle de la Justice française. En somme, n’inversez pas les choses et faites preuve d’humilité : ce n’est pas moi qui ne suit pas parvenu à élucider les zones d’ombre ou les contradictions du dossier, c’est vous qui ne parvenez pas ou ne voulez pas admettre les évidences.

    • Pas exactement Maître Le Forsonney raconte cela en 1977 à Gilles Perrault, soit un an après l’assassinat de Christian Ranucci par l’État français. Ce passage se trouve dans le pullover rouge.
      Il dit par ailleurs, et je ne vois pas pourquoi on ne le croirait pas sur ce point, que la première déclaration de Christian Ranucci est celle-ci : « c’est obligatoirement moi. » Ce qui signifie : je ne reconnais rien de ce dont on m’accuse et je ne m’en souviens pas, mais on me convainc que c’est moi. Cela signifie – autrement dit – que le processus des aveux est artificiel, qu’il résulte d’une construction et non pas d’un consentement éclairé. Il faut dire qu’il n’a pas dormi pendant 30 heures.

      Vous êtes incroyable, le code de procédure pénale indique la démarche à suivre pour obtenir soit du procureur ou même de son substitut, soit du juge d’instruction saisi, un prolongement de la garde-à-vue, c’est un papier à faire tout bête tout simple, et les policiers ne le feraient pas et ne se garantiraient pas ? Ce n’est pas crédible. Où alors leur degré d’incompétence atteint des sommets, ce qui ne les rend pas plus sympathiques.
      Vous réussissez à vous persuader en l’absence de tout document, libre à vous. Moi j’attends les pièces et je suis patient, cela fait depuis 1974 qu’on attend. Et de demande de prolongement, jamais il n’y en a eu. En plus dans l’état de fatigue où il était, demander à la juge qu’elle fasse une commission rogatoire pour l’emmener sur les lieux séance tenante, ce n’était non plus difficile, donc il y a une bonne raison pour ne pas l’y conduire, le couteau se trouvait à l’évêché depuis le matin du 6, donné par les gendarmes.
      Mon explication a le mérite d’être simple et ne table pas sur la simple conviction.

      Il y a pourtant une discordance, déjà les aveux sont pour le moins imprécis :
      « Le long de cette piste se trouve une espèce de place où est étalée de la tourbe. C’est à cet endroit que je me suis débarrassé du couteau. Je l’ai jeté à terre et j’ai donné un coup de pied dedans. »
      Donc si je lis attentivement les aveux : Christian Ranucci reste le long de la piste, il y a un tas de tourbe et c’est là qu’il s’en débarasse et qu’il donne un coup de pied dedans, ce qui fait que le couteau ne peut pas s’enfoncer perpendiculairement comme on le trouve. Quand on donne un coup de pied dans un couteau, il vole et il retombe à plat. Pour l’enfoncer comme il se trouvait, parfaitement vertical, il faut le faire avec la main puis le doigt. Donc les aveux ne correspondent pas : le couteau devrait se trouver au bord de la piste ? Non finalement les gendarmes indiquent qu’ils le trouvent de l’autre côté à 15 mètres de là, au bord de la lisière du taillis :
      « Ce couteau est fiché perpendiculairement par rapport au plan formé par la surface du tas de fumier.
      Nous situons l’endroit à 18,20 mètres du mur [Il s’agit en réalité du coin] nord-est d’une construction en agglomérés et à 19,70 du coin sud-est [il s’agit en réalité du coin sud-ouest sur le schéma] alors que 10,75 mètres séparent ce couteau du prolongement du mur ouest de ladite construction. (voir croquis N°4 repère en « x »)
       »
      Donc entre les aveux et le rapport des gendarmes, ça ne colle pas du tout.
      C’est embêtant.

      Le rapport du gendarme du 6 reprend les termes du rapport de gendarmerie qui a donc dû être écrit avant, mais lors de la reconstitution, il n’est pas du tout question de la lisière du taillis, Christian Ranucci désignerait le couteau à quelques mètres de l’entrès de la champignonnière, donc au bord de la piste, soit à 12 m de la lisière. Donc il y a l’emplacement des aveux et de la reconstitution d’une part – au bord de la piste – et l’emplacement de la découverte par les gendarmes en lisière du taillis sur la partie nord est de la partie est du tas de tourbe.

      Lors de la recherche du couteau par le capitaine Gras le 6, il est ikmpossible de demander quoi que ce soit à Christian Ranucci, surtout par radiotéléphone, il est en route pour les Baumettes, donc on demande des précisions aux policiers qui ont sans doute été le replacer dans la tourbe, et ils ne l’ont pas planté au même endroit ce qui fait qu’on met deux heures à le retrouver. Et qu’on le retrouve en fait à un autre endroit que celui où il avait été trouvé la veille.

      Vous rétorquez : si c’est une mise en scène, pourquoi cela dure-t-il deux heures ? Parce que la personne venue depuis l’évêché replanter le couteau ne l’a pas enfoncé au bon endroit, elle s’est fiée aux aveux qui disent le long de la piste alors que le capitaine Gras cherche plutôt là où il a trouvé le couteau la veille, soit en lisière du taillis. Donc cela dure plus longtemps que prévu. Les metteurs en scène ne sont pas coordonnés entre gendarmerie et police.

      J’aime bien les trois dioptries seulement : à une dioptrie vous voyez flou au-delà de 1 mètre, à 2 dioptries, vous voyez flou à 50 cm à 3 dioptries, vous voyez flou à 33 cm. C’est une myopie sévère et Christian Ranucci portait des lunettes en permanence, qui plus est dans la perspective d’enlever une enfant et prendre le volant… À un moment donné, on peut se moquer du monde, mais pas trop longtemps. La myopie n’est pas une cause de réforme, je suis désolé, ou alors c’est du 6 dioptries et on porte des culs de bouteille pour y voir à peine clair. Il y a des militaires qui portent des lunettes, et qui, tout comme Christian Ranucci ne peuvent pas s’en passer…
      Donc le ravisseur de Marie-Dolorès – sans lunettes – ne peut pas être Christian Ranucci.

      La position de l’administration judiciaire française en 1940, cela a été de prêter serment au maréchal Pétain et son régime fascite et antisémite, à l’unanimité moins une, celle du président Didier et on se souvient de son nom car il était bien seul. La position officielle de la justice française, c’était de condamner Dreyfus à Rennes avec circonstance atténuantes et d’acquitter quelque temps avant Esterhazy malgré les évidences. La position de l’administration judiciaire française, c’est que, dès que l’honneur est en jeu au regard des petits intérêts de caste, l’intérêt de caste prime. C’est comme cela, c’est humain. L’administration judiciaire française n’est pas toujours honorable. Malheureusement.

      Je vous présente des contradictions et vous me dites qu’elles n’existent pas. Le lecteur jugera.

      • Le lecteur peut me juger sur mes conclusions, encore faut-il qu’il connaisse l’affaire. Forcément s’il n’a lu que le livre de J. Peyrolles et qu’il considère qu’il y a trop de zones d’ombre, il dira peut-être que je suis de mauvaise foi. Il suffit de faire preuve d’humilité par rapport à la vérité judiciaire et d’analyser les faits comme ils sont, avec pragmatisme.

        Christian Ranucci, je suis désolé de vous l’apprendre, ne sera jamais réhabilité, étant bien coupable. Trop de témoins (et pas seulement les témoins de l’accident), d’aveux et de pièces matérielles le désignent et l’accusent.

        • Si c’est pour me parler des témoins qu’on a été raccrocher par petite annonce – bonjour la délation – ils n’ont pas de valeur, et donc comme témoins de quoi ? Il ne reste que des menteurs.
          Christian Ranucci ne sera pas réhabilité puisqu’on a tout fait pour qu’on ne connaisse pas l’identité de cet homme qui a agressé deux fois des enfants avant de s’en prendre à Marie-Dolorès Rambla. Et qui sans doute à récidivé en enlevant et vraisemblablement en tuant Ludovic Janvier. Mais quelle importance ? C’est l’institution judiciaire qui est déshonorée, pas nous. Si l’on regarde les faits avec pragmatisme les pièces du puzzle ne s’emboîtent pas si l’on s’en tient à la version de l’accusation. Elles s’emboîtent si la simca se trouve chemin de la Doria. Et cela, ce n’est pas de Gilles Perrault. Les lecteurs du site apprennent d’autres choses que ce qui se trouve dans ce livre.

          • Sinon, je parlais bien des témoins qui figurent dans le dossier, pas ceux qui ont témoigné 30 ans après (je préfère rester honnête), à savoir le témoignage de Maurice Benvenutti sur le couteau, le témoignage de Jean-Marc Ivars (collègue des Ets COTTO), Spineck, Pappalardo…

          • Bref, si vous croyez sincèrement qu’on a voulu s’acharner sur Ranucci (beaucoup de témoins de moralité pour un complot tout de même…) vous vous mettez le doigt dans l’œil. Et ne venez pas me dire que vous n’avez pas d’a priori pro-Ranucci, ce n’est pas vrai, le contraire se voit de manière flagrante.

          • Et pour finir, je réfute votre thèse de l’obstruction qui viendrait de l’institution judiciaire elle-même. Cela est démenti par la longue enquête du commissaire Le Bruchec de 1982 à 1987, qui a débouché sur un faux témoignage d’une personne capable de métamorphoser un polo en pull-over et abouti au rejet de la requête. La justice veut bien rouvrir un dossier, même celui d’un condamné à mort, mais elle n’aime pas qu’on la prenne pour une idiote.

            Je vous citerai un autre exemple : les deux dernières requêtes en révision de l’affaire Seznec ont nécessité deux enquêtes tout aussi approfondies, sur les expertises en écriture sur le télégramme. La première requête a été déposée par Jeanne Seznec via Denis Langlois en juin 1977, pour être rejetée fin juin… 1996 ! La deuxième (la dernière) a été « déposée » (faute d’un meilleur terme, car c’est en réalité la ministre de la Justice de l’époque qui a demandé la révision) en 2001 ; la Chambre criminelle a été saisie en avril 2005 par la Commission de révision. La requête a finalement été rejetée le 14 décembre 2006. En résumé, il faut arrêter de dire que la Justice ne veut pas reconnaître qu’elle s’est trompée, c’est faux, et je citerai encore une fois Patrick Dils et Outreau.

            Sur ce site je n’apprends rien de nouveau par rapport à ce que je sais. « Rien de nouveau » rime avec « Absence de fait nouveau » d’ailleurs 😀

          • La question n’est pas d’être pro ou anti. Ce que vous ne pouvez dissimuler, c’est la part de passion que vous placez dans la défense d’un dossier qui malheureusement recèle des incohérences. Le système de l’accusation ne tient pas, c’est comme cela, ça arrive.
            Ce n’est pas moi qui ai décidé que Christian Ranucci ne pouvait pas se passer de lunettes, c’est le dossier même qui le dit, à 3 dioptries de myopie il voit flou au-delà de 33,3333 cm. Il enlèverait ses lunettes pour enlever une gamine et s’enfuir en voiture dans un lieu qu’il ne connaît pas, c’est ridicule.
            Le ravisseur ne porte pas de lunettes, donc fatalement la déduction vient tout de suite : le ravisseur n’est pas Christian Ranucci. La voiture de Christian Ranucci est une Peugeot, personne ne voit une Peugeot et deux personnes citent spontanément une Simca, dont l’un est garagiste et l’autre l’enfant de 6 ans le dit à trois journalistes différents qui le rapportent tous de la même façon. C’est cela le dossier, il commence comme cela, et la réponse que vous faites c’est : vous êtes de parti pris, ça se voit.
            Si le fait de constater que les éléments à charge que présente l’accusation ne collent pas c’est être de parti pris, nous n’avons pas la même perception de ce qu’est la réalité.
            Le dossier dit que les jambes de Marie-Dolorès sont couvertes de longues griffures, donc elle ne peut pas être descendue de voiture sur le bord de la nationale mais à un autre endroit et avoir parcouru en courant de préférence la garrigue. Un ravisseur d’enfant ne peut pas se garer au bord d’une nationale, c’est idiot, il prend un chemin de traverse pour être tranquille. Ça c’est dans le dossier : non non je suis de parti pris. Il faut admettre qu’elle s’est faite des griffures en parcourant vingt mètres d’un endroit où il n’y a pas de buissons et sans être poursuivie. Tout est à l’avenant dans ce dossier. Je crois qu’effectivement, il vaut mieux conclure, les lecteurs sont grands et à même de se faire une opinion; Il n’y a pas besoin de leur marteler qu’on ne doit pas attaquer les institutions.
            La guerre c’est la paix, l’ignorance c’est la force, la liberté c’est l’esclavage. Vive Big Brother en somme.

          • Ce n’est pas qu’on s’est acharné sur Christian Ranucci, c’est que pour complaire aux autorités et à la prétendue opinion publique, on s’est refusé à chercher l’homme au pull rouge qui circulait en simca 1100. On a dit à Mme Mathon que la raison en était que cet homme était quelqu’un d’assez en vue qui habitait Toulon. C’est bien plausible.

          • Citer l’affaire Dils ne me semble pas véritablement approprié, le dossier a été tenu à bout de bras sur la base d’aveux incohérents pendant 15 ans et le policier en charge de l’enquête, tout comme dans l’Affaire Christian Ranucci est persuadé encore aujourd’hui de sa culpabilité, alors qu’il apparaît aujourd’hui que la réalité c’est celle d’une agression commise par deux hommes (on ne peut pas agresser aussi violemment un enfant de 9 ans sans que l’autre prenne ses jambes à son cou, il faut admettre la présence de deux personnes si l’on constate deux morts agressés dans de telles conditions : un qui tue et l’autre qui empêche le deuxième de fuir…).

  10. PS : Je rectifie une petite erreur, c’est le PV décrivant les recherches du couteau qui mentionne la partie Nord-Est du tas de tourbe comme étant l’endroit où se trouvait l’arme.

  11. Non ce ne sont pas des contradictions. Sur le couteau replanté, vous avez une preuve ? Vous restez dans l’opinion, fidèle à vous-même semble-t-il. Christian Ranucci a dormi environ de 5h à 10h du matin, peut-être avant, pour d’autres confrontations. Je ne mets pas en doute le fait que Maitre Le Forsonney ait employé l’expression « c’est obligatoirement moi », il le répète à chaque émission. Le hic, comme je vous l’ai dit, c’est qu’il se dit intrigué face à des incohérences et des éléments qui ne collent pas, qu’il a en face de lui un client qui risque sa tête, et qu’il ne fait rien pour éclaircir ces points obscurs. C’est tout de même étrange, même s’il y aura des demandes d’acte pour encéphalopathie gazeuse et scanographies courant 1975, alors que Ranucci s’y était dans un premier temps opposé face aux médecins…

    Désolé je ne vois aucune contradiction dans ce dossier, il n’y a que la façon dont on présente les faits de manière orientée qui peut faire douter. Franchement, pourquoi Ranucci va-t-il remettre un pantalon qui est déjà taché, qui n’a pas été lavé depuis 3 ans (si je vous suis) ? Vous me prenez pour qui ?? Toute modestie gardée, je vous signale que je connais très bien le dossier et que ces conneries ne prennent pas avec moi. Et même si je ne connaissais pas bien l’affaire, je suis suffisamment intelligent pour ne pas gober le fait qu’un type peut très bien rester inerte à regarder son sang couler de l’intérieur et se dire « oh il est sale, mais je vais quand même le remettre pour la Pentecôte car je l’adore ce tergal ». Cessez de me prendre pour un neuneu.

    • Non en garde-à-vue on ne dort pas, on l’a laissé tranquille deux trois heures, cela doit ressembler à cela. Pas d’avocat, rien pour se défendre, et des violences commises à son encontre. Dans le principe, il n’y a pas eu d’enquête, c’est du travail de sagoin qui a été fait.
      Quand les policiers truquent une enquête, il faut le savoir, les avocats ont pour consigne de ne pas contrer. Et cela passe par le Conseil de l’ordre. Si jamais ils passent outre sans l’aval du Conseil : l’on trouve un moyen de les suspendre et de faire fermer le cabinet. Donc effectivement, Maître Le Forsonney n’aurait de toute façon pas pu remettre en cause les quatre supercheries qui se trouvent dans ce dossier :
      1/ Les Aubert sont subornés et mentent, ils disent qu’ils ont vu un enfant à 2 mètres, ce qui n’a aucun sens.
      2/ Le plan est un décalque de la photographie du cadastre et n’a jamais été dessiné par Christian Ranucci mais par les policiers eux-mêmes.
      3/ Le couteau a été découvert par les gendarmes le 5 et replanté le 6 – après les aveux – de l’autre côté du tas de tourbe.
      4/ Le pantalon se trouvait dans le garage suite à l’accident de mobylette du 6 avril et n’était pas ressorti depuis. Lors du voyage à Marseille Christian Ranucci portait un pantalon gris. Les policiers ont rendu la voiture à Mme Mathon qui ne sait pas conduire pour se donner un prétexte d’aller reprendre le pantalon le dimanche soir.

      Que reste-t-il du dossier de l’accusation ? Rien, sinon le fait que Christian Ranucci a eu la malchance de se garer à l’endroit où gisait le corps d’une enfant qu’un psychopathe avait tué trois quart d’heure plus tôt.

      • Tout est faux dans ce que vous venez d’écrire. C’est inné d’être gogo comme ça ?

        Je ne vous convaincrai pas parce que vous croyez à toutes les bêtises qu’on a racontées sur cette affaire ; vous ne me convaincrez pas non plus car je sais ce qu’il en est du dossier, je peux, à l’appui de toutes les pièces du dossier (dont les pièces à décharge comme le PV du capitaine Gras ou le pull-over rouge sous scellé, bref je ne sélectionne pas que ce qui m’arrange…), reconstituer exactement les faits tels qu’ils se sont produits le 3 juin 74. Ce qui me chagrine c’est que beaucoup de lecteurs croient à vos écrits et les apprécient, alors que vous les désinformez. Pour ma part, j’ai la conscience tranquille et j’ai confiance dans la justice de mon pays qui sait reconnaitre ses erreurs (Patrick Dils, Outreau…).

  12. Le petit Jean Rambla frère de la fillette, principal témoin de l’enlèvement ne reconnaît pas C. Ranucci. Le second témoin, Eugène Spinelli garagiste carrossier de métier savait faire la différence mieux que quiconque entre une simca 1100 et un véhicule Peugeot 304. Monsieur Martel et Madame Mattei n’ont pas reconnu Christian Ranucci lorsqu’il leur a été présenté au cour d’un tapissage à l’Évêché.
    Les époux Aubert, sont pour moi des témoins peu fiables (ayant changé leur version plusieurs fois). Christian Ranucci n’aurai pas du être guillotiné, il y avait trop d’incertitude dans cette affaire. Il aurait fallu refaire l’enquête entièrement en tenant compte de tous les éléments, même les plus minces. Le crime de la petite Marie- Dolorès Rambla a été horrible, pourquoi en avoir ajouté un autre ?
    Tan

  13. Olivier

    Bonjour,
    Je n’ai pas tout lu votre exposé – que je trouve pour le peu que j’ai parcouru, fort intéressant – mais je connais relativement bien l’affaire de par mes quelques lectures mais surtout par rapport aux nombreux documentaires que j’ai pu dévorer, pour me permettre d’émettre ma propre et humble opinion qui n’appartient bien évidemment qu’à moi.
    Il est difficile à mon niveau (je ne suis ni avocat, ni juge, ni journaliste, ni enquêteur) et à distance de plus de 40 ans d’affirmer si Christian Ranucci était coupable ou non (d’ailleurs, qui le pourrait vraiment), mais la seule chose que je puisse dire de manière indiscutable, c’est que ce dossier comporte bien trop de zones d’ombre importantes pour avoir envoyé avec certitude Christian à l’échafaud. Il ne devait en aucun cas y être envoyé avant d’avoir clarifié tous les points non élucidés. Et puis, dans ce dossier on parle de peine capitale et non de perpétuité. La sentence était malheureusement irréversible. L’exécution aurait du être reportée jusqu’au moment où plus aucun doute ne subsistait. Le problème, c’est que l’opinion publique voulait voir tomber une tête à tout prix, je pense que c’est une des raisons majeure pour laquelle la conclusion de ce dossier a été en quelque sorte bâclée, se soldant comme tout le monde le sait par une condamnation à mort selon moi non justifiée.
    Les zones d’ombres dont je fais allusion plus haut et que tout le monde connaît déjà, les voici :
    Les témoignages fondamentaux du frère de la victime et du garagiste auraient du à eux seuls suffire pour semer le doute sur la culpabilité de Christian. A cela s’est également ajouté le sincère témoignage du gardien d’un immeuble voisin qui est formel sur le fait qu’un homme vêtu d’un pull-over rouge rodait dans les parages quelques jours auparavant et que celui-ci se trouvait à bord d’une Simca 1100 (information qui rejoint celle du garagiste et du petit Pierre). La déclaration de ce monsieur est catégorique : l’homme au pull-over rouge n’a absolument rien à voir physiquement avec Christian Ranucci.
    Je peux comprendre que le témoignage de Madame Mattéi ait pu semer le doute auprès de la cour et des avocats de la partie civile quant à la véracité du contenu des informations étant donné que son fils était également dans la prison où se trouvait Christian, mais sur le témoignage des 3 personnes citées ci-dessus, il n’y a aucun doute sur leur authenticité, surtout celui de Pierre. Il a tout de même vu le ravisseur de très prêt et puis, c’était tout de même le frère de la victime. Comment aurait-il pu oublier un tel visage ou pire, se tromper sur celui qui a enlevé sa sœur ?
    Corrigez-moi si je me trompe mais ce qui m’étonne en revanche, c’est que suite à ce crime abominable, plus aucun meurtre de ce genre n’a été signalé sur le territoire national, hormis le crime ignoble commis par Patrick Henri. J’écris ceci car en général, ce genre de psychopathe est tellement pervers et possédé par ce besoin de faire du mal qu’il récidive quasiment dans 100% des cas et ce, malgré le fait que le risque soit énorme.
    Bien à vous
    Olivier

    • Vous ne pouvez rien en savoir et l’enlèvement de Ludovic Janvier (1983) ou de Charazed Bendouiou (1986) ont des caractéristiques semblables et ces affaires n’ont jamais été élucidées.

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